Gantz dément toute scission au sein de Kakhol lavan malgré l’enquête interne
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Gantz dément toute scission au sein de Kakhol lavan malgré l’enquête interne

Selon le chef du parti, il a été "normal" de recourir à une agence face aux informations livrées aux médias. De faux plans de campagne auraient circulé pour trouver les coupables

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz s'exprime lors d'une manifestation aux abords du musée de Tel Aviv contre les initiatives prises par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d'éviter les poursuites dans trois affaires criminelles, le 25 mai 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz s'exprime lors d'une manifestation aux abords du musée de Tel Aviv contre les initiatives prises par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d'éviter les poursuites dans trois affaires criminelles, le 25 mai 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, a expliqué dimanche que l’embauche par son parti d’une société privée de renseignement chargée de traquer les fuites auprès des médias était une « démarche normale » visant à s’attaquer aux tentatives d’espionnage politique.

Il a promis qu’il n’y aurait aucune scission au sein des formations qui constituent actuellement l’alliance centriste.

« Certains, dans le système politique, voudraient saboter nos activités et nous ne faisons donc qu’entreprendre des démarches très normales [pour y mettre un terme] qui ne méritent guère ce cirque médiatique », a-t-il expliqué dimanche à l’occasion d’un rassemblement.

« Ces derniers jours, nous avons constaté beaucoup de bavardages au sujet des procédures de sécurité en termes d’informations au sein de Kakhol lavan », a-t-il ajouté. « A cela, je réponds qu’il n’y a pas eu et qu’il n’y aura aucune scission entre les partis qui constituent Kakhol lavan et qui, chacun, sont représentés ici ».

Kakhol lavan est une alliance qui avait été constituée avant les élections du mois d’avril, intégrant le parti Hossen Yisrael de Benny Gantz, la formation Yesh Atid de Yair Lapid et le mouvement Telem, fondé par l’ex-ministre de la Défense Moshe Yaalon.

Gantz a pris la parole lors d’une rencontre du « caucus vert » de Kakhol lavan qui est consacré aux questions environnementales et qui a a eu lieu dimanche au musée des Terres d’Israël, à Tel Aviv.

Ses propos sur une éventuelle scission dans le parti ont été tenus le jour même où Zman Yisrael, l’édition en hébreu du Times of Israel, a fait savoir que de hauts-responsables de Yesh Atid avaient ourdi un plan de rupture avec l’alliance électorale de Kakhol lavan, le mois dernier, avec pour objectif de se rapprocher de Yisrael Beytenu, la formation d’Avigdor Liberman, en intégrant une liste laïque, selon des sources.

Les sondages commandités par les responsables du parti prévoient qu’une liste conjointe entre Yesh Atid et Yisrael Beytenu pourrait remporter 26 à 27 sièges lors des élections, plus que ce que les deux mouvements sont susceptibles de glaner séparément.

Des sources proches de Lapid ont indiqué que Liberman était conscient de ce fait et qu’il n’écartait pas totalement une telle union.

C’est Lapid lui-même qui a finalement rejeté l’idée, ont noté les sources.

« J’ai signé un accord avec les [leaders de Kakhol lavan] Benny Gantz et [Moshe] Bogie Yaalon et je ne peux pas le violer. Cela serait également un très mauvais signal envoyé au grand public », aurait dit Lapid.

C’est le dernier épisode d’une série de discorde au sein de l’alliance.

Les propos tenus par Gantz sur l’enquête interne ont voulu répondre à des informations parues vendredi sur le site d’information Ynet, qui avait annoncé que Kakhol lavan avait fait appel au CGI Group – firme israélienne spécialisée dans les renseignements commerciaux – pour retrouver d’éventuelles « taupes » dans les hauts-rangs du parti après la fuite d’un enregistrement audio de Gantz en amont du scrutin du mois d’avril, enregistrement dont les médias s’étaient emparés.

