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Gérald Darmanin veut « fermer » une mosquée à Cannes pour antisémitisme

"Nous lui reprochons des propos antisémites, des soutiens au Collectif contre l'islamophobie en France et BarakaCity", a déclaré le ministre de l'Intérieur

Photo illustrative montrant des musulmans lors de la prière. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Photo illustrative montrant des musulmans lors de la prière. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Le gouvernement français a annoncé mercredi avoir l’intention de « fermer » une mosquée à Cannes (sud), accusée notamment de « propos antisémites », la troisième en quelques mois dans un pays qui traque les discours islamistes depuis les attentats de 2015.

Sur les « plus de 2 500 lieux de culte musulmans », 70 sont « radicalisés », a affirmé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur la chaîne de télévision CNews.

Fin décembre, son ministère indiquait que 21 de ces lieux étaient « actuellement fermés, du fait de prescriptions administratives, d’une décision judiciaire, d’une reprise de bail, de travaux ou d’une fermeture administrative ».

Cinq faisaient « l’objet d’une instruction » en vue d’une possible fermeture, dont celle de Cannes. « Nous (la) fermons (…) parce que nous lui reprochons des propos antisémites, des soutiens au CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France, ndlr) et BarakaCity », a précisé M. Darmanin.

Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin arrive à l’Elysée avant la cérémonie en l’honneur des médaillés olympiques et paralympiques français au Tokyo 2021, à Paris le 13 septembre 2021. (Photo de Ludovic MARIN / AFP)

Accusées par le ministre de favoriser l’islamisme, les associations CCIF et BarakaCity avaient été dissoutes à l’automne 2020 dans le sillage de l’assassinat de Samuel Paty, un professeur d’histoire-géographie décapité près de Paris par un jeune islamiste qui lui reprochait d’avoir parlé des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves en classe.

« Une procédure contradictoire » a été lancée « afin d’envisager la fermeture administrative de la mosquée pour une durée de deux mois », a précisé dans un communiqué la préfecture des Alpes-Maritimes, qui a justifié la mesure par des « propos haineux envers la France » ou « incitant à la haine envers les homosexuels ou transsexuels », ainsi qu’une « haine antisémite explicite » .

Cette menace de fermeture est « injuste et injustifiée », a répondu Ahmed Guessoum, actuel recteur et imam de la mosquée, en rejetant la responsabilité des propos litigieux sur son prédécesseur, Mustapha Dali, en poste pendant une vingtaine d’années.

« La personne mise en cause aujourd’hui, c’est l’ex-recteur, qui a démissionné, est parti à la retraite et n’habite plus Cannes », a insisté M. Guessoum. « Il n’interfère plus dans les affaires de la mosquée, il n’a aucune influence », a-t-il ajouté.

Les experts médico-légaux près d’un camion dont le pare-brise est criblé de balles après un attentat contre la foule venue voir le feu d’artifice lors de la fête nationale dans la ville de Nice, le 15 juillet 2016 (Crédit : AP Photo/Claude Paris)

Cannes est situé tout près de Nice, théâtre en 2016 de l’un des plus sanglants attentats jihadistes de ces dernières années dans le pays (86 morts).

Plusieurs dizaines de jeunes de la région ont par ailleurs été impliqués à partir de 2013 dans des filières jihadiste d’acheminement vers l’Irak et la Syrie.

Fin décembre, la justice française avait confirmé la fermeture de la mosquée de Beauvais (nord) pour des prêches d’un imam faisant notamment l’apologie du jihad armé. Selon M. Darmanin, cette mosquée, qui accueillait quelque 400 fidèles, attaquait le « modèle républicain et la France ».

Fin octobre, c’est la mosquée d’Allonnes, près du Mans (centre-ouest), accueillant environ 300 fidèles, qui avait été fermée pour six mois sur décision préfectorale car soupçonnée de légitimer le jihad armé ou le terrorisme lors de ses prêches.

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