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Face aux querelles, Netanyahu exhorte ses partenaires politiques à « se ressaisir »

Le Premier ministre affirme que les membres du gouvernement doivent mettre de côté les "intérêts partisans" et s'unir autour de l'effort de guerre contre le Hamas à Gaza

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un message vidéo publié le 19 juin 2024. (Crédit : Capture d'écran GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un message vidéo publié le 19 juin 2024. (Crédit : Capture d'écran GPO)

Confronté à un nombre croissant de querelles très médiatisées impliquant des membres plutôt proches de sa coalition, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé mercredi ses partenaires politiques à « se ressaisir » et à abandonner la « petite politique ».

L’appel de Netanyahu a été lancé après que son parti, le Likud, s’est engagé dans un différend très médiatisé avec le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, qu’il a accusé d’avoir divulgué des « secrets d’État« , et au milieu d’une colère intense des ultra-orthodoxes – ou Haredim – contre la décision du Premier ministre de ne pas soutenir un projet de loi controversé sur la nomination des rabbins municipaux, demandé par le parti Shas.

Parallèlement, le ministre de l’Économie, Nir Barkat, a creusé un fossé supplémentaire en annonçant mercredi qu’il ne soutiendrait pas la forme actuelle d’un autre projet de loi controversé concernant l’incorporation dans l’armée des membres issus de la communauté haredi.

« Nous sommes en guerre sur plusieurs fronts, et nous sommes confrontés à de grands défis et à des décisions difficiles », a déclaré Netanyahu dans un message vidéo mis en ligne, faisant référence à la guerre en cours contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza et aux affrontements avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah à la frontière avec le Liban. « C’est pourquoi je demande expressément à tous les partenaires de la coalition de se ressaisir et de se montrer à la hauteur de la situation. »

« Ce n’est pas le moment de faire de la petite politique, ce n’est pas le moment d’adopter des lois qui mettent en danger la coalition qui se bat pour la victoire sur nos ennemis », a-t-il poursuivi. (Jusqu’à mardi, le Premier ministre lui-même semblait vouloir faire avancer le projet de loi sur les nominations de rabbins municipaux).

« Nous devons tous nous concentrer uniquement sur les tâches qui nous attendent : vaincre le Hamas, ramener tous nos otages et permettre à nos résidents de rentrer chez eux en toute sécurité, tant au nord qu’au sud. C’est pourquoi je demande à chacun de mettre de côté toute autre considération. Mettez de côté tout intérêt partisan. Restez unis, unis, derrière nos troupes », a-t-il déclaré.

Le chef du parti Otzma Yehudit et ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir dirigeant une réunion de faction du parti Otzma Yehudit, à la Knesset, le 10 juin 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le Likud a accusé mercredi Ben Gvir d’avoir divulgué des « secrets d’État » après la publication d’informations selon lesquelles Netanyahu lui aurait proposé de faire partie d’un groupe restreint de membres du cabinet recevant des informations relatives à la sécurité nationale en échange de son soutien au projet de loi réglementant la nomination des rabbins municipaux. Dans un communiqué, le Likud a déclaré que les articles sont « truffés d’informations erronées ».

Ben Gvir a attaqué le parti à son tour, suggérant que c’était Netanyahu qui avait divulgué des informations lors de réunions.

Mardi soir, Netanyahu a lui-même retiré le projet de loi sur les rabbins de l’ordre du jour de la Knesset après s’être rendu compte qu’il ne disposait pas des voix nécessaires pour le faire avancer, ce qui a incité les partis haredim à proférer des menaces voilées selon lesquelles ils pourraient quitter la coalition, ce qui priverait le gouvernement de sa majorité parlementaire.

Les tensions ont également augmenté au sein du Likud lorsque Barkat a été le deuxième membre important du parti au pouvoir à déclarer publiquement qu’il voterait contre la loi sur l’enrôlement des ultra-orthodoxes dans sa forme actuelle, tout en notant que d’autres législateurs du parti s’y opposeraient également, comme l’ont indiqué plusieurs d’entre eux.

Le ministre de l’Économie Nir Barkat assistant à un vote sur le budget de l’État au plénum de la Knesset, à Jérusalem, le 13 mars 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le projet de loi est largement considéré comme perpétuant les exemptions générales de service pour la plupart des membres de la communauté haredi. L’armée israélienne étant confrontée à une pénurie de main-d’œuvre dans le cadre des conflits militaires en cours, la question est devenue un sujet politique brûlant.

Barkat a déclaré qu’il avait informé Netanyahu qu’il s’opposerait au texte actuel du projet de loi et qu’il le ferait « avec d’autres députés du Likud ». Il a déclaré que le projet de loi devait subir des « changements fondamentaux » avant d’être soumis au vote de la plénière de la Knesset.

Il rejoint ainsi le ministre de la Défense Yoav Gallant qui, contrairement aux 63 autres députés de la coalition, avait déjà voté contre le projet de loi lors du vote de la semaine dernière, qui a relancé le projet de loi de la Knesset précédente, permettant ainsi au processus législatif de se poursuivre à partir du stade où il avait été abandonné.

Plusieurs autres députés du Likud, le parti de Netanyahu, ont exprimé leur opposition au projet de loi, à l’instar d’un autre ministre.

Des Juifs ultra-orthodoxes près d’un panneau indiquant « bureau de recrutement de l’armée » lors d’une manifestation contre l’enrôlement des haredim dans l’armée, à Jérusalem, le 1er mai 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’avancement du projet de loi, alors que l’armée déclare avoir besoin de milliers de soldats supplémentaires dès que possible en raison du fardeau de la guerre en cours contre le Hamas dans la bande de Gaza, a suscité l’ire de nombreux Israéliens sionistes – laïcs et religieux. La communauté ultra-orthodoxe compterait des dizaines de milliers d’hommes valides aptes à être enrôlés dans l’armée.

