Gay Pride : la police annonce avoir recruté des agents transgenres
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Gay Pride : la police annonce avoir recruté des agents transgenres

Les forces de l'ordre sont en état d'alerte avec 2 500 policiers déployés pour assurer la sécurité des 30 000 participants ; un militant de droite a été arrêté avant la parade

Des drapeaux de la Gay Pride accrochés rue Agron à Jérusalem, dans le centre-ville, avant le défilé de la Gay Pride qui aura lieu le 6 juin. Photo prise le 4 juin 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Des drapeaux de la Gay Pride accrochés rue Agron à Jérusalem, dans le centre-ville, avant le défilé de la Gay Pride qui aura lieu le 6 juin. Photo prise le 4 juin 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Plus de 2 500 policiers seront déployés jeudi à Jérusalem alors que la ville accueillera sa 18e Gay Pride annuelle, et la police s’est engagée à « agir de façon catégorique contre quiconque tenterait de perturber l’événement ou de porter atteinte aux participants.

Parallèlement, en signe de soutien à la communauté LGBT, la police a révélé que ces derniers mois, la police a recruté plusieurs agents transgenres, et que l’une d’elles a déjà terminé sa formation et travaille sur le terrain, a rapporté la Douzième chaîne.

Cette démarche, avec trois arrestations préventives, marque un tournant pour la police, qui a été accusée d’échouer à protéger efficacement les parades précédents, et pour n’avoir pas résolu une fusillade de masse dans un centre de jeunesse gay à Tel Aviv il y a 10 ans.

Il y a quatre ans, Shira Banki, 16 ans, a été poignardée à mort par Yishai Schlissel, un extrémiste ultra-orthodoxe. Schlissel avait poignardé et blessé 3 personnes en 2015 et la police avait été critiqué car il avait été autorisé à venir à proximité de la parade à sa sortie de prison – une réclusion pour une agression similaire lors d’une précédente marche des fiertés à Jérusalem en 2005. Il avait alors blessé trois personnes.

Des participants au défilé annuel de la Gay Pride de Jérusalem brandissent une photo de Shira Banki assassinée le 3 août 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Cette marche survient au lendemain de la nomination du premier ministre du cabinet ouvertement homosexuel.

Un responsable de la police a averti sur Twitter que les policiers « agiraient catégoriquement » contre quiconque tente de perturber l’évènement.

Des policiers en uniforme et en civil seront déployés autour de la parade et à l’intérieur d’elle, dans le centre de Jérusalem, pour protéger les 30 000 participants attendus, ont fait savoir les forces de l’ordre.

La police jouira du renfort de la police des frontières et de bénévoles pour assurer la sécurité, qui est doublement délicate et controversée, car elle se déroule dans la capitale conservatrice religieuse.

A 14 heures 30, la police bouclera la rue Keren HaYessod, la place Plumer (le croisement entre la rue Keren HaYessod et la rue Jabotinsky), la rue King George, la rue Hillel, la rue Menashe Ben Israel, la rue Agron et d’autres rues voisines. Les rues seront rouvertes à mesure que la marche progresse.

Les participants se réuniront au Gan HaPaamon, au centre de Jérusalem, entre 15 heures 30 et 17 heures, après qui ils prendront la direction du Gan HaAtsmaout (Jardin de l’Indépendance).

Des points d’entrée et de sorties seront installés au Gan HaPaamon, sur la place de Paris, sur la rue King David et au croisement entre les rues HaHistadrout et Shammai.

Mercredi, la police a arrêté Moshiko Ben Zikir, un militant de droite, qui se serait déguisé en membre de la communauté LGBT pour la deuxième année consécutive, pour infiltrer la parade, monter sur l’estrade, et protester contre l’évènement.

L’avocat de Ben Zikri, l’activiste d’extrême-droite Itamar Ben Gvir, a déclaré que la police le prive de sa liberté d’expression et de sa liberté de manifester.

