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Hanoukka apporte de la lumière à Kharkiv plongée dans l’obscurité

Le rabbin Moskowitz et son épouse Miriam ont organisé des festivités sous terre et dans des hôpitaux militaires

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

  • Une hanoukkiya allumé le premier soir de Hanoukka, à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)
    Une hanoukkiya allumé le premier soir de Hanoukka, à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)
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Un homme de la communauté Habad allumant une hanoukkiya le premier soir de Hanoukka, à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)
    
Un homme de la communauté Habad allumant une hanoukkiya le premier soir de Hanoukka, à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)
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Le rabbin Moshe Moskowitz, deuxième à partir de la gauche, et ses enfants traversant une station de métro, le premier soir de Hanoukka, à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)

    
Le rabbin Moshe Moskowitz, deuxième à partir de la gauche, et ses enfants traversant une station de métro, le premier soir de Hanoukka, à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)

  • Une voiture avec une hanoukkiya fixée sur le toit  traversant un quartier sombre le premier soir de Hanoukka, à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)
    Une voiture avec une hanoukkiya fixée sur le toit traversant un quartier sombre le premier soir de Hanoukka, à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)
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Une voiture avec une hanoukkiya fixée sur le toit passant devant un bâtiment bombardé le deuxième soir de Hanukkah, à Kharkiv, en Ukraine, le 20 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)
    
Une voiture avec une hanoukkiya fixée sur le toit passant devant un bâtiment bombardé le deuxième soir de Hanukkah, à Kharkiv, en Ukraine, le 20 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)

Hanoukka, la fête juive des lumières, a offert un répit bien nécessaire à la ville de Kharkiv, alors que la deuxième plus grande ville d’Ukraine continue d’être pilonnée par les roquettes russes.

Au cours des dix derniers mois, Kharkiv est entrée dans une obscurité surnaturelle lorsque le soleil se couche, les lampadaires étant éteints dans le cadre d’un strict black-out et les hôtels fonctionnant à la lampe torche et à la bougie.

Cette année, pendant Hanoukka, la ville, qui n’est qu’à 30 kilomètres de la frontière russe, a connu son moment le plus sombre depuis que les forces russes ont commencé à avancer vers Kharkiv en février. À 15h30, le soleil a disparu derrière ses grands bâtiments néoclassiques et ses imposants édifices de l’ère soviétique, plongeant la ville dans une pénombre prématurée.

Pour ne rien arranger, les forces russes – frustrées par la progression constante de la contre-offensive ukrainienne à l’est – ont pris pour cible l’infrastructure énergétique du pays, obligeant des millions de personnes à subir les températures négatives, sans chauffage ni eau courante. Dix roquettes ont frappé Kharkiv deux jours avant Hanoukka, qui a commencé cette année le 18 décembre au soir. L’électricité a été coupée et le rabbin Moshe Moskowitz et son épouse Miriam n’étaient pas certains de pouvoir organiser les célébrations publiques habituelles.

En temps normal, la communauté juive de Kharkiv se réunit pour célébrer la fête des lumières sur l’immense place de la Liberté. Les célébrations en plein air n’étant pas autorisées pendant la guerre, les Moskowitz ont décidé d’ériger une menorah de Hanoukka – ou hanoukkiya – dans la principale station de métro de la ville. Mais sans électricité, ce projet semblait également compromis.

Dans ce que certains considèrent comme un miracle rappelant l’Histoire de Hanoukka, les électriciens ont réussi à rétablir l’éclairage dans les 24 heures suivant la coupure, permettant ainsi aux festivités prévues dans la station de métro d’avoir lieu.

Le rabbin Moishe Moskowitz allumant la première bougie de Hanoukka à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Vyacheslav Madiyevskyi/Ukrinform/Future Publishing via Getty Images/JTA)

« Les voyageurs ont été particulièrement touchés d’entendre de la musique et d’assister aux célébrations dans cette même station de métro qui a servi d’abri anti-bombes bondé pendant des mois de guerre », s’est rappelée Miriam Moskowitz.

En plus de l’allumage des bougies et de la musique Klezmer, la famille du rabbin et d’autres hommes du mouvement Habad Loubavitch ont distribué des soufganiyot – beignets traditionnels de Hanoukka – et des miches de pain aux passants.

« Nous les avons distribués depuis l’emplacement de notre menorah, de sorte que les gens nous voient », a expliqué Moskowitz. « Les gens qui voyaient la menorah venaient et recevaient aussi du pain. Nous travaillons très dur pour nous assurer que nous n’aidons pas seulement la communauté juive, mais aussi la communauté au sens large et les personnes en face de nous qui ont besoin d’aide. »

Un missionnaire Habad distribuant des soufganiyot et des bougies au premier soir de Hanoukka dans la principale station de métro de Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)

Les résidents de Kharkiv non-juifs qui traversaient la station de métro semblaient touchés par ce spectacle inhabituel. Une femme âgée portant un bonnet couleur lavande a embrassé l’une des filles du rabbin sur la joue après avoir reçu deux miches de pain.

