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Gantz : Netanyahu sera « raisonnable » en ce qui concerne une attaque contre l’Iran

Le ministre de la Défense sortant prévient qu'Israël doit avoir un plan d'attaque des installations nucléaires de Téhéran, mais devra "bien évaluer la situation avant d'agir"

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz prend la parole lors d'une session plénière spéciale pour marquer les 27 ans de l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, à la Knesset, le 6 novembre 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le ministre de la Défense Benny Gantz prend la parole lors d'une session plénière spéciale pour marquer les 27 ans de l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, à la Knesset, le 6 novembre 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le ministre de la Défense sortant, Benny Gantz, a déclaré qu’il pensait que Benjamin Netanyahu serait « raisonnable » au sujet du lancement de frappes éventuelles contre l’Iran et contre ses installations nucléaires.

Compte-tenu de l’incertitude croissante concernant un possible retour de l’Iran à l’accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales en raison de l’enlisement des négociations, l’armée israélienne a intensifié ses efforts au cours des deux dernières années pour mettre en place une menace militaire crédible contre les sites nucléaires de Téhéran.

S’adressant aux journalistes militaires mardi, avant son remplacement prévu pour les semaines à venir, Gantz a déclaré qu’il pensait que Netanyahu « sera raisonnable à cet égard ».

« La dernière fois que Tsahal était à un haut niveau de préparation pour une attaque contre l’Iran, j’étais chef d’état-major de l’armée », a déclaré Gantz, ajoutant que « la décision de ne pas agir avait alors été prise par le même Premier ministre qui devrait maintenant prendre ses fonctions. »

« Israël a la capacité d’agir en Iran. Nous sommes prêts, nous avons les capacités de développement pour cela et nous avons des plans à long terme que nous contrôlons. Nous devons nous préparer à cette possibilité, et il nous faudra également étudier la question minutieusement avant de la mettre à exécution », a-t-il déclaré.

Gantz dit avoir prédit que « l’audace » que l’Iran pourrait déployer pour commettre des attaques contre Israël et d’autres alliés dans la région serait « renforcée » par le resserrement de ses liens avec la Russie. L’Iran a fourni des drones d’attaque à la Russie dans son invasion de l’Ukraine et, en retour, Téhéran aurait demandé l’aide de Moscou pour son programme nucléaire.

Le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu prend la parole lors d’une session plénière spéciale pour marquer les 27 ans de l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, à la Knesset, le 6 novembre 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Tout doit être fait pour préserver et étendre l’architecture régionale », a déclaré Gantz, faisant référence à un éventuel pacte de défense conjoint entre Israël et ses alliés régionaux pour se protéger contre la menace des drones et des missiles iraniens.

Il a ajouté qu’il espérait que les fortes tensions observées ces derniers mois en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ne s’étendent pas à la bande de Gaza et à la frontière nord d’Israël, « mais vu la situation, ce n’est pas un scénario impossible », a-t-il déclaré.

Selon des évaluations militaires récentes, si une guerre avec le Hezbollah libanais soutenu par l’Iran devait éclater, les villes israéliennes pourraient être la cible de 1 500 à 3 000 roquettes par jour et le nombre de morts pourrait rapidement atteindre des centaines. Selon d’autres estimations, des milices iraniennes basées en Syrie pourraient se joindre à la bataille potentielle avec des missiles et des attaques de drones.

Un drone survolant Kiev lors d’une attaque, le 17 octobre 2022. (Crédit : Sergei Supinsky/AFP)

S’exprimant sur la politique israélienne de ne pas fournir d’armes à l’Ukraine pour lutter contre l’invasion russe, Gantz a déclaré qu’un changement de cette politique ne serait pas pratique pour une myriade de raisons.

« L’échelle de notre production est inférieure aux besoins en termes d’exportation. Notre production n’est pas assez importante pour [les besoins de l’Ukraine]. Même si nous décidions de changer de politique, nous ne pouvons pas vider nos systèmes de défense aérienne. Ces discussions sont fondées sur rien de concret », a-t-il déclaré.

« Nous examinons ce qui peut être fait et comment nous pouvons étendre notre aide, mais nous ne devons pas oublier le fait que l’Ukraine est soutenue par l’OTAN », a ajouté Gantz.

Dès les premiers jours de l’invasion, de hauts responsables ukrainiens ont demandé à Israël d’envoyer ses systèmes de défense antimissile, en particulier le Dôme de fer, lors d’allocutions publiques et de conversations privées avec des décideurs à Jérusalem.

Mais, jusqu’à présent, Jérusalem a évité de fournir une aide militaire directe à Kiev – ni armes offensives ni technologies défensives avancées – dans le but de ne pas provoquer de crise avec Moscou.

Israël est l’un des rares pays à entretenir des relations relativement chaleureuses tant avec l’Ukraine, une autre démocratie, qu’avec la Russie. Mais Israël est en désaccord avec la Russie et Jérusalem affiche un soutien croissant à l’Ukraine tout en cherchant à maintenir la liberté de mouvement dans les cieux syriens, en grande partie contrôlés par Moscou.

À la suite du scrutin de la semaine dernière, Gantz sera remplacé par un nouveau ministre de la Défense choisi par Benjamin Netanyahu, dont le bloc de droite, d’extrême-droite et religieux devrait former une coalition dans les semaines à venir.

Le directeur général du ministère, Amir Eshel, a également annoncé qu’il démissionnerait de son poste après le départ de Gantz. Eshel est entré en fonction peu après l’arrivée de Gantz à la tête du ministère de la Défense en mai 2020.

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