France: Le responsable du Centre Zahra au tribunal pour provocation à la haine
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France: Le responsable du Centre Zahra au tribunal pour provocation à la haine

Jamel Tahiri était accusé d’avoir publié un article antisémite sur le site de son association chiite, basée à Grande-Synthe (Nord)

Yahia Gouasmi, à droite, fondateur du "Centre Zahra France", une organisation religieuse, avec Tahiri Jamel, à gauche, près du centre, parlent aux journalistes à Grande-Synthe, près de Dunkerque, le 2 octobre 2018. (Crédit : AFP / Philippe HUGUEN)
Yahia Gouasmi, à droite, fondateur du "Centre Zahra France", une organisation religieuse, avec Tahiri Jamel, à gauche, près du centre, parlent aux journalistes à Grande-Synthe, près de Dunkerque, le 2 octobre 2018. (Crédit : AFP / Philippe HUGUEN)

Jamel Tahiri, 44 ans, est le co-fondateur de l’association musulmane chiite « Centre Zahra France », basée à Grande-Synthe (Nord). Ce mercredi 4 septembre, il comparaissait devant le tribunal de Dunkerque pour provocation à la haine, a rapporté le journal local Le Phare dunkerquois.

Il était accusé, à la suite d’un signalement du ministère de l’Intérieur, d’avoir publié un article antisémite sur le site de son association.

Dans cet article, issu d’une revue mensuelle « de recherche et d’information spirituelle » publiée au Cameroun par un musulman chiite, les Juifs étaient considérés comme responsables de tous les maux de la planète.

Selon  Jamel Tahiri, qui dirigeait jusqu’alors la prière auprès des fidèles du centre et qui a été tenu responsable de la publication de la revue sur son site, « ce petit paragraphe au sein de tous les numéros que nous avons publiés » est une méprise.

« On considérait que l’auteur [de la revue camerounaise reprise par le Centre Zahra] était de bonne foi. D’ailleurs, ça m’attriste d’être là aujourd’hui [devant le tribunal]. Nous avons toujours prôné la bonne entente avec les autres religions », a assuré Jamel Tahiri.

Sébastien Piève, procureur de Dunkerque, a considéré « que la façon dont les propos sont amenés constitue bien une provocation à la haine contre les personnes d’origine juive » et que Jamel Tahiri, « en tant que président de l’association, est responsable des publications. C’est lui qui a sélectionné ce texte parce qu’il s’inscrit dans la mouvance de son association ».

Six mois de prison avec sursis ont été requis à l’encontre de l’homme, ainsi que 3 000 euros d’amende. Son avocat a lui plaidé la relaxe. « Cette procédure ne tient pas la route et les règles de droit ne sont pas respectées », a-t-il ajouté.

Le délibéré sera rendu le 14 novembre prochain.

En juin dernier, le tribunal administratif de Lille avait rejeté la requête du Centre Zahra qui contestait un arrêté du préfet du Nord prononçant la fermeture pour six mois du lieu de culte.

Dans sa décision, dont l’AFP avait obtenu copie, le tribunal considérait notamment que les messages et activités qui y sont développés relevaient « de la propagande ayant pour objet de glorifier la lutte armée et de provoquer la haine et la violence en relayant des messages antisémites, entraînant ainsi le risque de commission d’actes terroristes ».

« Au sein du centre Zahra sont prononcés des prêches qui appellent à une lutte contre le sionisme, contre Israël et contre l’Arabie saoudite et qui, pour certains, légitiment le djihad armé », relevait encore le tribunal.

Celui-ci statuait sur le fond, après une première procédure d’urgence le 19 octobre 2018, qui avait ordonné la fermeture provisoire de ce centre.

Le 20 mars 2019, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait déjà annoncé avoir demandé en Conseil des ministres la dissolution du centre Zahra et d’associations dépendantes, « qui légitiment de façon régulière le jihad armé ».

Ses locaux à Grande-Synthe avaient été visés le 2 octobre 2018 par une opération antiterroriste. Les perquisitions administratives avaient débouché sur la découverte d’armes à feu détenues illégalement. Le trésorier de cette association, Bachir Gouasmi, a été condamné à 18 mois de prison, dont six ferme, par le tribunal correctionnel de Dunkerque pour détention illégale d’armes.

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