« C’est comme une grande famille, vous savez », a déclaré Marina, une habitante de Kharkiv, au journal télévisé chinois CGTN depuis la station de métro après avoir vu la menorah. « Ce sont des gens très bien. »

Un homme s’est approché de la hanoukkiya, en larmes. Il a dit aux volontaires qu’il n’était pas Juif, mais qu’au début de la guerre, il cherchait désespérément des médicaments pour soigner sa maladie chronique. L’homme n’a pu trouver le médicament qu’à la synagogue Kharkiv Choral de Moskowitz.

« Des gens sont venus me voir et m’ont simplement dit : ‘Nous sommes tellement heureux que vous puissiez célébrer' », a raconté Miriam Moskowitz.

Un homme du mouvement Habad montrant une hanoukkiya endommagée par les bombardements russes dans une école juive de Kharkiv, en Ukraine, le 27 juillet 2022. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

« Ils ont juste tellement besoin de célébrer, d’une quelconque manière, une façon de revenir à la normalité même en ces temps qui ne sont pas tout à fait normaux », a-t-elle poursuivi.

La communauté juive a placé huit grandes hanoukkiyot dans la ville, notamment dans des centres commerciaux qui ont été gravement endommagés par les bombardements russes, et devant le bâtiment de l’administration régionale qui a été touché dès la première semaine de la guerre et qui reste complètement délabrée.

S’exprimant depuis Kiev, l’ambassadeur d’Ukraine en Israël, Yevgen Korniychuk, a déclaré que les célébrations publiques de Hanoukka « nous ont unis ».

« Cela a permis aux gens de prier ensemble, et nous en sommes fiers », a-t-il déclaré au Times of Israel, précisant qu’il avait assisté à l’allumage à Kiev de la plus haute menorah d’Europe.

Au début de la guerre, Moscou a vu en Kharkiv une cible séduisante, pensant que sa population, majoritairement russophone, accueillerait ses troupes comme des libérateurs des Ukrainiens nationalistes. Bien que les forces russes aient brièvement atteint le centre-ville, elles ont été repoussées vers la frontière à la mi-mai.

Une Ukrainienne embrassant une enfant juive dans le métro après qu’on lui a donné du pain le premier soir de Hanoukka, à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : CGTV)

Pourtant, Kharkiv continue de subir des bombardements et les destructions sont nombreuses dans les zones civiles.

Plus de 500 résidents juifs sont venus à la synagogue Kharkiv Choral – le plus grand lieu de culte juif du pays – le premier soir de Hanoukka pour un programme comprenant de la musique juive, des parties de toupies et des soufganiyot.

Les enfants, qui ont recommencé à étudier en ligne l’année dernière après l’avoir fait pendant la pandémie de COVID-19, étaient particulièrement excités à l’idée de voir leurs amis, a déclaré Miriam Moskowitz.

« Il y avait un petit garçon et une petite fille, des enfants juifs qui avaient apporté un accordéon et un violon », a-t-elle dit. « Leur mère s’est approchée et a dit : ‘Vous permettez ? Mon fils et ma fille n’ont pas pu se produire depuis dix mois.’ Les enfants sont montés sur scène pour jouer aux côtés des artistes rémunérés. »

Le lendemain, la communauté a organisé un petit défilé, alors que des voitures attelées de hanoukkiyot passaient devant des structures bombardées dans le centre-ville. Le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, qui était resté bloqué à Kiev le premier soir de Hanoukka en raison de dysfonctionnements du train, a assisté à l’allumage des bougies à la synagogue le troisième soir.

Une jeune fille juive jouant du violon, le premier soir de Hanoukka, à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)

Pendant la journée, le rabbin Moskowitz a visité des hôpitaux militaires, distribuant de la nourriture aux soldats blessés et les remerciant pour leur sacrifice.

Il était également à l’affût des militaires juifs blessés.

« Nous apportons du pain à chaque soldat avant même de le questionner sur son judaïsme », a-t-il expliqué. « Nous apportons notre aide et ensuite nous demandons gentiment d’où ils viennent et qui est Juif dans leur famille. »

Les efforts de Moskowitz ont porté leurs fruits. Il a rencontré un Ukrainien-Israélien qui a été blessé près de Bakhmout, une ville du Donetsk qui est actuellement le théâtre des combats les plus intenses.

Le rabbin a également rencontré un autre soldat dont la femme juive se trouve en Israël et dont la fille sert actuellement au sein de Tsahal.

La fille du rabbin Moshe Moskowitz distribuant du pain dans le métro le premier soir de Hanoukka, à Kharkiv, en Ukraine, le 18 décembre 2022. (Crédit : Kharkiv Choral Synagogue)

Lors de l’une des visites de Moskowitz à l’hôpital pendant les huit jours de fête, un soldat juif qui rendait visite à des amis blessés s’est présenté et a reçu une hanoukkiya à emporter avec lui au front.

« Je pense que la lumière et le message de Hanoukka ont été encore plus appréciés que d’habitude, parce que la ville est littéralement si sombre. La menorah devant la shoul était donc d’autant plus visible », a déclaré Miriam Moskowitz, en utilisant le terme yiddish pour désigner une synagogue.

« D’une certaine manière, c’était beaucoup plus fort que toutes les années précédentes », a-t-elle poursuivi, « parce que le message et le besoin des gens ici étaient beaucoup plus grands que jamais auparavant ».

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