Hydra, l’île grecque de Leonard Cohen, salue son compositeur-poète
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Hydra, l’île grecque de Leonard Cohen, salue son compositeur-poète

La rue où se situe sa maison sera rebaptisée de son nom, et qu'un banc Leonard Cohen sera également installé dans le port, a déclaré le maire

Vue sur l'île grecque d'Hydra (Crédit : CC BY-SA 3.0)
Vue sur l'île grecque d'Hydra (Crédit : CC BY-SA 3.0)

Parmi les légions de fans attristés par la mort de Leonard Cohen, décédé jeudi soir à 82 ans, figurent les habitants de la petite île grecque d’Hydra, qui avait une place spéciale dans le cœur du musicien.

« C’était son repaire », a déclaré à l’AFP Stavros Douskos, propriétaire de la taverne Xeri Elia située au cœur de la ville principale d’Hydra. « Nous avons du bon vin, et il aimait jouer de la guitare ici », a-t-il ajouté.

Leonard Cohen avait acheté une maison en pierre du XIXème siècle à Hydra, à moins de deux heures d’hydroglisseur d’Athènes, au début des années 60, à une époque où l’île attirait les artistes bohèmes.

« J’écrivais des romans, j’arrangeais des livres de poèmes », s’est remémoré l’artiste dans une interview de 1988 à la BBC, enregistrée dans sa maison, sise sur les hauteurs.

« Je me réveillais tôt, prenais mon petit déjeuner, et me mettais au travail…Je planais pas mal à l’époque, donc je ne mangeais pas trop ».

Leonard Cohen avait « son quota, trois pages par jour ».

Pour lui, cet environnement a été « le laboratoire de sa jeunesse et de plusieurs d’entre nous ».

Pendant sept ans, il a notamment écrit à Hydra le recueil de poèmes controversés « Flowers for Hitler », son premier roman « The Favorite Game », et « Beautiful Losers », un livre autour de la religion et de la sexualité qui l’a fait comparer à James Joyce.

Et la chanson « Bird on a Wire », l’oiseau sur un fil, lui a été inspirée par le câble électrique qui passait juste sous sa fenêtre.

C’est à Hydra aussi qu’il a rencontré sa muse norvégienne Marianne Ihlen, à qui il a dédié la ballade « So Long Marianne ».

« Je suis arrivé là. Quelqu’un parlait anglais et j’ai loué une maison pour 14 dollars par mois », se remémore Leonard Cohen dans l’interview à la BBC.

Puis « j’ai rencontré une fille, et je suis resté huit ou dix ans »…. « c’était comme ça en ce temps là ».

Marianne Ihlen (Crédit : libre de droit/wikimedia commons)
Marianne Ihlen (Crédit : libre de droit/wikimedia commons)

Juste avant la mort de Marianne en juillet, Leonard Cohen lui avait écrit : « Je crois que je te suivrai très bientôt ». « Sache que je suis si près derrière toi que si tu tends la main, je crois que tu peux toucher la mienne », ajoutait-il.

Selon M. Douskos, l’artiste avait « cessé de venir à Hydra il y a quelques années, parce qu’il était devenu trop difficile pour lui d’escalader (les volées de marches) qui montaient jusqu’à sa maison », sur cette île escarpée et entièrement piétonnière.

« Mais son fils Adam continue à venir », a-t-il ajouté.

De la gauche : Roi Azoulay, Adam Cohen et Gideon Zelermyer (Crédit : autorisation)
De la gauche : Roi Azoulay, Adam Cohen et Gideon Zelermyer (Crédit : autorisation)

Un poème dédié par Leonard Cohen à sa taverne orne toujours le dos du menu. « C’est un poème décrivant la vie quotidienne des marins d’Hydra », a précisé à l’AFP le maire de l’île, Giorgos Koukoudakis.

Dans le passé, les autorités locales ont collaboré avec les fans de Cohen pour accueillir des concerts et des projections en l’honneur de l’artiste sur l’île, selon le maire.

Il a ajouté que la rue où se situe sa maison sera rebaptisée de son nom, et qu’un banc Leonard Cohen sera également installé dans le port.

Et un rassemblement déjà programmé pour juin prendra une résonance particulière, devenant l’occasion de « faire quelque chose d’organisé à sa mémoire ».

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