« Pour gagner la guerre, l’armée israélienne a besoin de plus de soldats », a déclaré Barkat dans un communiqué. Il a déclaré que son précédent vote en faveur de la relance du projet de loi était « technique » et a précisé les conditions dans lesquelles il le soutiendrait.

Dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à d’autres responsables de la coalition, Barkat a déclaré que la future loi devait imposer un service obligatoire « pour tous les résidents de l’État, y compris les communautés haredi et arabe », répondre aux besoins des services de sécurité, reconnaître « l’importance et la valeur des études de la Torah », demander à Tsahal d’adapter les options de service aux besoins des soldats issus des communautés ultra-orthodoxes et « autres », et introduire une série de mesures incitatives – axées sur les combattants – et des sanctions différentielles en cas de désertion au service militaire.

Barkat, qui aurait l’intention de défier Netanyahu à la tête du Likud une fois la guerre contre le Hamas achevée, a déclaré qu’il soutiendrait une version révisée du projet de loi qui inclurait ses demandes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, à Jérusalem, le 11 juin 2024. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash 90)

Cependant, si la proposition soumise au plénum est « toujours la même […] je m’opposerai au projet de loi », a-t-il écrit.

Le Likud a réagi en déclarant qu’il « attendait de Nir Barkat qu’il s’occupe du coût de la vie et qu’il ne cherche pas de prétextes pour renverser un gouvernement de droite en temps de guerre ».

Le projet de loi, qui a déjà fait l’objet d’une première lecture à la Knesset, abaisserait de 26 à 21 ans l’âge actuel de l’exemption du service obligatoire pour les haredim étudiant en yeshiva et augmenterait « très lentement » le taux d’enrôlement des ultra-orthodoxes.

La décision de Barkat a été prise un jour après que Edelstein a présidé une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense pour discuter du projet de loi et a insisté sur le fait que, malgré les nombreuses critiques à l’encontre de la législation, celle-ci offrait l’opportunité de résoudre l’une des plus anciennes controverses de la politique israélienne.

Bien qu’il ait voté en faveur de la relance du projet de loi, Edelstein a également indiqué qu’il n’autoriserait pas son adoption par sa commission dans sa forme actuelle.

Lors de la réunion de la Knesset, Boaz Bismuth, membre du Likud, a déclaré « qu’il ne votera en faveur de ce projet de loi que si le nombre de conscrits [haredim] est conséquent, et s’il s’agit d’une loi sur la conscription, et non d’une loi sur l’exemption de la conscription. Sinon, je voterai contre ».

Une autre membre du parti, Tally Gotliv, a également déclaré par le passé qu’elle ne soutiendrait pas le projet de loi, bien que, comme Bismuth, elle ait voté en faveur de la relance du projet de loi la semaine dernière.

Dans un courrier conjoint qui était adressé à Netanyahu, la semaine précédent le vote, Illouz, le député Moshe Saada (Likud) et le ministre de la Diaspora Amichaï Chikli avaient fait savoir que s’ils avaient l’intention de voter pour la relance du texte, ils ne le soutiendraient pas en seconde lecture et ni en troisième lecture – la dernière – si « des changements significatifs » n’y étaient pas apportés. Si Chikli n’est pas député et qu’il ne vote donc pas au Parlement, sa présence parmi les signataires de la lettre avait souligné les réserves que certains, dans la coalition, peuvent avoir à l’égard du texte.

Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le député du Likud Yuli Edelstein, lors d’une réunion de la commission, le 18 juin 2024. (Crédit : Noam Moskowitz/Porte-parole de la Knesset)

La coalition Netanyahu détient 64 sièges sur les 120 que compte la Knesset et, compte tenu de l’opposition interne croissante du Likud, il est peu probable que le projet de loi soit adopté lors des prochaines lectures.

Les hommes ultra-orthodoxes en âge de servir dans l’armée ont pu éviter d’être enrôlés pendant des décennies en s’inscrivant dans des yeshivot pour l’étude de la Torah et en obtenant des reports de service répétés d’un an jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de l’exemption militaire. En 2017, la Haute Cour avait statué que les exemptions massives au service militaire sur une base collective étaient illégales et discriminatoires. Depuis lors, les gouvernements successifs ont tenté en vain de formuler une nouvelle législation pour régler la question, tout en demandant à la Cour des reports répétés.

La Haute Cour a exigé qu’une nouvelle politique égalitaire soit légiférée, faute de quoi l’État commencerait immédiatement à recruter des dizaines de milliers d’étudiants en yeshiva, une mesure à laquelle les partis ultra-orthodoxes sont farouchement opposés.

Cependant, les juges ont fait preuve de moins de patience, et la nécessité de combler le manque d’effectifs de l’armée est devenue beaucoup plus pressante depuis le déclenchement de la guerre à Gaza et la menace d’une guerre à la frontière libanaise.

La Cour a statué en mars que l’État devait cesser de subventionner les yeshivot dont les étudiants haredim sont éligibles à l’appel sous les drapeaux, le cadre juridique permettant de le faire ayant expiré. En conséquence, Netanyahu a dû faire face à un sérieux casse-tête politique en raison de la haute priorité que les partis politiques ultra-orthodoxes accordent à la fois au financement des yeshivot et aux exemptions militaires.

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