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Iran : L’abstention, enjeu clé de la présidentielle

Le "facteur peur" pourrait trancher entre le "changement" promis par le candidat réformiste Massoud Pezeshkian opposé à l'ultra-conservateur Saïd Jalili, proche de l'ayatollah Khamenei

Le candidat à la présidence iranienne et réformateur Massoud Pezeshkian votant dans un bureau de vote à Téhéran lors de l'élection présidentielle iranienne, le 28 juin 2024. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Le candidat à la présidence iranienne et réformateur Massoud Pezeshkian votant dans un bureau de vote à Téhéran lors de l'élection présidentielle iranienne, le 28 juin 2024. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Le second tour de la présidentielle en Iran s’annonce très indécis et son issue est liée à la mobilisation des partisans du « changement » promis par le candidat réformiste Massoud Pezeshkian opposé à l’ultra-conservateur Saïd Jalili, selon des experts.

« Jalili et Pezeshkian au coude à coude », a titré dimanche le quotidien gouvernemental Iran pour résumer l’incertitude avant le second tour du 5 juillet.

Le député réformateur Pezeshkian est retourné en campagne avec l’avantage d’être sorti en tête, avec 42,5 % des suffrages, du premier tour de cette présidentielle provoquée par la mort du président Ebrahim Raïssi dans un accident d’hélicoptère en mai.

Il a devancé d’environ un million de voix Jalili, ancien négociateur du dossier nucléaire, qui a obtenu 38,6 %.

Cet ultra-conservateur, considéré comme proche du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a reçu le soutien des autres candidats conservateurs, dont Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement, arrivé troisième avec 13,8 % des voix.

Au-delà des logiques politiques, le second tour se jouera sur la capacité des deux camps, réformateurs et conservateur, à convaincre les abstentionnistes à se rendre dans les bureaux de vote.

Le candidat à la présidence iranienne Saïd Jalili (1er rang, 2e à droite) assistant à un événement de campagne dans un Zurkhaneh, un gymnase traditionnel, à Téhéran, le 30 juin 2024. (Crédit : Raheb Homavandi/AFP)

Rien n’est sûr alors que la participation au premier tour vendredi a atteint, à 39,92 %, son taux le plus bas en 45 ans de République islamique, loin des quelque 80 % des présidentielles de la fin du XXe siècle.

Ce chiffre « montre clairement que les bases des réformistes comme des conservateurs ont considérablement diminué », souligne Ali Vaez, de l’International Crisis Group.

« Facteur peur »

Ce bond de l’abstention est un « véritable camouflet pour les dirigeants », alors que l’ayatollah Khamenei avait exhorté les Iraniens à voter, tout comme les principales figures réformistes et modérés.

Dans un tel climat de défiance, les partisans de Pezeshkian espèrent une mobilisation de ceux qui veulent des « changements fondamentaux », estime le commentateur politique Mohammad Reza Manafi.

Pour lui, les électeurs du député de 69 ans sont réalistes. « Ils ne s’attendent pas à un miracle ni à des améliorations rapides, mais espèrent qu’il pourra progressivement empêcher la situation de s’aggraver. »

« Le facteur peur lié à Saïd Jalili ne peut être négligé », avance Vaez. « Une partie de ceux qui n’ont pas voté pourraient le faire au second tour, non pas parce qu’ils espèrent le meilleur, mais parce qu’ils craignent le pire. »

Les problèmes économiques et sociaux, liés notamment à une forte inflation, font partie des préoccupations majeures des électeurs, qui s’inquiètent aussi de l’implication de l’Iran dans les crises internationales, comme la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et le risque d’une extension au Liban.

Le candidat à la présidence iranienne Saïd Jalili saluant ses partisans alors qu’il quitte un événement de campagne dans un Zurkhaneh, un gymnase traditionnel, à Téhéran, le 30 juin 2024. (Crédit : Raheb Homavandi/AFP)

A contrario, Jalili attire les Iraniens partisans d’une ligne très ferme face aux pays occidentaux, les États-Unis en tête, sous le slogan « pas de compromis, pas de capitulation ».

L’ultra-conservateur occupe actuellement un rôle stratégique en représentant l’ayatollah Khamenei au Conseil suprême de sécurité nationale, la plus haute instance de sécurité en Iran.

Pour le journal réformateur Etemad, le second tour représente « la compétition finale entre partisans et opposants à l’accord » nucléaire signé en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, puis dénoncé trois ans plus tard par les États-Unis.

Quel qu’il soit, le futur élu n’aura pas les coudées franches.

Le président n’est en effet que le numéro deux de la République islamique, sous l’autorité du guide suprême qui fixe les grandes lignes politiques et a le dernier mot. Il doit aussi tenir compte de la forte influence des grandes institutions comme le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime du pouvoir.

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