Iran : Pompeo accuse les Européens de « s’aligner sur les ayatollahs »
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Iran : Pompeo accuse les Européens de « s’aligner sur les ayatollahs »

Paris, Londres et Berlin ne soutiennent pas l'initiative prise à l'ONU par les Etats-Unis pour réclamer le rétablissement des sanctions internationales contre l'Iran

Le secrétaire d'État américain Michael Pompeo lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 20 mars 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le secrétaire d'État américain Michael Pompeo lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 20 mars 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a accusé jeudi Paris, Londres et Berlin d’avoir « choisi de s’aligner sur les ayatollahs » iraniens plutôt que d’honorer leur alliance avec les Etats-Unis qui veulent rétablir les sanctions de l’ONU contre l’Iran.

« Nos amis en Allemagne, en France et au Royaume-Uni m’ont dit en privé qu’ils ne voulaient pas que l’embargo sur les armes » visant l’Iran « soit levé », a-t-il dit à l’ONU à New York. « Et pourtant ils ont choisi de s’aligner sur les ayatollahs » en ne votant pas en faveur de la résolution américaine pour le prolonger, a-t-il ajouté.

Washington a essuyé un revers retentissant la semaine dernière au Conseil de sécurité de l’ONU, quand un seul autre pays a voté en faveur de son projet de résolution pour prolonger cet embargo sur les armes conventionnelles qui expire en octobre. Les Européens se sont abstenus en reprochant au gouvernement de Donald Trump de n’avoir pas vraiment cherché un compromis avec la Russie et la Chine, qui disposent d’un droit de veto.

Affirmant n’avoir « pas d’autre choix », notamment pour prolonger l’embargo, Mike Pompeo a activé jeudi formellement à l’ONU une procédure controversée pour réclamer le rétablissement de toutes les sanctions internationales contre Téhéran, accusé d’avoir violé l’accord de 2015 sur le nucléaire.

Les Etats-Unis ont déclenché ce mécanisme, dit « snapback », au titre d’un des « participants » à l’accord de 2015 (dit JCPoA). Or « la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni notent que les Etats-Unis ont cessé d’être un participant au JCPoA à la suite de leur retrait de l’accord » en 2018, soulignent leurs chancelleries, qui ne peuvent « pas soutenir cette initiative, incompatible avec nos efforts actuels de soutien au JCPoA ».

« Nous demeurons engagés en faveur du JCPoA en dépit des défis majeurs engendrés par le retrait des Etats-Unis » et nous sommes convaincus que nous devons traiter la question du non-respect systématique par les Iraniens de leurs engagements en vertu du JCPoA dans le cadre d’un dialogue entre les participants à l’accord », déclarent les trois pays européens.

« Nous appelons instamment l’Iran à revenir sur toutes ses actions incompatibles avec ses engagements nucléaires et à revenir sans délai à leur plein respect », soulignent-ils.

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