Huit mois de prison requis contre l’extrémiste de droite Ryssen
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Huit mois de prison requis contre l’extrémiste de droite Ryssen

Le multirécidiviste est détenu pour contestation de crime contre l'humanité, diffamation et provocation à la haine

Hervé Ryssen. (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Hervé Ryssen. (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Huit mois de prison et 12.000 euros d’amende, avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement, ont été requis mercredi à Paris contre l’extrémiste de droite Hervé Lalin, qui comparaissait détenu pour contestation de crime contre l’humanité, diffamation et provocation à la haine.

Le multirécidiviste, dit Ryssen, était poursuivi pour avoir, en octobre 2017, publié sur son compte Twitter un montage juxtaposant l’affiche du film « La vérité si je mens 3 », qui présente des personnages souriants ou hilares, et une photo du tristement célèbre portail d’entrée du camp d’extermination nazi d’Auschwitz, orné de l’inscription « Arbeit macht frei », « le travail rend libre ».

Il avait aussi, toujours en octobre 2017, tweeté des messages accusant les juifs d’être responsables de la mort de « millions de chrétiens » pendant la révolution russe, et d’être à l’origine « du trafic d’ecstasy ».

Ryssen a déjà été condamné en son absence dans ces deux dossiers et il était à nouveau jugé après avoir fait opposition à ces condamnations. Il a comparu dans le box, après avoir été incarcéré en septembre en application d’autres peines pour des faits similaires.

A la barre, il a dit regretter une « généralisation » tout en ne revenant pas sur le fond de ses propos, arguant même d’un photomontage « un peu marrant ».

« Il continue, il persiste, il signe », a souligné le parquet, qui a requis huit mois de prison ferme et 120 jours amende à 100 euros.

« Il est indispensable de le mettre hors de portée de nuire », a plaidé Ilana Soskin, avocate de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), partie civile.

« Je ne crois pas que la loi Gayssot ait été faite pour les petites blagues sur Twitter », a estimé Damien Viguier pour la défense.

Hervé Ryssen a été condamné 17 fois, principalement pour des propos négationnistes ou antisémites, et a encore été condamné en janvier pour négationnisme, injures et diffamation à caractère antisémite et provocation à la haine contre les juifs.

L’ancien président du Front National Jean-Marie Le Pen, tout comme l’actuel membre du bureau national (direction élargie) du Rassemblement National Bruno Gollnisch, avaient en septembre déploré son incarcération.

Hervé Ryssen a fait une demande de remise en liberté, qui sera tranchée par la cour d’appel de Paris le 10 décembre.

Pour les deux dossiers examinés mercredi, la 17e chambre correctionnelle mis son jugement en délibéré au 5 février.

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