Israël en guerre - Jour 199

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Finalisation du plan d’indépendance énergétique de la région frontalière de Gaza

À l'approche de la date butoir du 18 mars, les responsables discutent des éléments à inclure dans la réhabilitation de l'enveloppe de Gaza de l'administration Tekuma

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Des pompiers tentent d'éteindre un incendie sur un pylône électrique qui vient d'être touché par une roquette tirée depuis Gaza, dans le centre d'Israël, le 26 octobre 2023. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Des pompiers tentent d'éteindre un incendie sur un pylône électrique qui vient d'être touché par une roquette tirée depuis Gaza, dans le centre d'Israël, le 26 octobre 2023. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Le ministère de l’Énergie est sur le point de finaliser un plan potentiellement révolutionnaire, qui doit être soumis au gouvernement d’ici le 18 mars, afin de transformer la région située le long de la frontière de Gaza, récemment rebaptisée Tekuma, en un modèle d’indépendance énergétique et d’énergie renouvelable.

L’initiative, chiffrée à 3 milliards de shekels, prévoit l’exploitation de l’énergie solaire pour produire cinq gigawatts d’électricité, comme l’a annoncé le ministère lors de la conférence d’Eilat Eilot Renewable Energy [sur les énergies renouvelables], qui s’est tenue la semaine dernière dans la ville située au bord de la mer Rouge.

La majeure partie de l’énergie renouvelable irait au centre du pays, où vit la majorité de la population.

S’il est approuvé, ce plan permettra à terme à chaque foyer, à chaque communauté et même à certaines autorités locales de la région de Tekuma de gérer leur approvisionnement et leur demande d’électricité dans les situations d’urgence, et pourrait créer un précédent en matière de décentralisation de l’électricité dans cette région et dans d’autres régions du pays par la suite.

Cela aiderait également Israël à atteindre son objectif de produire 30 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici à 2030. À la fin de l’année dernière, seuls 5,5 gigawatts des 17 gigawatts prévus à l’échelle nationale pour la fin de la décennie avaient été installés.

Ofir Libstein à Ashkelon, le 27 novembre 2018. (Crédit : Flash90)

Ofir Libstein, le défunt chef du conseil régional de Shaar Hanegev, qui a été tué le 7 octobre en combattant les terroristes du Hamas, était l’un des défenseurs locaux d’un système décentralisé.

Selon ce plan, la moitié de l’énergie proviendrait de l’extension du réseau électrique, et l’autre moitié des panneaux solaires et de l’énergie solaire stockée.

À ce jour, un peu moins de 300 mégawatts d’énergie renouvelable ont été installés dans la région.

Illustration du plan du ministère de l’Énergie et de l’Eau pour Tekuma. (Crédit : ministère de l’Énergie et de l’Eau)

Tal Avishai, directrice de la politique à long terme et de la division des projets stratégiques du ministère de l’Énergie, coordonne le plan avec une myriade d’organismes.

Parmi ceux-ci figurent l’administration de Tekuma, plusieurs ministères, des planificateurs, des autorités locales et des groupes écologistes, ainsi que des habitants.

Tal Avishai, directeur de la politique à long terme et de la division des projets stratégiques du ministère de l’Énergie. (Crédit : Shiran Urich)

Lors de la conférence de la semaine dernière, Tal Avishai a expliqué que le rapport de l’administration Tekuma au Premier ministre comprendrait une section consacrée à l’Énergie. Elle a déclaré que le ministère était « en discussion avec l’administration et d’autres partenaires pour convenir de ce qui sera inclus dans [notre] programme, compte tenu notamment des restrictions budgétaires ».

Avishai a confié au Times of Israel que si la fourniture de logements et la gestion des problèmes de santé physique et mentale étaient au premier plan des préoccupations des habitants des communautés frontalières de Gaza, l’énergie était la composante infrastructurelle qui permettrait à la région de rebondir.

Le plan à long terme permettrait à une maison, à une communauté ou même à certaines autorités locales de gérer leur réseau électrique de manière indépendante tout en restant connectées au réseau national.

Une planification écologique dès le départ

« Le ministère veut s’assurer que les immenses projets de reconstruction intègrent dès le départ tous les éléments nécessaires en matière d’énergies renouvelables et d’infrastructures souterraines, a expliqué Avishai. Cela va de la construction de bâtiments à faible consommation d’énergie, sur la base de codes de construction écologiques, à l’installation de stations de recharge pour les voitures électriques, en passant par la mise en place de panneaux solaires agro-voltaïques dans les champs. Ces panneaux suivent le soleil et contribuent au développement des cultures, tout en produisant de l’électricité. Ils sont actuellement en phase pilote dans tout Israël, sur différentes cultures et dans différentes conditions.