Les dirigeants du parti Kakhol lavan, de gauche à droite, Gabi Ashkenazi, Benny Gantz, Yair Lapid et Moshe Yaalon lors d’une conférence de presse au siège du parti à Tel Aviv, le 10 avril 2019, au lendemain du jour des élections. (Flash90)

Kakhol lavan avait lancé une enquête interne en mars mais qui n’avait pas permis alors d’identifier un ou une coupable.

Dans l’un de ces enregistrements, Gantz déclarait ne pas exclure totalement de s’unir à Netanyahu, malgré ses déclarations publiques dans lesquelles il jurait qu’il ne rejoindrait jamais un gouvernement formé par le Premier ministre en raison des affaires de corruption qui l’impliquent.

De même, Gantz affirmait être prêt à faire des concessions significatives aux formations ultra-orthodoxes pour les faire entrer dans une coalition dont il serait à la tête.

Dans un autre enregistrement, le leader de Kakhol lavan clamait, à la veille des élections, que Netanyahu ne serait pas gêné si lui-même, son principal adversaire, devait mourir.

Le président de CGI est Yaakov Peri, ancien chef des services de sécurité du Shin Bet et ex-ministre issu des rangs de la formation Yesh Atid – l’une des trois factions constituant Kakhol lavan.

Yaakov Peri (à gauche) et Yair Lapid à la Knesset (Yonatan Sindel/Flash90)

Selon l’article paru samedi, le CGI Group a imaginé un document – un faux – décrivant le plan ourdi par Kakhol lavan de construire une « armée » de militants sur les réseaux sociaux, chargés de l’intercommunication sur la Toile.

L’entreprise a ensuite distribué ce plan avec de légers changements dans chaque copie à chaque groupe de responsables et d’activistes éminents de l’alliance – celles et ceux qui avaient pu se trouver dans la pièce lorsque Gantz avait été enregistré.

Le plan, intitulé « l’armée d’intercommunication de Kakhol lavan », est bientôt parvenu jusqu’aux médias et les coupables – plus d’une version ayant fuité – ont été rapidement identifiés grâce aux changements uniques présents dans chaque document.

Le mois dernier, la Douzième chaîne avait fait savoir que la députée Omer Yankelevich de Kakhol lavan avait été prise en flagrant délit en train de faire fuiter des informations aux médias.

En revanche, nul ne sait si l’implication de la parlementaire dans ces fuites a pu être découverte grâce au travail livré par le CGI Group ou grâce à l’enquête interne.

Yankelevich, qui est considérée comme une proche de Gantz, avait échoué à un test au détecteur de mensonges lorsqu’elle avait été interrogée sur les fuites, selon le site. Les informations qu’elle a pu livrer restent indéterminées.

La députée Omer Yankelevich lors d’une commission à la Knesset, le 5 août 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Tandis que le CGI Group n’a pas fait de commentaires sur l’article, Kakhol lavan a fait savoir, pour sa part, que des spécialistes intervenaient dans le domaine de la sécurité de l’information au sein de l’alliance, sans préciser si cette dernière avait conclu un contrat avec la société.

« Kakhol lavan est déterminé à remplacer le gouvernement de Netanyahu et l’alliance est consciente de la présence d’éléments politiques qui tentent de saboter cette initiative », a noté le mouvement dans une réponse apportée à l’article de vendredi.

Gantz a également évoqué les informations parvenues jusqu’aux médias portant sur le piratage de son téléphone cellulaire par les Iraniens.

Le parti du Likud de Netanyahu avait tenté d’utiliser ce piratage – dont Gantz avait été informé l’année dernière par des responsables de la sécurité – pour démontrer que l’ex-chef d’Etat-major était incapable de diriger le pays. Le chef de Kakhol lavan, pour sa part, avait clamé que la fuite de l’information du piratage avait des motivations politiques.

Kakhol lavan, qui a été formé au début de l’année, a terminé deuxième au scrutin du mois d’avril, derrière le Likud de Netanyahu.

L’alliance est actuellement au coude à coude dans les sondages avec la formation au pouvoir en amont du vote du 17 septembre, initié par Netanyahu après l’incapacité de ce dernier de former un gouvernement à l’issue du scrutin du mois d’avril.

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