GB : Une école dont le directeur est mort du virus accueille un mariage haredi
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GB : Une école dont le directeur est mort du virus accueille un mariage haredi

Le rabbin Avrohom Pinter était mort l'année dernière, quelques jours après une campagne de sensibilisation au virus ; cette semaine, son école a accueilli un mariage illégal

Le rabbin Avrohom Pinter lors d'un discours à   Canvey Island, dans l'Essex, au sud-est de l'Europe. (Crédit : Joel Friedman via AP)
Le rabbin Avrohom Pinter lors d'un discours à Canvey Island, dans l'Essex, au sud-est de l'Europe. (Crédit : Joel Friedman via AP)

Un mariage illégal interrompu par la police à Londres, jeudi, a été organisé dans une école dont le directeur était décédé, l’année dernière, des suites de la COVID-19.

Le rabbin Avrohom Pinter s’était éteint au mois d’avril, à l’âge de 71 ans. Lorsque le gouvernement britannique avait ordonné, le même mois, un confinement visant à ralentir la propagation du coronavirus, Pinter avait fait du porte-à-porte dans son quartier du nord-est de Londres pour transmettre un message de mise en garde face à l’épidémie à tous les Juifs ultra-orthodoxes de sa communauté. Il avait attrapé la maladie et il était mort en quelques jours.

Un porte-parole du lycée pour filles Yesodey Hatorah, qui se situe dans le quartier Stamford Hill de la capitale britannique, a affirmé n’avoir « pas eu connaissance que le mariage avait lieu », ajoutant que les administrateurs de l’établissement avaient été « absolument horrifiés par l’événement », le condamnant « avec les mots les plus forts ».

Jeudi, la police métropolitaine a fait savoir que 400 personnes avaient assisté au mariage organisé au sein de l’établissement et que certains invités avaient pris la fuite au moment de l’arrivée des forces de l’ordre.

Les participants avaient recouvert les fenêtres du bâtiment pour empêcher les gens de voir ce qu’il se passait à l’intérieur, a ajouté la police.

Cinq personnes ont écopé d’une amende de 200 livres et la police a dit qu’elle réfléchissait à donner une amende de 10 000 livres à l’organisateur de la cérémonie.

Le grand-rabbin britannique a critiqué le rassemblement en évoquant une « profanation scandaleuse ».

Pinter et son épouse Rachel avaient joué un rôle déterminant dans la création du lycée Yesodey Hatorah. Il en était le directeur et elle était chargée de définir la ligne des programmes, faisant notamment la promotion d’examens approfondis et de l’excellence auprès des élèves. Rachel était décédée en 2014.

Selon la BBC, l’école sert de centre de dépistage au coronavirus le dimanche.

Un commandant de la police a critiqué le mariage en évoquant une « violation de la loi complètement inacceptable » et le maire de l’arrondissement où se trouve Stamford Hill a, lui aussi, dénoncé l’événement.

« Nous rencontrerons le rabbinat et nos partenaires communautaires dans les prochains jours pour déterminer comment nous pouvons prévenir d’autres incidents de cette nature », aurait dit le maire de Hackney, Philip Glanville, dans un communiqué de la police.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s’adresse à une conférence de presse pour une mise à jour quotidienne de la gestion par le gouvernement de l’épidémie du nouveau coronavirus COVID-19, au 10 Downing Street à Londres le 22 mars 2020. (Crédit : Ian Vogler / POOL / AFP)

Le Premier ministre Boris Johnson a soutenu la police pour avoir « agi contre ceux qui ignorent les lois de manière si flagrante et égoïste », a noté son porte-parole. « De vastes rassemblements tels que ceux-là posent un risque sanitaire, non seulement pour ceux qui s’y trouvent mais également pour ceux avec qui ils vivent ou d’autres avec lesquels ils pourraient se trouver en contact ».

Ce mariage a eu lieu alors que la Grande-Bretagne a mis en place son troisième confinement depuis quelques semaines. Les écoles et les magasins non-essentiels restent fermés pour le moment face à une recrudescence des infections.

Jeudi, la ministre de l’Intérieur Priti Patel a annoncé que la police pourrait distribuer des amendes plus élevées aux personnes qui contreviennent aux directives adoptées dans la lutte contre le coronavirus en organisant des fêtes.

Ce nouveau régime d’amendes, qui entrera en vigueur la semaine prochaine, vise les personnes organisant des fêtes chez elles et autres rassemblements illégaux, avec des montants qui doubleront à chaque délit commis.

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