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Flug : améliorez les compétences et diminuez les régulations

La croissance d’Israël dépend d’une main-d’œuvre plus efficace et des investissements dans les infrastructures, explique la gouverneure de la Banque d’Israël

Karnit Flug, gouverneure de la Banque d'Israël, en octobre 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Karnit Flug, gouverneure de la Banque d'Israël, en octobre 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël doit prévoir un moyen d’améliorer son capital humain, de revenir sur les régulations et d’investir dans les infrastructures pour permettre une croissance durable et inclusive qui repose sur une hausse continue de la productivité des employés, a déclaré Karnit Flug, la gouverneure de la Banque d’Israël, pendant une conférence de presse jeudi.

La recherche mondiale a montré que l’amélioration des compétences des employés était un facteur important de la croissance économique. Cependant, pour parvenir à cela, l’attention doit être portée sur la qualité de l’éducation et non sur sa quantité, c’est-à-dire pas uniquement sur la hausse du nombre d’années d’étude, a dit Flug.

L’OCDE a également conclu que si la régulation en Israël était « aussi amicale » que la moyenne des pays de l’OCDE, ceci entraînerait une hausse d’environ 3,75 % du PIB après cinq ans, et d’environ 5,75 % après 10 ans, a affirmé Flug, en plus des 0,5 à 0,75 % de croissance annuelle sur la période.

En termes d’infrastructure physique, les conclusions sur l’économie mondiale du FBI d’avril 2014 ont conclu que, en moyenne, une hausse de 1 % du PIB consacré à l’investissement dans les infrastructures entraînait une hausse moyenne de 1,5 % du PIB sur quatre ans.

Karnit Flug, gouverneure de la Banque d'Israël, en octobre 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Karnit Flug, gouverneure de la Banque d’Israël, en octobre 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Supposant que cette production marginale décline, nous pouvons faire l’hypothèse que dans un pays comme Israël, dans lequel l’infrastructure est inférieure au niveau moyen, la contribution sera encore plus importante », a dit Flug pendant son discours devant la conférence annuelle de l’Institut Aaron pour la politique économique de l’IDC Herzliya.

Dans les années qui ont suivi la crise économique de 2007 – 2008, l’environnement économique mondial est devenu « plus complexe » pour les décisionnaires économiques en Israël, à la fois en raison du fait que la croissance du marché mondial a été plus lente que dans le passé, et à cause des politiques monétaires ultra-conciliantes adoptées par certaines des banques centrales des plus grands partenaires commerciaux d’Israël, a dit Flug.

Retraite de la mondialisation

« La nouvelle pas si bonne est que même sur le long-terme, selon de nombreuses évaluations, la croissance mondiale, et encore plus important, le marché mondial, qui est la variable économique mondiale qui a le plus grand impact sur les exports israéliens, devraient restaient plus modérée que dans le passé, a-t-elle dit. Ces prévisions sur l’environnement mondial futur rendent encore plus nécessaire le fait d’agir pour augmenter la productivité de l’économie israélienne, dans le cadre de la stratégie économique, dont le traitement de la qualité du capital humain est un composant principal. »

Selon une analyse du FMI, le fait que les investissements, en termes de pourcentage du PIB, aient reculé est responsable de 75 % du ralentissement du marché mondial, a dit Flug.

« Au même moment, nous voyons aussi un ralentissement dans la tendance des mesures politiques conçues pour mener la libéralisation du marché, ainsi qu’une accélération de l’imposition de mesures restrictives au commerce international, a-t-elle dit. Ceci équivaut fondamentalement à une sorte de retraite de la tendance à la mondialisation qui a pris place ces dernières décennies, avant même que l’effet des plus récents changements politiques ne soit ressenti. »

Tous ces facteurs ont contribué à un ralentissement plus important de la croissance du marché mondial, « dont l’importance du point de vue d’Israël est que la demande pour les exports israéliens s’est accrue plus lentement ces dernières années que dans le passé », a dit Flug.

De plus, les politiques conciliantes adoptées par plusieurs des banques centrales des grands partenaires commerciaux d’Israël ont crée une pression ascendante sur le shekel, « au-delà de l’appréciation dérivée des forces économiques fondamentales », a-t-elle dit.

Contre ce contexte, le shekel s’est apprécié significativement en termes de taux de change nominal effectif : près de 20 % depuis 2012, et 11,5 % ces deux dernières années.

« L’appréciation a mené au fait que les exports israéliens ont augmenté à un taux encore plus bas que la croissance du marché mondial », a dit Flug.

« A long terme, l’environnement mondial devrait rester modéré. En particulier, le marché mondial devrait croître modérément. Ainsi, augmenter la productivité du travail, qui est un élément principal de la capacité à maintenir une compétitivité internationale et est une condition nécessaire de la croissance économique à un taux qui contribuera à la réduction du PIB par habitant entre Israël et les économies plus avancées, est devenu plus important », a conclu Flug.

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