Gantz évite de soutenir la solution à deux États auprès d’émissaires de l’UE
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Gantz évite de soutenir la solution à deux États auprès d’émissaires de l’UE

Le candidat estime qu'un "arrangement" doit être conclu avec les Palestiniens et reproche à Netanyahu d'avoir dit qu'Israël n'était "pas l'État de tous ses citoyens"

Benny Gantz rencontre des émissaires de l'UE, en Israël, le 12 mars 2019. (Crédit : Twitter)
Benny Gantz rencontre des émissaires de l'UE, en Israël, le 12 mars 2019. (Crédit : Twitter)

Le dirigeant de Kakhol lavan Benny Gantz a évité de soutenir une solution à deux États entre  Israël et les Palestiniens lors d’une réunion avec des émissaires de l’UE. Il a également fait montre d’une ligne dure face à l’Iran et la bande de Gaza.

Benny Gantz a rencontré des envoyés de l’Union européenne en Israël pour faire connaître « sa vision des relations Union Européenne-Israël, de la sécurité d’Israël et des problèmes régionaux, » a tweeté l’ambassadeur de l’UE en Israël Emanuele Giaufret.

Lors de sa conversation avec les envoyés de l’UE, le candidat aux élections du 9 avril n’a pas explicitement soutenu une solution à deux États, mais a indiqué qu’Israéliens et Palestiniens « sont là pour rester » et qu’un arrangement devait être trouvé, a confié un participant de la réunion au Times of Israel.

L’aspirant Premier ministre a également fait savoir que Benjamin Netanyahu et lui était « sur la même longueur d’ondes » au sujet de l’Iran.

« Nous ne permettrons pas à l’Iran de devenir une puissance régionale, nous continuerons à mettre sur la touche son impact négatif et ses efforts de déstabilisation de la région, et l’empêcherons de développer ses capacités nucléaires militaires, » a assuré Benny Gantz.

« Israël ne peut pas autoriser un Iran nucléarisé. Si nous pouvons recourir à la diplomatie, nous le ferons, mais je n’exclurai pas les autres options. »

Il a également exprimé des points de vue similaires à ceux de Netanyahu au sujet de l’avenir de la bande de Gaza et de ses dirigeants, le groupe terroriste du Hamas.

« Le Hamas est un gang qui prend en otage deux millions de personnes, » a-t-il ainsi dénoncé. « Vous pensez que le jour où ils disposeront d’un port maritime, ils n’importeront que du jus d’orange ? Qu’ils veulent le développement économique ? La responsabilité de l’avenir de la bande de Gaza se trouve entre les mains du Hamas, pas d’Israël. »

Après la rencontre, l’ambassadeur de l’Autriche Martin Weiss a indiqué sur Tweeter que la discussion avait été « intéressante » et qu’il avait été impressionné par Benny Gantz, qu’il a décrit comme « calme et mesuré. »

Commentant la controverse actuelle autour de la loi sur l’État-nation juif, l’ancien général de l’armée a déclaré que « qu’Israël était évidemment l’État de tous ses citoyens, » d’après la source. Un porte-parole de Kakhol lavan a néanmoins nié qu’il avait tenu ces propos, sans préciser pour autant ce qu’il a dit.

Si c’est bien ce qu’il a dit, il s’agirait alors d’une critique de Netanyahu, qui a répondu dimanche aux propos d’une animatrice de la télévision, Rotem Sela, en soulignant que la loi polémique faisait d’Israël « l’État-nation du peuple juif » et « pas l’État-nation de tous ses citoyens ».

Netanyahu a été vivement dénoncé en Israël  comme à l’étranger, même si la phrase en hébreu qui signifie littéralement un « État de tous ses citoyens » est généralement utilisée pour faire référence à un État binational par opposition à un État juif. L’opposition à la définition du pays comme étant un État binational est courante en Israël.

La présentatrice télé, mannequin et actrice israélienne Rotem Sela. (Crédit : CC-BY-SA-4.0 דבש סדן/Wikipedia)

Netanyahu avait ensuite dit que les Arabes jouissaient des mêmes droits, mais que seules les Juifs pouvaient prétendre à l’autodetermination nationale en Israël.

Dans sa réponse à Rotem Sela, le Premier ministre a lui-même mal repris les propos de l’animatrice et insinué qu’elle avait dit qu’Israël ne devrait pas être un État juif.

Ses commentaires semblaient, en fait, souligner que les Arabes israéliens devraient bénéficier des mêmes droits civiques et que les partis arabes ne devraient pas être diabolisés.

« Quel est le problème avec les Arabes ??? », avait-elle écrit sur Instagram samedi, en réponse à la ministre de la Culture Miri Regev (Likud) qui avait affirmé que Kakhol lavan souhaitait former un gouvernement avec l’aide des partis arabes. « Bon sang, il y a aussi des citoyens arabes dans ce pays. Quand donc quelqu’un dans ce gouvernement passera le message au public qu’Israël est l’État de tous ses citoyens et que tous les gens ont été créés égaux, et que même les Arabes, les Druzes, les LGBT et – surprise – les gauchistes sont humains », avait-elle ainsi protesté.

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