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Hadash et Balad acceptent de se présenter à nouveau sous la Liste arabe unie

Taal n'a cependant pas encore signé ; Odeh a déclaré que Lapid et Gantz "devront se battre" pour obtenir la recommandation de la Liste arabe unie

Le chef de la Liste arabe unie Ayman Odeh (Hadash) lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 7 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de la Liste arabe unie Ayman Odeh (Hadash) lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 7 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les dirigeants des partis Hadash et Balad ont convenu d’unir à nouveau leurs forces lors des prochaines élections législatives du 1er novembre sous la bannière de la Liste arabe unie, comme ils l’ont fait depuis 2015. Taal, le troisième parti de l’alliance des partis à majorité arabe, n’a pas encore signé.

Vendredi, les dirigeants de Hadash et de Balad se sont réunis au siège du parti Hadash à Nazareth, dans le nord du pays, pour conclure l’accord. Cet accord met fin aux rumeurs d’une course indépendante de Balad qui aurait menacé d’enterrer certains des partis sous le seuil électoral de 3,25 %.

La Liste arabe unie – en supposant qu’elle se présente avec ses trois partis – obtiendrait entre cinq et six sièges. La répartition des places sur la Liste arabe unie, tout en satisfaisant les deux partis, a été le principal point d’achoppement des négociations.

Les médias israéliens ont indiqué que Hadash et son chef Ayman Odeh voulaient quatre des cinq premières places de la liste pour eux-mêmes, mais ont finalement concédé les 2e et 5e places à Balad et à son leader Sami Abou Shahadeh, tandis que Hadash obtiendra les 1re, 3e et 4e places.

Les partis prévoient d’offrir à Taal une seule place dans le top six s’il signe, mais il n’a pas encore été précisé laquelle.

Odeh continuera à diriger la Liste arabe unie, comme il le fait depuis 2015.

Le député de la Liste arabe unie Sami Abou Shehadeh lors de la cérémonie de prestation de serment de la 24e Knesset, à Jérusalem, le 6 avril 2021. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)

Les membres de Taal ont condamné l’accord Hadash-Balad comme un « coup de poignard dans le dos ». Taal avait convoité deux places dans le top 6, mais ne peut désormais en espérer qu’une seule. Des sources de Hadash et de Balad ont déclaré à Haaretz que pour l’amadouer, Taal se verra offrir un poste important comme celui de vice-président de la Knesset ou de président de faction.

Taal se trouve en position de faiblesse dans les négociations, car il est très peu probable qu’il atteigne le seuil électoral s’il se présente seul.

La date limite de soumission des listes électorales est fixée au 15 septembre.

La réunion de vendredi soir aurait donné à Hadash et Balad l’occasion de régler certaines de leurs divergences autour de la plate-forme de la Liste arabe unie, qui n’a pas encore été rendue publique.

Le député Ahmad Tibi participant à une réunion de la faction de la  Liste arabe unie à la Knesset, à Jérusalem, le 7 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après les élections en Israël, tous les partis élus doivent envoyer des représentants au président pour qu’ils fassent des recommandations quant à leur candidat préféré pour former un gouvernement, et ce dernier attribue ensuite le mandat au candidat qu’il estime le mieux placé pour le faire.

La Liste arabe unie n’a traditionnellement recommandé personne, conformément à son refus général de soutenir les partis sionistes, ne rompant cette politique qu’une seule fois, en 2019, lorsqu’elle a remporté 15 sièges et soutenu Benny Gantz de Kakhol lavan, dans le but de contrecarrer le gouvernement de Netanyahu.

Odeh a déclaré samedi lors d’une interview sur scène à Tira que la Liste arabe unie cantonnerait ses recommandations au président sur plusieurs points précis, tels que le soutien à une reprise de la diplomatie avec les Palestiniens, des mesures de lutte contre la criminalité et d’autres avantages pour la communauté arabe.

Les dirigeants du bloc anti-Netanyahu, dont le Premier ministre Yair Lapid et le ministre de la Défense Benny Gantz, « devront se battre » pour obtenir la recommandation de la Liste arabe unie, a-t-il déclaré.

Lors du dernier tour des élections à la Knesset, le 23 mars 2021, seuls 44,6 % des électeurs éligibles dans les villes arabes ont voté, un nadir historique à la fin d’un marasme de plusieurs décennies.

Les enquêtes menées par Yousef Maqladeh, qui sonde les Israéliens arabes pour la Liste arabe unie et Raam, laissent présager une nouvelle baisse de la participation électorale arabe en novembre, pour n’atteindre que 39 %, soit le taux le plus bas de l’histoire du pays.

Une baisse significative de la participation arabe pourrait s’avérer être un point décisif pour les blocs de la Knesset et donner au chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, une majorité parlementaire.

L’abstention généralisée reflète l’apathie qui règne dans la communauté arabe. De nombreux Israéliens arabes ont perdu la foi ; il leur est difficile de croire que les processus législatifs peuvent apporter des solutions efficaces aux problèmes qui affligent leurs communautés, parmi lesquels la criminalité, le chômage, la stagnation des salaires et la répression de l’État contre le logement irrégulier.

Il est peu probable que la Liste arabe unie parvienne à égaler ses résultats de 2020, en partie à cause du départ de Raam, le quatrième parti de l’alliance. Raam a quitté la Liste arabe unie en 2021 pour se présenter seul, après avoir décidé d’essayer d’améliorer la vie de ses électeurs au sein du gouvernement, rejetant ainsi l’éternelle position d’outsider des partis arabes. Il a finalement accepté d’intégrer la coalition actuelle.

Le chef de Raam, Mansour Abbas, s’exprimant dans la salle du plénum de la Knesset, le 29 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Quelque 65 % des électeurs Arabes israéliens soutiennent la notion de partis arabes dans une coalition gouvernementale, mais les avantages réels de la présence du Raam au sein de l’actuel gouvernement intérimaire sont restés en suspens : une grande partie des fonds destinés au développement des communautés arabes reste bloquée par la bureaucratie. Les critiques ajoutent que la principale réalisation législative de Raam, un projet de loi exigeant de l’État qu’il relie les maisons construites de manière informelle au réseau électrique, n’a pas réellement porté ses fruits jusqu’à présent.

Selon certains sondages, Raam manquerait de peu le seuil électoral lors du prochain scrutin, bien que les sondages aient fait les mêmes prédictions avant l’élection de 2021. Le parti reste convaincu qu’il dispose d’un soutien suffisant pour remporter le minimum requis de quatre sièges.

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