Frappes aériennes attribuées à Israël sur le sud de la Syrie – médias
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Frappes aériennes attribuées à Israël sur le sud de la Syrie – médias

L'attaque aurait ciblé des sites liés à l'Iran et situés sur le plateau du Golan syrien et dans la périphérie de Damas ; Israël n'a pas commenté les frappes

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un missile sol-air syrien explose dans le ciel au-dessus du sud de la Syrie le 31 août 2020. (SANA)
Un missile sol-air syrien explose dans le ciel au-dessus du sud de la Syrie le 31 août 2020. (SANA)

Les médias d’Etat syriens ont attribué à Israël plusieurs frappes nocturnes sur des cibles liées à l’Iran, situées au sud de la Syrie.

Selon les médias syriens, l’attaque visait des sites sur le plateau du Golan syrien et l’aéroport international de Damas. Le site al-Arabiya a rapporté qu’une base militaire abritant le 165e bataillon de l’armée syrienne, que l’Iran utiliserait pour stocker des armes, était visé.

L’armée israélienne a refusé de commenter ces frappes, conformément à sa politique consistant à ne confirmer ni n’infirmer ses opérations en Syrie, à l’exception des ripostes.

Aucun blessé n’a été signalé mais l’agence de presse syrienne SANA a fait état de dégâts matériels.

Selon SANA, les frappes israéliennes ont été menées avec des missiles air-sol propulsés par des avions de chasse et des missiles sol-sol.

Les frappes sur le Golan syrien visaient apparemment des sites liés à l’Iran et à son allié, le groupe terroriste du Hezbollah, qui, selon Israël, a établi une base d’opérations dans la région de Qouneitra avec l’aide de l’armée syrienne, malgré les assurances de la Russie, alliée de la Syrie, qu’elle maintiendrait les forces iraniennes à distance de la frontière.

Cette situation est très préoccupante pour l’armée israélienne, qui aurait pris pour cible des positions du groupe terroriste chiite du Hezbollah et des caches d’armes sur le Golan à de nombreuses reprises au cours des dernières années.

Les attaques sur l’aéroport de Damas étaient probablement liées à l’arrivée d’au moins deux avions cargos iraniens à Téhéran plus tôt dans la journée, ce qui indique que les chargements d’armes iraniennes étaient visés.

La base du 165e bataillon dans la région d’el-Kisweh, au sud de Damas, aurait été prise pour cible par Israël à plusieurs reprises dans le passé.

Les frappes ont débuté à 22h42 dans la nuit de mercredi à jeudi, selon SANA.

L’armée syrienne a tenté d’intercepter les attaques entrantes et a tiré des missiles antiaériens en direction des avions de chasses israéliens, a précisé SANA, en publiant une vidéo des défenses aériennes propulsées dans le ciel obscur.

Bien que les médias d’Etat aient affirmé que l’armée syrienne avait intercepté la plupart des missiles entrants – comme elle le fait à quasiment chaque attaque attribuée à Israël – les analystes estiment qu’il s’agit de vantardise mensongère.

Cependant, les images vidéo de l’attaque semblent montrer au moins une interception réussie d’un missile entrant.

 

Plus tôt dans la journée de mercredi, le groupe terroriste du Hezbollah a lancé des missiles sol-air sur un drone israélien au-dessus du Sud-Liban  dans une escalade majeure du conflit, au milieu de tensions persistantes le long de la frontière, a déclaré l’armée.

Selon Tsahal, l’avion n’a pas été endommagé lors de l’attaque et a poursuivi sa mission comme prévu.

Compte tenu de la planification importante requise pour une attaque comme celle qui a été signalée mercredi soir, il est peu probable que l’attaque soit une réponse israélienne aux tirs anti-aériens qui ont eu lieu plus tôt dans la journée.

L’armée a lancé des centaines de frappes en Syrie depuis le début de la guerre civile en 2011 pour contrer les tentatives de l’Iran d’établir une présence militaire permanente dans le pays et les transports d’armes de pointe qui pourraient être utilisées par des groupes terroristes dans la région, principalement le Hezbollah.

L’attaque de mercredi soir survient une semaine après une autre attaque attribuée à Israël, visant la ville de Hama, dans le nord-ouest de la Syrie.

La nature de la cible de cette attaque n’a pas été communiquée. Israël aurait déjà bombardé des sites probablement liés à la production et au transport de missiles par l’Iran dans la région de Hama.

Selon l’agence de presse officielle syrienne SANA, une famille de quatre personnes a été tuée lors du bombardement, qu’elle a qualifié d' »agression israélienne », et au moins trois maisons ont été endommagées dans la périphérie de Hama.

Au cours des derniers mois, l’armée israélienne aurait intensifié ses frappes aériennes contre des cibles liées à l’Iran dans toute la Syrie, estimant que Téhéran n’était pas susceptible de riposter de manière significative, car elle espère négocier avec l’administration du président américain Joe Biden.

L’administration Biden devrait adopter une approche plus conciliante envers l’Iran que son prédécesseur sur la question nucléaire, mais d’un autre côté, les analystes israéliens pensent que le président américain ne cherchera pas à empêcher l’État juif de frapper des cibles militaires iraniennes en Syrie.

Des responsables israéliens, dont le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, ont également émis des menaces contre l’Iran ces dernières semaines et ont mis en garde contre le retour des États-Unis à l’accord nucléaire.

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