Iran/Israël : D’alliés à ennemis jurés
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Iran/Israël : D’alliés à ennemis jurés

Allié d'Israël sous le chah, l'Iran a basculé après la Révolution islamique de 1979 dans le camp des ennemis déclarés de l'État hébreu

Des députés iraniens scandent des slogans anti-américains et anti-israéliens pour protester contre l'assassinat par les Etats-Unis du général Qassem Soleimani, au début d'une session ouverte du Parlement à Téhéran, en Iran, le 5 janvier 2020. (Mohammad Hassanzadeh/Tasnim News Agency via AP)
Des députés iraniens scandent des slogans anti-américains et anti-israéliens pour protester contre l'assassinat par les Etats-Unis du général Qassem Soleimani, au début d'une session ouverte du Parlement à Téhéran, en Iran, le 5 janvier 2020. (Mohammad Hassanzadeh/Tasnim News Agency via AP)

De l’entente à la rupture

Peu après la création d’Israël en 1948, le chah d’Iran entretient des relations étroites avec le nouvel État. L’Iran abrite alors la plus forte communauté juive du Moyen-Orient.

Israël dispose en Iran d’une importante mission diplomatique et importe de ce pays 40 % de ses besoins en pétrole en échange d’armes, de technologies et de produits agricoles.

La redoutable Savak (police politique iranienne) est créée en 1957 avec l’aide de la CIA américaine puis du Mossad israélien.

En 1979, avec l’instauration de la République islamique, l’Iran cesse toute relation officielle avec Israël, qu’il ne reconnaît pas. Mais des liens commerciaux informels sont maintenus.

En 1980, le Jihad islamique, d’inspiration iranienne, devient la première organisation palestinienne islamiste à prendre les armes contre Israël.

Mais lors de la guerre Iran-Irak (1980-88), Israël livre à Téhéran quelque 1 500 missiles. La transaction est révélée dans le cadre de l’affaire des ventes d’armes américaines à l’Iran (Irangate), visant à obtenir la libération d’otages américains détenus au Liban.

Des partisans du groupe terroriste libanais Hezbollah saluent à la façon des nazis alors qu’ils se tiennent derrière des motos portant les drapeaux du mouvement chiite dans le district de Marjayoun, au sud du Liban, à la frontière avec Israël, le 25 mai 2020. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

Le Hezbollah, bras armé de l’Iran

En 1982, Israël envahit le Liban pour faire cesser les attaques palestiniennes. Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, aident à la création du Hezbollah, mouvement chiite qui s’implante dans le sud du Liban et mène une lutte armée contre Israël.

L’Iran et le Hezbollah sont accusés par l’État hébreu d’implication dans plusieurs attentats contre des intérêts israéliens ou juifs à l’étranger : en Argentine (29 morts en 1992, 85 morts en 1994) et en Bulgarie (six morts en 2012).

L’Iran s’arme, Israël s’alarme

En 1998, l’Iran affirme avoir testé pour la première fois le missile sol-sol Chahab-3, d’une portée de 1 300 km, capable d’atteindre Israël.

En 2005, le président Mahmoud Ahmadinejad affirme qu’Israël doit être « rayé de la carte ». Il qualifie par ailleurs la Shoah de « mythe ».

Cette même année, l’Iran reprend ses activités d’enrichissement d’uranium à Ispahan (centre).

En juillet 2015, l’Iran conclut avec des grandes puissances internationales un accord censé encadrer son programme nucléaire.

« Israël n’est pas lié par cet accord (…) car l’Iran continue à vouloir notre destruction », prévient le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Israël apporte son soutien aux États-Unis lorsqu’ils annoncent, en mai 2018, se retirer de l’accord.

Sur cette photo publiée le 15 janvier 2021 par les Gardiens de la Révolution iraniens, des missiles sont lancés lors d’un exercice en Iran. Les forces paramilitaires des Gardiens de la Révolution iraniens ont organisé un exercice militaire impliquant des missiles balistiques et des drones dans le désert central du pays, a rapporté la télévision d’Etat, au milieu des tensions accrues sur le programme nucléaire de Téhéran et d’une campagne de pression américaine contre la République islamique. (Crédit : Iranian Revolutionary Guard/Sepahnews via AP)

La Syrie, théâtre d’affrontements

Officiellement en état de guerre avec la Syrie, Israël affirme s’employer à rester à l’écart du conflit qui fait rage chez son voisin depuis 2011.

Mais à partir de 2013, il voit d’un mauvais œil l’intervention militaire du Hezbollah et de son parrain iranien, en soutien au régime de Bashar el-Assad.

Israël a mené depuis le début de la guerre des centaines de frappes, ciblant les troupes gouvernementales, les forces iraniennes et les combattants du Hezbollah.

Alliance contre l’Iran

En novembre 2017, Benjamin Netanyahu évoque la « coopération fructueuse » et « secrète » d’Israël avec des pays arabes, dans un contexte d’inquiétudes face à l’influence grandissante de l’Iran au Moyen-Orient.

En septembre 2020, les Émirats et Bahreïn, alliés de l’Arabie saoudite qui partagent avec Israël une animosité envers l’Iran, signent des accords de normalisation avec l’État hébreu.

De gauche à droite : Le premier ministre Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Abdullatif al-Zayani et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah bin Zayed al-Nahyan sont vus sur le balcon de la Blue Room après avoir signé les accords d’Abraham lors d’une cérémonie sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 15 septembre 2020. (AP Photo/Alex Brandon)

Attaques

Le 27 novembre 2020, l’Iran accuse Israël d’avoir joué un « rôle » dans l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, un scientifique iranien de haut rang travaillant dans le nucléaire.

Le 1er mars 2021, Israël accuse l’Iran d’être à l’origine d’une explosion sur un navire israélien dans le golfe d’Oman, des accusations démenties par Téhéran.

Deux semaines plus tard, l’Iran dit envisager « toutes les options » après une attaque ayant visé un navire iranien en Méditerranée, et pour laquelle tout semble accuser Israël selon Téhéran.

Le 6 avril, un navire iranien, croisant en mer Rouge, est endommagé par une explosion d’origine indéterminée. Des informations de presse font état d’une attaque de « représailles » israélienne.

Le 12, Téhéran accuse Israël d’avoir saboté la veille son usine d’enrichissement d’uranium de Natanz (centre) et promet de se venger et d’intensifier ses activités atomiques. Le 13, il annonce qu’il va « commencer à enrichir l’uranium à 60 % ».

Des médias israéliens rapportent qu’un bateau israélien a été la cible d’une attaque près des côtes émiraties, au large de l’Iran.

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