Extrême droite : Smotrich et Ben Gvir, disciple de Kahane, unissent leurs forces
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Extrême droite : Smotrich et Ben Gvir, disciple de Kahane, unissent leurs forces

Comme lors des scrutins précédents, Netanyahu, soucieux d'éviter un gaspillage de voix, a poussé à une alliance ; le parti anti-LGBT Noam l’a également rejoint

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Itamar Ben Gvir (à droite), membre du parti Otzma Yehudit, et Betzalel Smotrich, chef de la faction Union nationale, lors d'un évènement de campagne à Bat Yam, le 6 avril 2019. (Flash90)
Itamar Ben Gvir (à droite), membre du parti Otzma Yehudit, et Betzalel Smotrich, chef de la faction Union nationale, lors d'un évènement de campagne à Bat Yam, le 6 avril 2019. (Flash90)

À la veille de la remise des listes électorales définitives, le Parti sioniste religieux et Otzma Yehudit ont annoncé mercredi avoir signé un accord pour se présenter ensemble aux prochaines élections. L’alliance comprendra également le parti anti-LGBT Noam.

L’alliance, convenue par le chef du Parti sioniste religieux, le député Bezalel Smotrich, et le président d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, aurait été négociée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui-même dans le but d’empêcher les deux partis satellites de ne pas franchir le seuil électoral et de gaspiller des votes de droite.

Ben Gvir sera troisième sur la liste, ce qui signifie qu’il aura son siège à la Knesset si l’alliance franchit le seuil de 3,25 % de voix.

Otzma Yehudit est composé de partisans du feu rabbin raciste Meir Kahane, un ancien député dont le parti Kach a été banni de la Knesset dans les années 1980 – la première fois qu’un parti y était banni pour racisme. Otzma Yehudit soutient le départ des non-Juifs d’Israël et l’expulsion des Palestiniens et des Arabes israéliens qui refusent d’affirmer leur loyauté à Israël et d’accepter un statut inférieur au sein d’un État juif élargi dont la souveraineté s’étendrait sur toute la Cisjordanie.

Le Premier ministre aurait proposé à Smotrich de placer un candidat de son choix sur la liste du Likud et de lui offrir au moins un portefeuille ministériel s’il fusionnait avec Otzma Yehudit. Kan News a rapporté que Netanyahu avait également promis d’autoriser la construction de nouvelles implantations en Cisjordanie en échange d’une alliance, et de donner à Smotrich tout le crédit pour cette décision.

L’ancien député Michael Ben-Ari, ancien partenaire politique de Ben Gvir, a été exclu des élections législatives de mars 2019 suite à des accusations de racisme.

Il y a deux ans, une fusion similaire avait été dénoncée par les principales organisations juives américaines AIPAC et AJC. L’AIPAC avait qualifié Otzma Yehudit de « parti raciste et répréhensible ».

Itamar Ben Gvir du parti Otzma Yehudit s’exprime lors d’une cérémonie à Jérusalem marquant le 27e anniversaire de l’assassinat du rabbin extrémiste Meir Kahane, le 7 novembre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Plus tôt cette semaine, Otzma Yehudit a accepté de se présenter avec le parti Noam, formé par le chef de la yeshiva Har Hamor, le rabbin Tzvi Tau, qui s’est concentré presque exclusivement sur la lutte contre l’acceptation des LGBT.

Cette alliance avait été abandonnée quelques jours avant les élections de septembre 2019 après que Netanyahu aurait promis de mettre de côté le projet d’une zone de prière mixte au mur Occidental à Jérusalem en échange du retrait du parti de la course électorale.

Le parti, marginal, a financé l’installation de panneaux d’affichage provocateurs et de publicités avec le slogan : « Israël choisit d’être normal. » Il a affirmé que la communauté LGBT avait « imposé son agenda » au reste de la société israélienne et a également comparé les Juifs LGBT et réformés aux nazis.

Selon l’accord signé mercredi entre le Parti sioniste religieux et Otzma Yehudit, Smotrich dirigera la liste commune suivie d’un autre représentant de sa faction. Ben Gvir sera classé troisième sur la liste et un représentant de Noam sera sixième.

De plus, Otzma Yehudit recevra la 10e place et Noam la 11e.

L’accord prend également en compte la possibilité que HaBayit Hayehudi, autre parti d’extrême droite, fusionne également avec eux avant l’échéance de ce jeudi soir. La présidente du parti, Chagit Moshe, aurait envisagé une proposition de prendre place sur la liste du Likud dans le cadre d’un accord visant à intégrer son parti dans l’alliance.

En février 2019, Netanyahu avait été fortement critiqué après avoir fait en sorte qu’Otzma Yehudit rejoigne deux autres factions de droite – alliance qui a presque vu Ben Gvir entrer à la Knesset lors des élections d’avril 2019.

Avant les élections de septembre 2019, et après avoir échoué à convaincre les dirigeants du parti de droite Yamina d’inclure Otzma Yehudit dans leur alliance, Netanyahu a mené une campagne agressive contre Otzma Yehudit.

Il a fait de même avant les élections de mars 2020, après que le président d’HaBayit Hayehudi d’alors, Rafi Peretz, a rompu son accord de se présenter avec Otzma Yehudit et accepté de fusionner à nouveau avec Yamina, laissant Ben Gvir marginalisé.

Otzma Yehudit a cependant refusé de se retirer de la course électorale à chacun de ces scrutins, remportant à chaque fois des dizaines de milliers de voix, mais pas assez pour pouvoir entrer au parlement. Le Premier ministre voit la faction extrémiste comme un nuisible qui a détourné à plusieurs reprises les votes de d’autres partis de droite, tout en échouant finalement à entrer à la Knesset.

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