« On a aussi le droit de protester contre les marcheurs de la Parade des Fiertés, et s’ils arrêtent quelqu’un par mesure de précaution – une arrestation illégale – seulement parce qu’il avait l’intention de crier sur les marcheurs, alors quelque chose ne va pas ici, quelque chose est illégal. Je m’interroge : « où sont les chevaliers de la démocratie et de la liberté d’expression ? », a déclaré Ben Gvir.

La police israélienne a indiqué jeudi avoir arrêté deux autres personnes, suspectées de prévoir de perturber la Gay Pride de Jérusalem.

Aucun détail sur l’identité des suspects ni sur leurs projets n’ont été communiqués.

Ils ont été soumis à un interrogatoire.

Bentzi Gopstein, leader d’un groupe d’extrême-droite a déclaré mardi avait reçu une autorisation de la police pour manifester aux abords du défilé, jeudi, et qu’elle utiliserait des haut-parleurs pour perturber ceux qui
« mènent Israël à la catastrophe ».

Michael Ben Ari, (au centre), Ben Gvir, (à gauche), et le dirigeant de Lehava Bentzi Gopstein, tous membres du parti Otzma Yehudit, lors d’un événement à Jérusalem marquant le 27e anniversaire de la mort du rabbin Meir Kahane, le 7 novembre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« L’objectif de ce défilé est de dissoudre les valeurs de la famille juive et de transformer Jérusalem et tout Israël en Sodome », a commenté Gopstein dans un communiqué.

Le leader du groupe d’extrême-droite a déclaré que son organisation prévoyait de perturber le défilé de la Gay pride de Jérusalem afin de combattre ce qui, selon lui, s’apparente à un « terrorisme LGBT ».

Lehava s’oppose aux mariages mixtes et à l’assimilation des Juifs ainsi qu’aux droits LGBT et tente de refréner toute activité publique de la part des non-Juifs en Israël. Des députés de tout le spectre politique ont tenté de désigner l’organisation comme groupe terroriste.

Mardi également, le groupe conservateur de droite Hazon (Vision) a posé des affiches dénonçant le mariage homosexuel. Elles rappellent la cause des valeurs traditionnelles et contrent le mouvement LGBT avec le slogan : « Père et mère = Famille. Le courage de la normalité ».

Une affiche contre le mariage homosexuel à Jérusalem qui dit en hébreu : « Père et mère = Famille . Le courage de la normalité » (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Uri Banki, dont la fille Shira avait été mortellement poignardée pendant le défilé de 2015, a appelé le public à ne pas se laisser dissuader et à se rendre au rassemblement annuel.

« Si le bien garde le silence et ne se montre pas, c’est le mal qui redresse la tête », a écrit Banki sur sa page Facebook.

Des fleurs seront déposées à l’endroit où Banki a été tuée, au croisement des rues Keren HaYessod et Washington.

Eran Globus, le président de la Jerusalem Open House, a déclaré mercredi à la Douzième chaîne qu’il s’attendait à ce que l’atmosphère soit encore plus tendue que d’habitude, parce qu’Israël entrait à nouveau en période électorale.

« Nous sommes à quelques mois d’une campagne électorale décisive, et les jours sont un test pour nous tous », a-t-il dit. « Ce n’est pas simplement une lutte pour l’égalité des droits pour la communauté gay, c’est une lutte sur l’image morale d’Israël et les jalons que nous voulons poser. [Je m’adresse] au public israélien, de droite et de gauche, de toutes les mouvances : nous ne devons pas céder à l’indifférence et laisser la place à la haine et à la violence dans l’espace public. »

La semaine dernière, le conseil municipal de Jérusalem a approuvé le budget annuel de l’Open House, une ONG au service de la communauté LGBT de Jérusalem, après que les membres ultra-orthodoxes ont quitté la pièce pour ne pas voter.

La semaine dernière, le grand-rabbin de Jérusalem Aryeh Stern a envoyé un courrier officiel au maire Moshe Lion, lui demandant d’empêcher que des drapeaux LGBT soient accrochés en amont de la parade annuelle dans la ville, parce qu’ils « gâchent la ville ». Une demande rejetée.

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