HRW accuse la FIFA de cautionner le « vol » de terres palestiniennes
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HRW accuse la FIFA de cautionner le « vol » de terres palestiniennes

L'ONG demande une interdiction des matchs dans les implantations ; les Palestiniens préparent de nouvelles actions de protestation

Les joueurs de l'Hapoel Beersheba (en rouge) contre l'Hapoel Afula pendant la demi-finale de la coupe israélienne au Teddy Stadium de Jérusalem, le 29 avril 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les joueurs de l'Hapoel Beersheba (en rouge) contre l'Hapoel Afula pendant la demi-finale de la coupe israélienne au Teddy Stadium de Jérusalem, le 29 avril 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Human Rights Watch (HRW) accuse la FIFA de cautionner le « vol » de terres palestiniennes en acceptant que des matches organisés par la fédération israélienne de football se jouent dans les implantations.

Dans un rapport publié lundi, HRW presse le président de la FIFA, Gianni Infantino, de tenir ses engagements de réforme et de faire cesser les matches disputés dans les implantations sous l’égide de la fédération israélienne, membre de l’organisation internationale.

La question des implantations devrait figurer dans les travaux du comité exécutif de la FIFA qui se réunit les 13 et 14 octobre.

L’ONG de défense des droits de l’Homme basée à New York accuse la FIFA de soutenir indirectement l’existence des implantations et de contribuer à des violations du droit humanitaire international et des droits de l’Homme.

« La FIFA ternit le magnifique jeu de football en permettant la tenue de matches sur des terres volées », dit Sari Bashi, responsable local de HRW dans un communiqué de l’ONG.

L’ONG rappelle que la « colonisation » est illégale au regard du droit international. Depuis 1967, 500 000 Israéliens se sont installés dans les Territoires palestiniens, selon l’ONU.

Six clubs des 3e, 4e et 5e divisions israéliennes, considérées comme semi-professionnelles, jouent dans les implantations de Cisjordanie, souligne HRW.

HRW cite l’exemple du Beitar Givat Zeev qui joue sur un terrain construit sur des terres prises à ses anciens propriétaires palestiniens de la ville de Beitounia.

Le club de Beitounia est contraint de jouer dans une localité voisine parce que la ville n’a plus de terre disponible pour un terrain aux normes, soit à cause des implantations, soit de la barrière construite par Israël, affirme HRW.

‘Déplacer tous les matches’

HRW souligne aussi que ces clubs israéliens font partie de « l’industrie du foot professionnel » et que la FIFA soutient ainsi économiquement « un système reposant sur de graves violations des droits de l’Homme ».

La FIFA « doit exiger de l’Association israélienne de football qui lui est affiliée […] de déplacer à l’intérieur d’Israël tous les matches et toutes les activités homologuées par la FIFA », dit HRW.

De son côté, la fédération israélienne de football a déploré que le sport « soit embarqué du terrain de sport au terrain politique ».

Les Palestiniens ont fait des terrains de football l’un de leurs champs de bataille contre les implantations israéliennes.

La fédération palestinienne avait mené une retentissante campagne en mai 2015 au congrès de la FIFA pour obtenir la suspension de la fédération israélienne.

La FIFA avait finalement créé une commission censée se pencher sur la question des implantations et sur la liberté de mouvement des joueurs palestiniens, butant sur le système d’autorisation des Israéliens, qui contrôlent tous les accès de la Cisjordanie.

La commission devrait présenter l’avancement de ses travaux au comité exécutif des 13 et 14 octobre, a indiqué un porte-parole de la FIFA.

Elle s’est déjà penchée sur la question du football dans les implantations, qui « continuera à être discutée entre toutes les parties », a-t-il répondu aux questions de l’AFP sur le rapport de HRW.

Il a assuré que des « progrès notables » avaient été accomplis quant à la liberté de mouvement des joueurs palestiniens.

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