L’ONU condamne l’usage « excessif » de la force à Gaza mais ne parle pas du Hamas
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L’ONU condamne l’usage « excessif » de la force à Gaza mais ne parle pas du Hamas

Le HCDH a jugé que l'armée ne devrait pas faire usage de leurs armes contre des manifestants qui brûlent des pneus ou lancent des pierres, voire même des cocktails Molotov

Cette photo prise le 30 août 2017 à Genève montre le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Zeid Raad Al Hussein, après une conférence de presse dans les bureaux de l'ONU à Genève (Crédit : AFP / Fabrice COFFRINI)
Cette photo prise le 30 août 2017 à Genève montre le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Zeid Raad Al Hussein, après une conférence de presse dans les bureaux de l'ONU à Genève (Crédit : AFP / Fabrice COFFRINI)

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a exhorté vendredi Israël à empêcher l’usage « excessif » de la force contre les manifestants palestiniens à Gaza et demandé que les responsables de ces violences soient punis.

« Chaque semaine, nous assistons à des exemples de recours à la force létale contre des manifestants désarmés », a déclaré Zeid Raad Al Hussein dans un communiqué, qui parle de 42 morts, dont 4 adolescents, et de quelque 5 500 blessés.

Des milliers de Gazaouis ont à nouveau convergé vendredi vers la frontière israélienne pour revendiquer le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël en 1948.

Ils dénoncent aussi le blocus qu’Israël impose depuis plus de dix ans pour contenir le mouvement islamiste Hamas qui dirige le territoire.

Les tensions se sont accrues ces dernières semaines alors que des dizaines de milliers de Palestiniens se sont affrontés avec les troupes israéliennes à la frontière pendant trois vendredis consécutifs.

Au début du mois, au moins 10 000 Gazaouis ont participé à des manifestations de grande ampleur. Les soldats ont déclaré que les manifestants avaient lancé un engin explosif et des bombes incendiaires sur les troupes israéliennes déployées à la frontière. Ils ont également tenté plusieurs fois d’endommager la clôture et d’entrer en territoire israélien. Le vendredi précédent, environ 20 000 Palestiniens ont pris part aux manifestations et il y a deux semaines, les manifestations ont attiré environ 30 000 personnes.

« Il est difficile d’imaginer que des enfants, même ceux lançant des pierres, puissent constituer une menace de mort imminente ou de blessure grave pour des membres des forces de sécurité lourdement protégés », a estimé le Haut-Commissaire.

Il a également jugé que les forces de sécurité ne devraient pas faire usage de leurs armes contre des manifestants qui brûlent des pneus ou lancent des pierres, voire même des cocktails Molotov de loin.

« Chaque pays a l’obligation au nom des droits de l’Homme de s’assurer que tout décès et blessure grave fassent l’objet d’une enquête et que les responsables répondent de leurs actes devant la loi », a-t-il rappelé. « Malheureusement, dans le contexte de ce conflit éternel, des enquêtes sérieuses semblent être menées uniquement lorsque des preuves vidéo ont été rassemblées de façon indépendante. »

M. Zeid a reproché au gouvernement israélien, par son « incapacité » à poursuivre ces violations, d' »encourager » ses forces de sécurité à recourir à la force létale contre « des être humains désarmés, même s’ils ne représentent pas de menace ».

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