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Hijab et étoile jaune : Enquête ouverte à Grenoble sur une fresque

L'œuvre de l'artiste Goin - une femme portant un voile islamique et une étoile jaune marquée du mot "muslim" - a suscité récemment une polémique et a été signalée par le CRIF

Une fresque montrant une femme voilée porteuse d'une étoile jaune, visible depuis plusieurs mois à Grenoble, en février 2022. (Crédit : Twitter)
Une fresque montrant une femme voilée porteuse d'une étoile jaune, visible depuis plusieurs mois à Grenoble, en février 2022. (Crédit : Twitter)

Une fresque montrant une femme voilée porteuse d’une étoile jaune, visible depuis plusieurs mois à Grenoble mais dénoncée récemment par le CRIF, fait l’objet d’une enquête pour « contestation de l’existence de crime contre l’humanité », a indiqué jeudi le parquet.

Cette œuvre réalisée au pochoir par l’artiste Goin, intitulée « Bad religion ? », représente une femme portant un hijab (voile islamique) à rayures bleues et une étoile jaune marquée du mot « muslim » (musulman).

Peinte l’été dernier sur un mur proche du musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, elle a suscité récemment une polémique et a été signalée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) au procureur, qui a ouvert une enquête.

Le CRIF avait précédemment interpellé le maire EELV de Grenoble, Éric Piolle, tout comme le groupe d’opposition de droite au conseil municipal mené par Alain Carignon.

L’adjointe à la Culture a répondu au CRIF que la Ville n’avait pas été informée de la réalisation de la fresque, dont le propos « sans nul doute provocateur » ne lui semblait pas, toutefois, « dépasser les limites de la liberté d’expression ».

L’exécutif de la région Auvergne-Rhône-Alpes, présidé par Laurent Wauquiez (LR), a demandé quant à lui le « retrait immédiat » de la fresque, tout en suspendant les subventions accordées par la collectivité à un festival de street-art.

En juillet dernier sur les réseaux sociaux, ce festival avait signalé la présence du « sublime pochoir » de Goin dans une rue de la ville. Contacté jeudi par l’AFP, le directeur du festival a affirmé cependant que la fresque n’avait « aucun lien » formel avec le Street Art Fest Grenoble Alpes.

« On a déjà invité cet artiste à différentes reprises mais ce n’était pas le cas l’an dernier, il est venu après le festival et a réalisé des œuvres là où il le souhaitait », a expliqué Jérôme Catz, qui s’interroge sur le calendrier de la polémique : « Cette fresque était visible depuis des mois, pourquoi ça sort maintenant ? »

L’artiste, pour sa part, a répondu aux critiques dans les colonnes du Dauphiné Libéré.

« Mon œuvre reflète la douleur des musulmans et des Juifs qui se battent depuis des millénaires. Ce qui se passe entre eux est affligeant et ne devrait plus se produire à notre époque », a déclaré Goin au journal.

« Cette œuvre d’art est un mémorial pour tous ceux qui voient une menace dans la religion ou dans l’origine de l’autre. Plus jamais ça ! C’est cette évidence que j’ai voulu redire ! », a-t-il ajouté.

La fresque a été recouverte de peinture noire la semaine dernière.

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