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FIV erronée: un tribunal ordonne un test ADN pour identifier les parents biologiques

Si une correspondance est trouvée, une procédure judiciaire déterminera qui obtiendra la garde du bébé ; la femme enceinte a jusqu'à présent refusé ces tests

Illustration : Laboratoire dans une clinique de FIV. (Crédit : AP Photo/Richard Drew)
Illustration : Laboratoire dans une clinique de FIV. (Crédit : AP Photo/Richard Drew)

Un tribunal israélien a statué mercredi qu’un test génétique devait être effectué pour identifier les parents biologiques du fœtus implanté par erreur chez une femme qui n’était pas sa mère lors de traitements de fertilité effectués au centre hospitalier Assuta de Rishon Lezion.

Le tribunal de district de Lod a déclaré qu’un test génétique devait être effectué « immédiatement ». La naissance de l’enfant est prévue dans les prochains jours.

Le test se fera à partir de tissus préalablement obtenus et envoyés par Assuta à l’hôpital Sheba de Tel Aviv et ne présentera donc aucun danger pour la femme qui porte l’embryon.

Si une correspondance est trouvée, a déclaré le tribunal, une procédure légale suivra pour déterminer qui recevra la garde du nouveau-né. Si le test ne permet pas de trouver une correspondance définitive, l’hôpital devra tester une quarantaine de femmes afin d’identifier avec certitude la mère biologique de l’embryon.

La décision du tribunal est le dernier développement dans l’affaire en cours, qui semble être sans précédent en Israël.

La femme porteuse de l’embryon a jusqu’à présent refusé un test génétique visant à identifier les parents biologiques de l’embryon, certains affirmant qu’il s’agissait d’un moyen de gagner du temps jusqu’à la naissance du bébé, lorsqu’il serait plus difficile, d’un point de vue juridique, de le lui retirer.

Le centre hospitalier Assuta à Rishon Lezion. (Capture d’écran : Google Maps)

La femme enceinte et son mari, identifiés uniquement par les initiales hébraïques « Ayin » et « Alef », ont déclaré qu’ils prévoyaient d’élever le bébé comme le leur, ce qui indique qu’une bataille juridique pourrait s’ensuivre entre eux et les parents biologiques de l’embryon.

« C’est complètement fou. Nous n’arrivons pas à y croire, surtout ma femme. Naturellement, elle a réagi en disant : ‘Pas question. C’est le sien, et c’est impossible. Ils ne peuvent pas emmener [le bébé] », a déclaré le père à la Douzième chaîne, qui a été la première à rapporter l’affaire.

Le centre hospitalier Assuta a déclaré le mois dernier qu’il avait réduit la liste des mères possibles de 40 à 10, et qu’une personne qui est très probablement la mère biologique du fœtus, qui n’est pas enceinte, a été informée de la situation.

S’adressant à la Douzième chaîne au début du mois, elle a déclaré qu’elle était dévastée par la situation et a exprimé sa sympathie pour l’autre femme impliquée dans la confusion.

Photo illustrant une échographie effectuée sur une femme enceinte en Israël. (Crédit : Chen Leopold/Flash90)

« C’est horrible de se dire que mon bébé a été implanté par erreur chez une autre femme, alors que mon mari et moi tentons depuis si longtemps d’avoir un enfant, par des procédures très difficiles », a-t-elle confié.

Une ancienne employée de l’hôpital a affirmé, le mois dernier, sous couvert d’anonymat, avoir été témoin de plusieurs cas de négligence concernant la manipulation d’embryons lorsqu’elle travaillait à Assuta, une allégation à laquelle l’hôpital a refusé de répondre.

Une semaine plus tard, le responsable du laboratoire de fécondation in vitro (FIV) de l’hôpital Assuta à Rishon Lezion a déclaré qu’un « certain pourcentage » de femmes qui subissent une fécondation in vitro portent un embryon qui n’est pas le leur.

Bien qu’extrêmement rares, des cas similaires ont été signalés ailleurs.

En novembre 2021, le Los Angeles Times a rapporté qu’une femme avait donné naissance à sa deuxième fille et avait découvert quelques semaines plus tard que l’enfant n’avait aucun lien de parenté avec elle. Dans ce cas, la femme a conservé la garde de la petite fille.

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