Elle a toutefois souligné qu’il n’était pas question d’imposer ces projets à la région de Tekuma. « Nous voulons faciliter les choses, éliminer les obstacles, encourager les gens », a-t-elle déclaré.

Dr. Jenia Gutman, du ministère de l’Environnement, qui vit dans un kibboutz du Neguev, a mis en garde contre les risques de sacrifier des terres agricoles – le cœur de la région – au profit de parcs solaires.

Iris Berkowitz, de l’autorité de planification de la région sud, a également affirmé lors de la conférence qu’il était essentiel d’être à l’écoute des habitants, car le développement de l’énergie aurait des implications visuelles, environnementales et autres.

Lutte contre la décentralisation

Les organismes qui gèrent le réseau électrique centralisé d’Israël ont résisté aux appels de plus en plus nombreux à la décentralisation de la gestion de l’électricité.

Leurs plans d’expansion du réseau actuel (les réseaux séparés et indépendants sont illégaux) comprennent la production d’énergie solaire dans d’immenses champs situés dans les régions relativement peu peuplées du nord et du sud d’Israël, et l’envoi de l’électricité vers le centre du pays, où vit la majorité de la population.

Cela nécessite la construction de nouvelles infrastructures d’une valeur qui se chiffre en milliards de shekels, la modification des réglementations et la lutte contre la bureaucratie. Les progrès sont si lents que bien des personnes souhaitant installer des panneaux solaires s’entendent dire qu’il n’y a pas de place disponible sur le réseau.

Une prise de conscience a cependant eu lieu le 7 octobre, date à laquelle les terroristes du Hamas ont déchaîné l’enfer sur les communautés frontalières de Gaza. Depuis lors, les appels n’ont fait que se multiplier pour renforcer la résilience en matière d’énergie par la diversification de l’approvisionnement en électricité grâce à des milliers de panneaux solaires appartenant à des particuliers et par la réduction de la dépendance d’Israël à l’égard des trois seuls puits de gaz naturel de la mer Méditerranée.

La plateforme Tamar, proche du port côtier d’Ashkelon, a été fermée pendant la phase initiale de la guerre menée par Israël contre le Hamas, par crainte d’attaques à la roquette, et les deux autres puits seraient particulièrement exposés si une guerre à grande échelle éclatait avec le Hezbollah, soutenu par l’Iran, à la frontière libanaise.

Illustration : Le gisement gazier Tamar (Crédit : NewMed Energy/Delek Drilling)

En outre, depuis le 7 octobre, date à laquelle le Hamas a lancé des rafales de roquettes sur les communautés frontalières de Gaza et où des milliers de terroristes du Hamas ont envahi ces communautés, pour y massacrer 1 200 personnes dans des circonstances effroyables et en kidnapper 253 pour les emmener dans la bande de Gaza, les lignes électriques ont été détruites et les inconvénients d’un système centralisé sont apparus au grand jour.

Cela a pris beaucoup de temps aux électriciens de la compagnie d’électricité israélienne pour venir effectuer les réparations.

Comme l’a expliqué Moshe Shitrit, responsable de la délivrance des licences au sein de l’Autorité israélienne de l’électricité (l’organisme de régulation), lors de la conférence qui s’est tenue la semaine dernière à Eilat, le rétablissement de l’électricité a pris jusqu’à deux mois dans certains endroits.

De nombreux kibboutzim de la région ont toutefois pu faire fonctionner les réseaux beaucoup plus rapidement que d’autres, car ils bénéficiaient du statut de « distributeurs historiques ».

Ce statut a été accordé à certains kibboutzim, à quelques universités et à plusieurs villes druzes.  Il permet, par exemple, à un kibboutz d’être reconnu comme un client unique par la Compagnie israélienne d’électricité (IEC), au même titre qu’une maison privée. L’IEC fournit de l’électricité au kibboutz, qui détermine ensuite comment la répartir et en confie la gestion à des électriciens.

Aujourd’hui, 15 des 24 kibboutzim de la frontière de Gaza ont ce statut. Deux autres sont sur le point de l’acquérir.

Un soldat israélien à Kfar Azza, le 16 octobre 2023. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

Au kibboutz Kfar Aza, par exemple, qui a subi l’un des pires assauts du Hamas le 7 octobre, l’électricien du kibboutz a pu réaliser une dérivation du câblage pour rétablir l’électricité dans un quartier où le réseau était tombé parce qu’il savait comment fonctionnait le système.

Un des autres avantages de ces distributeurs historiques est qu’ils peuvent installer des générateurs et des panneaux solaires, jusqu’à un certain plafond d’électricité, sans avoir à obtenir de permis.

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