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Gilad Erdan accusé de promouvoir son propre programme politique

Issu du précédent gouvernement Netanyahu, l'envoyé à l'ONU dément les accusations portées par des fonctionnaires des Affaires étrangères, qui demandent une enquête sur sa conduite

L'ambassadeur israélien aux Nations Unies Gilad Erdan s'adresse au Conseil de sécurité le 19 octobre 2021. (Autorisation)
L'ambassadeur israélien aux Nations Unies Gilad Erdan s'adresse au Conseil de sécurité le 19 octobre 2021. (Autorisation)

De hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères accusent l’ambassadeur israélien aux Nations unies, Gilad Erdan, d’utiliser son poste pour faire avancer son agenda politique personnel.

Mercredi, la Douzième chaîne d’information a cité l’un de ces fonctionnaires anonymes, affirmant qu’Erdan « fait tout pour être renvoyé » et met en péril la poursuite de son séjour à New York.

Erdan, ancien ministre du Likud, le parti de Benjamin Netanyahu, est un rescapé du précédent gouvernement dirigé par l’ancien Premier ministre, qui l’a nommé ambassadeur aux États-Unis et aux Nations unies l’année dernière. Lorsque le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a prêté serment en juin dernier, Erdan avait accepté de quitter son poste à Washington pour laisser la place à un envoyé plus en phase avec le programme de la nouvelle coalition. Toutefois, il a été décidé qu’il resterait à New York, à l’ONU, où la politique israélienne est restée largement statique au cours des différents gouvernements.

Le haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères a déclaré à la Douzième chaîne qu’au lieu de quitter la politique en Israël, Erdan est resté branché sur les affaires internes du Likud, qu’il serait intéressé à diriger à son retour des Etats-Unis.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan accompagné par des activistes du Likud fait un arrêt de campagne au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, le 13 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Il envoie des SMS aux membres du comité central du Likud, a été interviewé sans autorisation par [le journal pro-Netanyahu] Israel Hayom et a fait toutes sortes d’apparitions pour sa base toute la journée au lieu de travailler », a déclaré la source citée par la chaîne.

En juin, Erdan a aimé un message sur Twitter du journaliste pro-Netanyahu Shimon Riklin, qui qualifiait la décision de Bennett de former un gouvernement d’union avec Lapid de « plus grande fraude jamais commise par des politiciens israéliens ».

Alors que la frustration à l’égard d’Erdan augmentait, le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Alon Ushpiz, s’est entretenu par téléphone avec l’émissaire, qui s’est défendu d’avoir agi de manière excessive, selon le reportage.

Le ministère des Affaires étrangères est allé plus loin en faisant appel à la commission de la Fonction publique afin d’examiner les performances d’Erdan aux États-Unis, selon la Douzième chaîne.

« Nous devrons examiner si les actions d’Erdan sont compatibles avec son statut de fonctionnaire », a déclaré le fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères à la chaîne.

Tzipi Hotovely à son bureau à Jérusalem, le 19 février 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Cependant, il n’est pas clair si le ministère des Affaires étrangères sera en mesure de licencier Erdan, car il est sous contrat pour un an et demi de plus.

Plus tôt dans l’année, il a été rapporté que Lapid voulait renvoyer l’ambassadrice nommée par Netanyahu au Royaume-Uni, Tzipi Hotovely, mais le ministre des Affaires étrangères s’est trouvé limité par le fait que Mme Hotovely est également sous contrat et qu’un motif valable serait nécessaire pour la renvoyer.

Une source proche d’Erdan a réagi à ce reportage, déclarant à la Douzième chaîne que l’ambassadeur « travaille jour et nuit pour représenter Israël à l’ONU d’une manière positive et digne d’un homme d’État et son activité est hautement considérée. »

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