HRW accuse le Hamas et l’AP de réprimer journalistes et activistes
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HRW accuse le Hamas et l’AP de réprimer journalistes et activistes

Le rapport fait état d'abus aussi bien en Cisjordanie, où l'AP est au pouvoir, que dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (au centre) pendant une conférence de presse avec les journalistes palestiniens, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 23 janvier 2016.(Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (au centre) pendant une conférence de presse avec les journalistes palestiniens, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 23 janvier 2016.(Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)

Les forces de sécurité palestiniennes arrêtent et torturent les journalistes et militants qui critiquent leurs dirigeants, accuse un rapport de Human Rights Watch (HRW) publié mardi, quelques semaines avant les élections municipales palestiniennes, prévues le 8 octobre.

Le rapport fait état d’abus aussi bien en Cisjordanie, où l’Autorité palestinienne est au pouvoir, que dans la bande de Gaza, contrôlée depuis 2007 par le mouvement terroriste du Hamas.

« Les deux gouvernements palestiniens, qui opèrent de façon indépendante, sont apparemment parvenus aux mêmes méthodes de harcèlement, d’intimidation et de violence physique envers quiconque ose les critiquer,” a déclaré Sari Bashi, directrice de HRW pour Israël et les Territoires palestiniens dans un communiqué.

« Les Palestiniens se sont battus pour obtenir les protections associées à leur statut de membre de la communauté internationale et leurs dirigeants devraient prendre au sérieux les obligations associées à ces traités », a-t-elle ajouté.

Un porte-parole des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, Adnan al-Damiri, a assuré que les Palestiniens « respectaient les traités internationaux qu’ils avaient signés et les droits de l’Homme. »

Il a ajouté que les officiers des forces de sécurité recevaient une formation pour éviter les atteintes aux droits de l’Homme.

A Gaza, le porte-parole du ministère de l’Intérieur Iyad al-Bozoum a nié l’existence de torture ou d’arrestations politiques et affirmé que le rapport de Human Rights Watch comportait de « nombreuses erreurs. »

HRW a étudié cinq cas précis, deux en Cisjordanie et trois dans la bande de Gaza.

Deux des personnes arrêtées à Gaza et deux en Cisjordanie ont dit avoir été « victimes de violences physiques ou de tortures ».

« Les militants et journalistes ont dit avoir été battus, privés de sommeil ou de nourriture décente, arrosés d’eau glacée puis d’eau brûlante, maintenus dans des positions inconfortables pendant des heures », précise le rapport.

HRW cite le cas d’un étudiant de Cisjordanie, âgé de 21 ans, membre d’un groupe de rap, arrêté trois fois en 2014 et 2015. Mutaz Abu Lihi a été battu, abandonné avec des dents cassés, et également harcelé dans le but de le pousser à travailler comme informateur.

HRW souligne que « dans une période où de nombreux Palestiniens sont critiques envers leurs dirigeants, ces arrestations ont un effet négatif sur le débat public dans les médias traditionnels et les médias sociaux. »

Les municipales palestiniennes sont prévues le 8 octobre. Le Hamas a boycotté les dernières municipales en 2012, mais doit y participer cette année. Les dirigeants palestiniens se maintiennent en place malgré l’absence de scrutin national depuis 10 ans.

Le rapport note aussi que les journalistes palestiniens sont « soumis à des harcèlements et des violences physiques de la part des soldats israéliens, qui les ont battus lors de manifestations, ont fermé les bureaux de médias palestiniens et arrêté des journalistes accusés de représenter des risques de sécurité non précisés ».

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