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Idan Roll: La diplomatie publique nous donne de la légitimité aux yeux du monde

Emmanuel Nahshon a souligné l'importance des réseaux sociaux dans les efforts de diplomatie du gouvernement ; la hasbara a énormément aidé lors de l’opération Aube

Le vice-ministre des Affaires étrangères Idan Roll donne un séminaire en ligne sur la hasbara efficace, ou diplomatie publique, à des militants après la fin de l'opération Aube, le 8 août 2022. (Crédit : Avec l'aimable autorisation du bureau du vice-ministre des Affaires étrangères Idan Roll)
Le vice-ministre des Affaires étrangères Idan Roll donne un séminaire en ligne sur la hasbara efficace, ou diplomatie publique, à des militants après la fin de l'opération Aube, le 8 août 2022. (Crédit : Avec l'aimable autorisation du bureau du vice-ministre des Affaires étrangères Idan Roll)

Le vice-ministre des Affaires étrangères Idan Roll a déclaré lundi aux militants et organisations israéliens de la « hasbara » que leur travail, ainsi que les efforts de diplomatie publique du gouvernement, étaient essentiels pour aider les services de sécurité israéliens à atteindre leurs objectifs opérationnels pendant les conflits militaires.

Hasbara est le mot en hébreu désignant la diplomatie publique.

Roll s’exprimait dans le contexte de l’opération Aube de trois jours menée par l’armée israélienne à Gaza, qui s’est achevée dimanche dernier, au cours de laquelle le ministère des Affaires étrangères, Tsahal et d’autres agences gouvernementales ont mené une vaste opération visant à présenter de manière positive le récit d’Israël au monde.

S’exprimant lors d’un séminaire en ligne destiné aux militants, Roll a souligné la manière dont les organes officiels de la diplomatie publique israélienne ont pris l’initiative de diffuser des informations sur les incidents controversés survenus pendant le conflit et a exhorté les participants à utiliser les réseaux sociaux pour présenter la vie en Israël de manière « authentique » afin de transmettre le récit du pays.

Le briefing en ligne a été suivi par une centaine de participants, dont des activistes indépendants, des influenceurs sur les réseaux sociaux et des représentants d’organisations pro-Israël et la hasbara avec lesquelles le ministère a établi des partenariats.

Un groupe de militants indépendants de la diplomatie publique ayant récemment participé à une formation de deux mois au ministère a également assisté au webinaire.

« Une hasbara efficace n’est pas du marketing, c’est de la résilience nationale », a déclaré Roll aux militants. « Une bonne hasbara donne à nos forces de sécurité le temps et le soutien du reste du monde pour agir et atteindre leurs objectifs. »

Le vice-ministre a déclaré que lorsqu’Israël lance une opération militaire, l’un de ses plus grands défis est d’atteindre autant d’objectifs opérationnels que possible et aussi rapidement que possible avant que la pression politique internationale « qui augmente progressivement » n’oblige le pays à arrêter sa mission.

Une boule de feu et de fumée s’élevant pendant les frappes aériennes israéliennes à Khan Younis, dans la bande de Gaza, le 6 août 2022. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

« Cela détermine le temps que le monde nous donne pour continuer à frapper nos cibles et c’est là que la hasbara intervient. La hasbara nous donne du temps et nous donne la légitimité pour agir et nous protéger », a déclaré Roll.

Il a salué les efforts du ministère des Affaires étrangères et de Tsahal pour localiser et diffuser rapidement des informations afin d’étayer la version israélienne des événements, tels que l’incident dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de Gaza, au cours duquel sept civils, dont quatre enfants, ont été tués.

Malgré les affirmations émanant de Gaza selon lesquelles leur mort a été causée par une frappe israélienne, Tsahal et le ministère des Affaires étrangères ont diffusé des images vidéo montrant une roquette tirée par le Jihad islamique qui a raté son tir et est retombée dans la bande de Gaza.

