Gaza : Nickolay Mladenov met en garde contre un « statu quo permanent »
Le Haut représentant pour Gaza a présenté le premier rapport du Conseil de Paix qui décrit comme "principal obstacle" au plan de paix le refus du Hamas de désarmer et de céder son contrôle

Le Haut représentant pour Gaza du Conseil de Paix créé par Donald Trump a mis en garde jeudi contre le risque que le « statu quo » actuel, d’un cessez-le-feu imparfait dans un territoire divisé et ravagé, devienne « permanent ».
Nickolay Mladenov a présenté devant le Conseil de sécurité de l’ONU le premier rapport du Conseil de Paix qui décrit comme « principal obstacle » au plan de paix le refus du groupe terroriste palestinien du Hamas de désarmer et de céder son contrôle.
« Si je continue à appeler le Hamas et les autres groupes palestiniens à revenir à la table des négociations » et à respecter leurs engagements, « je dois également dire clairement que la mise en œuvre [du plan de paix] ne peut pas progresser seulement via les obligations palestiniennes », a déclaré le haut représentant lors d’une intervention par vidéo.
Le nombre de morts, qui continue à augmenter en raison d’un cessez-le-feu « loin d’être parfait », et les restrictions israéliennes à l’aide humanitaire « ne sont pas des questions abstraites », a-t-il insisté.
« Je veux être clair concernant les risques d’inaction des parties. Le risque est que le statu quo en train de se détériorer devienne permanent, Gaza divisée, le Hamas gardant le contrôle militaire et administratif sur plus de deux millions de personnes sur moins de la moitié du territoire », a-t-il mis en garde.
« Pas d’investissement. Pas de mouvement. Pas d’horizon. Et comme résultat, une autre génération d’enfants palestiniens grandissant dans des tentes, dans la peur, le désespoir étant pour eux le sentiment le plus rationnel, pas de sécurité pour Israël et pas de chemin viable vers l’autodétermination des Palestiniens », a-t-il décrit.
Dans ce contexte, il a appelé le Conseil de sécurité à « tout faire » pour appeler le Hamas à accepter « sans délai » la feuille de route et Israël à « respecter ses obligations ».
Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a dénoncé dans un communiqué cet appel à « faire pression » sur lui qui revient, selon lui, à « adopter le récit d’Israël et tenter de justifier » l’occupation de Gaza.
Il a assuré « l’engagement » du Hamas envers le cessez-le-feu et s’est dit « prêt à remettre immédiatement et totalement la gouvernance au Comité national pour l’administration de Gaza » qui doit assurer la gestion du territoire pendant une phase de transition.
Devant le Conseil, le représentant israélien Jonathan Miller a lui accusé le Hamas d’utiliser ce temps des discussions diplomatiques « pour consolider son contrôle, reconstruire ses capacités ».
« Ce n’est pas une organisation politique faisant la transition vers la diplomatie. C’est une armée terroriste qui préserve ses capacités pour la prochaine guerre », a-t-il affirmé.
Le cessez-le-feu est entré officiellement en vigueur le 10 octobre, quelques jours après le deuxième anniversaire du début de la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
La première phase de la trêve a vu la libération des derniers otages du 7-Octobre qui restaient détenus à Gaza, en échange de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël.
Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l’armée israélienne (qui contrôle encore plus de 50 % de la bande de Gaza) apparaît complètement grippé depuis des semaines.







