Iran : Négociations pour une indemnisation des victimes du Boeing abattu
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Iran : Négociations pour une indemnisation des victimes du Boeing abattu

Le "groupe de coordination" des 5 pays dont des ressortissants sont morts dans le crash en janvier a signé un "protocole d'entente" ouvrant la voie à des négociations avec Téhéran

Des secouristes fouillent la zone où un avion ukrainien s'est écrasé à Shahedshahr, au sud-ouest de la capitale Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2020. (Crédit : AP / Ebrahim Noroozi)
Des secouristes fouillent la zone où un avion ukrainien s'est écrasé à Shahedshahr, au sud-ouest de la capitale Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2020. (Crédit : AP / Ebrahim Noroozi)

Le Canada a annoncé jeudi un accord pour lancer des négociations avec l’Iran sur l’indemnisation des familles des victimes étrangères du Boeing ukrainien abattu en janvier, la Suède se disant persuadée que Téhéran allait payer.

Le « groupe de coordination » des pays dont des ressortissants sont morts dans le crash du vol PS752 en janvier dernier (Canada, Royaume-Uni, Ukraine, Suède et Afghanistan), a signé un « protocole d’entente » ouvrant formellement la voie à des négociations avec Téhéran, selon un communiqué d’Ottawa.

« Les cinq Etats ont créé la structure juridique nécessaire pour entamer ces négociations », a expliqué à l’AFP le ministre canadien des Affaires étrangères François-Philippe Champagne.

« C’est un premier pas, nécessaire mais ce n’est qu’un premier pas, pour entamer les négociations pour obtenir des réparations pour les familles des victimes », a-t-il souligné.

Des secouristes fouillent la zone où un avion ukrainien s’est écrasé, à Shahedshahr, au sud-ouest de la capitale Téhéran, en Iran, le mercredi 8 janvier 2020. (Crédit : AP Photo / Ebrahim Noroozi)

Quelques heures plus tôt, la ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde avait pour sa part affirmé à l’agence suédoise TT que Téhéran avait accepté d’indemniser les familles des victimes étrangères du Boeing abattu par erreur par l’Iran le 8 janvier dernier.

« Il n’y a aucun doute sur le fait » que Téhéran va payer, a-t-elle estimé. « En revanche nous ne savons pas de quel montant il va s’agir, les négociations doivent le clarifier. »

« Nous avons signé un accord de principe selon lequel nous allons négocier avec l’Iran sur les indemnisations aux proches des victimes », a déclaré la ministre.

L’Ukraine, désigné porte-parole du groupe de coordination pour ces négociations, sera chargé de proposer une date à Téhéran pour le lancement des pourparlers, a précisé de son côté M. Champagne.

« Ce genre de négociations prend généralement plusieurs mois voire des années », a souligné le chef de la diplomatie canadienne, dont le pays préside ce groupe de coordination.

« L’Iran nous avait indiqué son désir d’entamer des négociations. Je juge toujours l’Iran non pas sur ses paroles mais sur ses actions », a-t-il prévenu.

Un autel avec des photographies des victimes qui ont été tuées dans un accident d’avion en Iran pendant une veillée à leur mémoire, le 9 janvier 2020 à Ottawa, au Canada. (Crédit : Dave Chan/Getty Images/AFP)

Les 176 victimes de ce drame étaient principalement des Irano-Canadiens, mais également des Afghans, des Britanniques et des Suédois ainsi que onze Ukrainiens. Le Canada a été le plus durement touché, avec 85 victimes au total (citoyens canadiens et résidents permanents).

Fin juin, l’Iran a officiellement demandé l’assistance du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) dans la récupération des données des boîtes noires de l’appareil, avait annoncé l’organisme français, internationalement reconnu pour son expertise en la matière.

Ottawa réclamait depuis des mois que l’Iran, qui ne dispose pas de moyens techniques permettant d’extraire et déchiffrer les données des boîtes noires, transmette celles-ci à l’étranger pour analyse.

Les forces armées iraniennes avaient reconnu le 11 janvier avoir abattu « par erreur » trois jours plus tôt l’appareil qui venait de décoller de Téhéran à destination de Kiev.

Les défenses aériennes de l’Iran étaient en état d’alerte élevé après que la République islamique eut tiré des missiles sur une base irakienne abritant des soldats américains pour venger le puissant général iranien Qassem Soleimani, tué dans une frappe de drone américaine à Bagdad quelques jours auparavant.

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