Fausses alertes à la bombe: l’ado israélo-américain inculpé pour crimes de haine
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Fausses alertes à la bombe: l’ado israélo-américain inculpé pour crimes de haine

Le ministère de la Justice inculpe l’adolescent d'Ashkelon pour crimes de haine, de cyber-harcèlement en Floride, en Géorgie et à Washington

L'homme a été amené devant la Cour des Magistrats à Rishon Letzion, suspecté d'être à l'origine de milliers de fausses alertes à la bombes contre des institutions juives du monde entier, le 23 mars 2017. (Crédit : Flash90)
L'homme a été amené devant la Cour des Magistrats à Rishon Letzion, suspecté d'être à l'origine de milliers de fausses alertes à la bombes contre des institutions juives du monde entier, le 23 mars 2017. (Crédit : Flash90)

Un adolescent israélo-américain accusé d’avoir mené une campagne d’intimidation, en lançant de fausses alertes à la bombe contre des centres communautaires juifs aux Etats-Unis et à travers le monde a été inculpé mercredi pour crimes de haine par le département américain de la Justice.

Le jeune homme de 19 ans, dont l’identité ne peut pas être révélée en Israël sur ordre du tribunal, détient la double nationalité israélienne et américaine et est actuellement emprisonné en Israël, en attendant son procès.

Il avait déjà mis en accusation aux États-Unis, mais a été inculpé dans trois autres juridictions pour une série d’infractions pénales, a indiqué le ministère de la Justice.

Le suspect fait également face à une longue liste d’accusations criminelles en Israël. La déclaration du ministère de la Justice n’a pas précisé si les États-Unis chercheraient à obtenir son extradition.

Selon le ministère de la Justice, s’il était reconnu coupable, l’adolescent pourrait faire face à une peine d’emprisonnement maximale de 20 ans pour chacune des inculpations pour crime de haine, 10 ans d’emprisonnement pour chacune des alertes à la bombe, et une peine de cinq ans pour d’autres accusations comme le cyber-harcèlement.

En outre, le suspect pourrait être condamné à verser une indemnisation aux victimes de harcèlement.

Les nouveaux actes d’accusation ont été déposés en Floride, en Géorgie et à Washington.

Jeff Sessions tient une conférence de presse au ministère de la Justice, le 15 décembre 2017. (Crédit : Chip Somodevilla / Getty Images / AFP)

« Quand les individus ciblent les victimes de leurs crimes selon ce qu’ils sont, ce qu’ils croient, ou comment ils pratiquent [leur religion], ils ciblent les principes fondamentaux sur lesquels notre nation a été fondée », a déclaré le procureur général américain Jeff Sessions dans un communiqué.

« Ces présumées menaces de violence ont semé la terreur dans la communauté juive et dans d’autres communautés à travers le pays, et c’est le devoir du ministère de la Justice de s’assurer que tous les Américains puissent vivre leur vie sans ce type de peur. »

L’acte d’inculpation de Floride accuse l’adolescent de crimes de haine pour ses appels passés aux centres communautaires juifs dans l’État au cours desquels il a proféré des menaces. L’acte d’accusation de Washington l’accuse d’avoir menacé l’ambassade israélienne et la Ligue anti-diffamation à Washington. Le troisième acte d’accusation l’inculpe de cyber-harcèlement et d’avoir transmis de fausses informations à la police concernant de possibles menaces pour le bien-être des résidents en Géorgie.

« Ces menaces présumées étaient très réelles pour les personnes évacuées, pour les premiers intervenants qui se sont rapidement mobilisés pour mettre les gens hors de danger et pour ceux des communautés juives des États-Unis qui se sentaient menacés et en danger », a déclaré le directeur du FBI Christopher Wray.

