Iran : l’interdiction de zumba agace les Iraniennes
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Iran : l’interdiction de zumba agace les Iraniennes

Les adeptes de ce sport ont été choquées d’apprendre que les autorités considéraient que cette activité allait à l'encontre de la loi islamique ; “nous, en tant que femmes, sommes privées d'un petit bonheur”, dénoncent-t-elles

Des danseurs Zumba (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Des danseurs Zumba (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Une décision du gouvernement iranien interdisant les classes de zumba a poussé les amatrices de remise en forme iraniennes à être vent debout cette semaine, après qu’une grande fédération sportive a soutenu que l’activité féminine contrevient à l’idéologie islamique.

Dans une lettre adressée au ministère iranien de la Jeunesse et des Sports, la Fédération iranienne du sport pour tous a insisté sur la suspension d’un certain nombre d’activités, dont la zumba, car elles « comprennent des mouvements rythmiques et de danse, qui sont illégaux sous quelque forme et titre », a rapporté la BBC.

Selon un journaliste du Los Angeles Times à Téhéran, la proposition a déjà été acceptée et l’interdiction est entrée en vigueur, du moins à certains endroits.

Dans la lettre datée du 7 juin, la fédération a exhorté au développement de « l’athlétisme pour tous dans le cadre de l’idéologie islamique suprême ».

Cour de zumba en plein air. Illustration. (Crédit : Nati Shochat/Flash90)
Cour de zumba en plein air. Illustration. (Crédit : Nati Shochat/Flash90)

La zumba, un sport qui comprend de la danse colombienne et de l’aérobic sur de la musique entraînante, a envahi le monde ces dernières années et est un cours collectif que l’on retrouve dans les clubs de fitness un peu partout. Le LA Times a rapporté qu’en Iran comme ailleurs, la zumba a gagné une popularité immense dans les salles de sport de toute la République islamique.

Un responsable religieux iranien cité par le Times a expliqué que « tout mouvement harmonieux ou exercice rythmique, s’il est pour la recherche de plaisir, est interdit » en vertu de la loi islamique.

« C’est incroyable », s’est insurgée l’instructrice de zumba, Sepideh Abozari, lors d’une interview accordée au Times. « Les autorités s’inquiètent-elles d’une pandémie de zumba ? »

Les femmes iraniennes ont été choquées et perturbées par l’interdiction, a-t-elle poursuivi.

« Même dans les zones à faible revenu en périphérie de Téhéran où j’habite […] les femmes paient l’équivalent d’un mois de salaire pour participer au cours de zumba pour rester en forme, dans leur corps et dans leur esprit, sous un rythme heureux. »

BBC News a cité un responsable d’une salle de sport à Téhéran qui a déclaré à un journal local : « nous enseignons la zumba depuis 12 à 13 ans et, s’ils l’interdisent, nous continuerons notre classe sous un autre nom. »

« La zumba est l’une des activités les plus rentables et les clubs ne peuvent pas l’ignorer », a-t-il déclaré.

Zohre Safavizadeh, une amatrice de zumba, a déclaré au Times que l’interdiction était une revanche des extrémistes qui cherchait à se venger de la victoire des modérés lors des élections nationales du mois dernier et de la réélection du président Hassan Rouhani, qui a promis aux Iraniens de plus grandes libertés.

« Les extrémistes veulent défaire ce qui a été promis par le président Rouhani », a-t-elle souligné, et donc « nous, en tant que femmes, sommes privées d’un petit bonheur ».

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