Gaza : une Palestinienne risque la prison pour un reportage sur la corruption
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Gaza : une Palestinienne risque la prison pour un reportage sur la corruption

En échange de pots-de-vin, des médecins auraient rédigé de faux certificats médicaux permettant à des personnes de sortir de la bande de Gaza, prétendument pour raisons médicales

La journaliste Hajar Harb devant le tribunal de Gaza City, le 26 février 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)
La journaliste Hajar Harb devant le tribunal de Gaza City, le 26 février 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Une journaliste palestinienne, condamnée à de la prison pour un reportage dénonçant des faits de corruption dans la bande de Gaza aux mains du groupe terroriste islamiste du Hamas, a affirmé mardi avoir mené son enquête de façon professionnelle, quelques jours avant son procès en appel.

Hajar Harb a réalisé un reportage en 2016 pour la chaîne privée palestinienne al-Araby, dans laquelle elle met en cause le ministère de la Santé du mouvement islamiste dans une affaire de corruption.

En échange de pots-de-vin, des médecins auraient rédigé selon elle de faux certificats médicaux permettant à des personnes ne nécessitant pas de soins particuliers de sortir de la bande de Gaza pour raisons médicales.

Invoquer une raison médicale est l’un des rares moyens pour les habitants de Gaza de pouvoir quitter l’enclave.

Deux médecins avaient lancé en octobre 2016 des poursuites judiciaires contre Hajar Harb pour « publication de fausses informations » et « diffamation », selon un communiqué publié lundi par Amnesty international.

En juin 2017, la journaliste de 34 ans avait été condamnée à six mois de prison et 1 000 shekels (243 euros) d’amende, alors qu’elle était en Jordanie pour soigner un cancer, selon l’ONG.

L’organisation a demandé aux autorités du Hamas d' »annuler immédiatement les poursuites contre elle ».

Mme Harb a indiqué à l’AFP qu’elle avait été convoquée mardi en vue de son procès en appel mais que l’audience avait été reportée au 6 mars.

« J’ai mené une enquête journalistique comme une professionnelle », a-t-elle affirmé.

La corruption concernant les départs de Gaza pour « raison médicale » est un « sujet important », a-t-elle ajouté.

Plus largement, elle a estimé que les journalistes exerçant dans l’enclave palestinienne n’étaient pas en mesure « de travailler sérieusement sans avoir peur », et appelé à une mobilisation internationale et arabe en faveur de la liberté de la presse à Gaza.

Sollicité par l’AFP, le ministère de la Justice dépendant du Hamas a refusé de faire des commentaires sur cette affaire.

« Nous espérons que la décision de la justice sera impartiale, garantissant la liberté d’opinion, d’expression et la liberté de la presse en Palestine », a indiqué son avocat maître Baker Turkmani.

Le Centre palestinien pour le développement et les libertés des médias, une ONG palestinienne, a recensé 37 cas de violations de la liberté de la presse à Gaza et 77 cas en Cisjordanie en 2018.

Les violations incluent des arrestations arbitraires, des agressions physiques, la confiscation de matériel et le refus d’accès aux médias.

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