« Cette inculpation montre l’engagement du FBI à travailler avec nos partenaires pour protéger la sécurité et les droits civiques de tous les Américains, et montre que nous ne resterons pas les bras croisés quand quelqu’un menace nos communautés en fonction de leur religion ou de leurs croyances. »

Christopher Wray, directeur du FBI, a témoigné sur les menaces mondiales lors d’une audience de la commission sénatoriale du renseignement au Capitole le 13 février 2018 (Crédit : Photo AFP / Saul Loeb)

La Ligue anti-diffamation (ADL) a salué les nouveaux actes d’accusations, qui surviennent quelques jours après que l’organisation a noté une augmentation du nombre d’incidents antisémites aux États-Unis.

« Ne vous y trompez pas, ces menaces étaient des actes d’antisémitisme et méritent d’être traitées comme un crime de haine », a déclaré le PDG d’ADL, Jonathan Greenblatt. « Ils ont ciblé les institutions juives dans le but d’attiser la peur et l’anxiété, et de mettre toute la communauté juive en état d’alerte ».

L’institut de veille a également appelé le Congrès à faire avancer la législation protégeant les institutions religieuses.

« Nous appelons à nouveau le Congrès à promulguer la législation visant à étendre les protections fédérales contre les alertes à la bombe aux institutions religieuses. La Chambre des représentants a approuvé leur version de cette mesure en décembre et maintenant le Sénat doit agir sans hésitation », a-t-il souligné.

L’adolescent juif israélo-américain, au centre, qui a été accusé d’avoir lancé des dizaines d’alertes à la bombe antisémites aux Etats-Unis et ailleurs, escorté par des gardes alors qu’il quitte le tribunal de Rishon Lezion, le 23 mars 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

L’année dernière, Israël a déposé une liste d’accusations contre l’adolescent, qui vit à Ashkelon, notamment des accusations selon lesquelles il aurait passé des milliers d’appels pour lancer des alertes à la bombe et proféré d’autres menaces aux institutions, écoles, hôpitaux et compagnies aériennes de nombreux pays.

Les autorités israéliennes affirment que l’adolescent a passé 245 appels pour proférer des menaces, la plupart vers des centres communautaires et des écoles aux États-Unis, de janvier à mars 2017, en utilisant un service d’appel en ligne qui lui permettait de dissimuler son identité.

Selon les autorités, l’adolescent avait proposé de vendre ses services pour proférer des menaces à travers un marché noir en ligne. Les documents de la Cour qui ont été rendus publics en août ont lié l’adolescent à une offre sur le marché illicite AlphaBay, maintenant fermé, proposant un « service d’alerte à la bombe. » L’offre proposait d’envoyer des menaces personnalisées aux écoles pour 30 dollars, plus un supplément si l’acheteur voulait que quelqu’un soit accusé.

Ses menaces présumées ont fait décoller des avions de chasse en urgence, des avions ont largué du carburant et atterri en urgence, des écoles ont été évacuées, et ont eu de nombreuses autres conséquences chaotiques. Dans certains cas, il aurait menacé d’exécuter des enfants qu’il prétendait tenir en otage.

Shira Nir, l’avocate d’un adolescent israélo-américain soupçonné d’avoir passé des centaines d’appels menaçants à des institutions juives, présentant à la cour des magistrats de Rishon Lezion ce qui serait une image de la tumeur au cerveau de son client, le 30 mars 2017. (Crédit : Flash90)

Les menaces ont jeté un froid dans les communautés juives et ont fait craindre une montée de l’antisémitisme.

Il a été arrêté en mars 2017 et inculpé en Israël.

Les parents du suspect ont déclaré qu’il avait une tumeur au cerveau et qu’il était autiste, et que ces problèmes de santé affectaient son comportement. En mai 2017, son avocat a déclaré lors d’un entretien avec la Dixième chaîne que le suspect avait tenté de se suicider cinq fois en l’espace de deux semaines.

A LIRE : Pardonnez-nous, nous ne savions pas, pardonnez-lui, il ne comprend pas, affirment les parents du suspect des alertes à la bombe

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