« Le Jihad islamique a tenté de faire croire qu’Israël avait tué ces enfants, mais nous avons agi rapidement pour diffuser l’information et expliquer au monde, au niveau opérationnel, à quel moment précis Tsahal a attaqué et par quel biais, pour montrer que cela ne correspondait pas au moment de l’attaque du Jihad islamique, et aussi, grâce à la vidéo, pour réfuter les fake news », a déclaré le vice-ministre.

Capture d’écran d’une vidéo de Tsahal montrant une roquette du Jihad islamique mal tirée retombant sur le camp de réfugiés de Jabalya à Gaza, qui a tué sept civils, dont quatre enfants. (Crédit : Avec l’autorisation de Tsahal)

Roll a ajouté que le ministère se concentrait sur l’influence de la narration sur les réseaux sociaux, par opposition aux efforts précédents où l’accent était mis sur les médias d’information traditionnels.

« C’est pourquoi nous avons besoin de vous, car les fake news s’installent très rapidement ».

Le directeur général adjoint de la diplomatie publique au ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a souligné l’importance des réseaux sociaux dans les efforts de diplomatie publique du gouvernement.

Il a déclaré qu’il était plus facile d’utiliser les réseaux sociaux pour transmettre efficacement le récit d’Israël que de travailler avec les médias étrangers, en partie parce qu’en travaillant uniquement avec ces derniers, le message pourrait être « censuré » par la presse internationale.

Il a déclaré que lorsque des informations, des photos et des vidéos sont diffusées sur les réseaux sociaux, il devient « plus difficile pour les médias traditionnels de les ignorer », ajoutant que « c’est un instrument de pression sur les médias conventionnels. Ce sont les nouvelles règles du jeu de nos jours ».

Au cours de son briefing, Roll a également insisté sur le fait que les efforts de hasbara d’Israël ne doivent pas se contenter de réfuter les fausses affirmations, mais doivent aider à construire son propre récit.

« En plus de combattre les fake news, nous devons générer de la légitimité », a déclaré Roll.

Il a exhorté les militants à prendre des photos et des vidéos d’eux-mêmes avec leur famille dans des pièces blindées et des abris anti-bombes, à montrer des enfants dans des camps d’été pendant des attaques à la roquette, et à « montrer des moments heureux d’une nation forte avec une résistance nationale. »

Des enfants qui se sont installés dans un abri municipal à Ashkelon pendant l’opération Aube, le 7 août 2022. (Crédit : Carrie Keller-Lynn/The Times of Israel)

Il a affirmé que l’histoire de la vie d’une jeune fille de 17 ans dans le sud d’Israël intéresserait plus les gens sur les réseaux sociaux que les messages du gouvernement.

« Vos histoires personnelles sont intéressantes. Mettez-vous en mode ‘caméra’, faites une vidéo, verticalement, et montrez vos vies. »

Selon Nahshon, « au lieu d’expliquer que nous racontons l’histoire d’Israël, nous présentons au monde la diversité d’Israël et nous permettons au monde de voir à quel point notre histoire est authentique, vraie et correcte. »

Roll et Nahshon ont tous deux déclaré que les efforts de diplomatie publique dans cette dernière opération, bien que brève, avaient été couronnés de succès, soulignant en particulier l’incident de Jabaliya où les affirmations d’Israël selon lesquelles les victimes civiles avaient été causées par le Jihad islamique ont été bien couvertes par les médias internationaux.

« La hasbara a été une réussite pour cette opération, mais nous devons maintenant nous assurer que ce récit s’impose. Si nous réussissons, avec votre aide, à ancrer dans l’inconscient collectif non seulement que l’opération était justifiée, mais aussi qu’Israël a une armée morale, qu’Israël est un pays qui honore la vie, qu’Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient, alors nous obtiendrons beaucoup plus de cette opération », a déclaré Roll. 

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