Injures au ‘Ku Klux Klan juif’ et contre le terrorisme
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Revue de presse israélienne

Injures au ‘Ku Klux Klan juif’ et contre le terrorisme

La presse hébraïque digère la mort de deux Israéliens dans un attentat à Jérusalem, et bout à propos de la vidéo d’un « mariage de haine »

Ilan Ben Zion est journaliste au Times of Israel. Il est titulaire d'une maîtrise en diplomatie de l'Université de Tel Aviv et d'une licence de l'Université de Toronto en études du Proche-Orient et en études juives

Un Israélien d'extrême-droite célébrant le meurtre de la famille Dawabsha (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)
Un Israélien d'extrême-droite célébrant le meurtre de la famille Dawabsha (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)

Deux manifestations d’extrémisme violent, l’un arabe et l’autre juif, les deux à Jérusalem, se sont retrouvées en une de la presse hébraïque jeudi.

Les auteurs des articles sont outrés par une attaque au couteau mortelle devant la porte de Jaffa de la Vieille Ville dans laquelle l’un des deux morts a été tué par des tirs perdus de la police, et révulsés par une vidéo d’extrémistes de droite à un mariage, célébrant la mort d’un bébé tué dans une attaque terroriste présumée juive.

Les deux victimes tuées dans l’attaque de la porte de Jaffa étaient Reuven Birmajer, 46 ans, et Ofer Ben Ari, 45 ans, tous deux de la région de Jérusalem. Birmajer, selon les articles, était un rabbin né en Argentine, père de sept enfants, qui enseignait dans une yeshiva de la Vieille Ville.

Haaretz rapporte qu’il était en route pour rentrer chez lui après le travail quand il a été poignardé à l’extérieur des murs de la Vieille Ville. Ben Ari, un résident de Har Homa et père de deux enfants, est sorti de sa voiture quand il a vu que l’attaque avait lieu.

Sa famille a déclaré à Haaretz qu’il est sorti du véhicule pour pouvoir aider et a accidentellement été touché par un tir d’un des officiers de la police des frontières qui a tué les deux terroristes impliqués.

Sa famille est citée par l’article déclarant à Walla newsque « c’est incompréhensible. Ils l’ont juste tué. C’est important pour vous de savoir que la policière qui a tiré sur mon père pour tuer le terroriste… il n’était pas une menace. »

Selon Israel Hayom, la famille a été révoltée par les circonstances de la mort de Ben Ari, et a dit que « certains appellent à une enquête pour voir si les forces [israéliennes] se sont trompées en pensant qu’il était l’un des terroristes et lui ont tiré dessus, entraînant sa mort. »

Yedioth Ahronoth marque ce jour comme le 100e jour de suite de terrorisme depuis que les violences ont ressurgi fin septembre, avertissant qu’ « il n’y a pas de fin en vue ».

L’article note que l’on ne sait pas si Ben Ari a également été poignardé, mais l’autre article rend compte du fait qu’il est mort d’une blessure par balle. La famille aurait initialement demandé une autopsie, mais a plus tard abandonné sa requête.

« Je veux savoir ce qui l’a tué, déclare sa veuve Yifat dans l’article. Je veux savoir à quelle distance il s’est fait tirer dessus, je veux tout savoir. » La police a déclaré qu’ils enquêteront sur l’incident.

Une vidéo diffusée par la Dixième chaîne mercredi soir a déclenché toutes sortes de colères dans les articles du lendemain matin après que les politiciens ont fustigé le spectacle : des extrémistes de droite à un mariage, chantant un chant de vengeance, dansant avec des armes à feu, des couteaux et des cocktails Molotov et poignardant la photo d’Ali Dawabsha, 18 mois, tué dans une attaque terroriste présumée juive dans le village de Duma, en Cisjordanie, le 31 juillet.

Israel Hayom et Yedioth Ahronoth ont tous deux qualifié la vidéo de « mariage de la haine » dans leurs titres.

Israel Hayom commence avec la condamnation du Premier ministre Benjamin Netanyahu des actions des participants, « une menace pour la société israélienne et la sécurité israélienne. » Le journal continue avec des critiques sévères similaires de membres haut-placés du Likud et du grand rabbin d’Israël.

Haaretz rapporte que la police a l’intention d’enquêter sur ceux qui ont dangereusement brandi des armes et éventuellement de leur retirer leur licence.

Yedioth Ahronoth s’est entretenu avec l’un des invités du mariage qui a été un témoin direct de ce que montre la vidéo. « Ces jeunes sont réellement ravagés par la haine, dit-il. Je vais à des mariages comme celui-ci depuis des années, et ces chansons ne cessent de se répéter – mais les armes et poignarder des photos du bébé Ali Dawabsha, c’était vraiment franchir la ligne rouge. »

Le dirigeant de la salle de mariage où a eu lieu la célébration a raconté au journal qu’il est inquiet d’un tel comportement.

« La police est au courant des mariages, et des policiers en civils étaient là, qui ont tout vu, a déclaré le propriétaire anonyme. Il y a des douzaines de mariage comme celui-ci chaque mois, et à chaque fois, quand les personnes âgées partent les jeunes restent, les jeunes – ils commencent à danser et avec ces chansons. Parfois ils sont arrêtés après aussi. »

Haaretz rapporte également que Naftali Bennett, dirigeant du parti HaBayit HaYehudi, a répondu aux critiques sur les interrogatoires des suspects de l’incendie du Duma par le Shin Bet, et aux accusations de torture, a déclaré que les méthodes utilisées par les enquêteurs ne sont pas différentes pour les suspects de terrorisme juifs et les suspects palestiniens.

Yoaz Hendel, un ancien conseiller important de Netanyahu, écrit dans un éditorial pour Yedioth Ahronoth que les extrémistes de la vidéo sont « de jeunes juifs qui ressemblent aux personnes du Hamas », et qu’ils sont « le Ku Klux Klan juif ». Il déclare qu’avec tout le terrorisme palestinien, « la dernière chose dont les forces de sécurité ont besoin est l’ajout d’un terrorisme juif dans la mêlée. »

« Pendant trop longtemps la droite a ignoré le problème, écrit-il. Ils ont préféré ne pas s’en occuper. C’était une erreur fatale. [Les extrémistes] sont devenus un feu qui menace de consumer tout le bon côté [de la droite]. »

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