Iran-Syrie : Netanyahu réunit les hauts responsables de la Défense
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Iran-Syrie : Netanyahu réunit les hauts responsables de la Défense

Des officiels iraniens accusent Israeël, affirmant que les tirs de missiles de lundi "ne resteront pas sans réponses" après qu’au moins sept Iraniens ont été tués dans une base

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, est informé de l'escalade à la frontière nord avec Gadi Eizenkot, chef d'état-major de l'armée israélienne, et le ministre de la Défense Avigdor Liberman, le 10 février 2018. (Crédit : Ariel Hermoni / Ministère de la Défense)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, est informé de l'escalade à la frontière nord avec Gadi Eizenkot, chef d'état-major de l'armée israélienne, et le ministre de la Défense Avigdor Liberman, le 10 février 2018. (Crédit : Ariel Hermoni / Ministère de la Défense)

L’armée israélienne a été placée en alerte maximale alors que les tensions se renforcent le long de la frontière nord et que l’Iran menace de se venger de la frappe aérienne sur une base syrienne qui aurait tué au moins 14 personnes, y compris des militaires iraniens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu mercredi en petit comité avec les officiels clefs de la Défense sur la situation sécuritaire aux frontières nord du pays alors que l’Iran menace de riposter après la frappe aérienne mortelle sur la Syrie attribuée à Israël.

Netanyahu a consulté le Chef d’Etat major Eizenkot, la Conseiller à la Sécurité Nationale Meir Ben-Shabbat, le chef du renseignement militaire le général Tamir Hyman, le chef de l’armée de l’air, le général Amikam Norkin, et le Ministre de la Défense Avidgor Liberman.

Netanyahu a également donné l’ordre aux ministres du Likud de ne pas faire de commentaires publics sur la situation sécuritaire à cause de la « sensibilité des circonstances ».

Les consultations sont intervenues à l’approche d’une réunion du cabinet de sécurité qui est prévue pour plus tard mercredi.

La Russie, la Syrie, l’Iran et les Etats-Unis ont tous dit qu’Israël avait mené le tir de missiles lundi avant l’aube sur la base aérienne T-4 à proximité de Palmyre, au centre de la Syrie. Des officiels israéliens ont refusé de commenter la frappe qui aurait au moins fait 14 morts, y compris sept militaires iraniens.

Mardi, un haut conseiller du Guide Suprême de l’Iran Ayatollah Ali Khamenei a menacé Israël d’un raid aérien.

« Les crimes ne resteront pas sans réponses », a déclaré Ali Akbar Velayati lors d’une visite en Syrie, selon l’Agence de Presse officielle de la République islamique.

Israël a régulièrement exprimé sa préoccupation concernant la présence iranienne en Syrie, craigant l’implantation à long terme des forces hostiles dans le pays voisin.

Mardi, le ministre de la Défense Avidgor Liberman a semblé faire allusion à l’attaque, déclarant qu’Israël « ne permettrait pas à l’Iran de s’implanter en Syrie. Quel qu’en soit le prix ».

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 11 avril 2018. (Crédit : Yoav Ari Dudkevitc / Flash90)

La Russie, la Syrie, l’Iran et les Etats-Unis ont tous dit qu’Israël avait mené le tir de missiles lundi avant l’aube sur la base aérienne T-4 à proximité de Palmyre, au centre de la Syrie. Des officiels israéliens ont refusé de commenter la frappe.

Mardi, un haut conseiller du Guide suprême iranien l’Ayatollah Ali Khamenei a menacé Israël. « Les crimes ne resteront pas sans réponses », a déclaré Ali Akbar Velayati lors d’une visite en Syrie, selon l’Agence de Presse officielle de la République islamique.

Le ministère des Affaires étrangères de l’Iran a également accusé Israël d’une agression flagrante en Syrie à la suite de l’attaque

Des officiels israéliens n’ont pas semblé prendre à la légère la menace de riposte, soit par l’Iran, soit par son allié, le groupe terroriste du Hezbollah.

Mardi, le ministre de la Défense Avidgor Liberman a semblé faire allusion à l’attaque, déclarant qu’Israël « ne permettrait pas à l’Iran de s’implanter en Syrie. Quel qu’en soit le prix ».

Toujours dans la lignée de la position d’ambiguïté d’Israël sur les attaques menées en dehors de ses frontières, le ministre de la Défense a commencé ses remarques par un étrange « je ne sais pas ce qui s’est passé ».

« Accepter l’implantation iranienne en Syrie reviendrait à accepter que les Iraniens nous prennent au cou. Nous ne pouvons pas l’accepter », a déclaré Liberman.

Dans un commentaire très inhabituel, l’agence de presse semi-officielle iranienne Fars a reconnu que des « conseillers militaires iraniens » avaient été tués dans l’attaque de lundi sur la base militaire.

L’agence de médias Tasnim, qui est affiliée au Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne, (CGRI) a précisé que sept membres du CGRI avaient été tués dans la frappe, y compris un officier de haut rang, le colonel Mehdi Dehghan, qui aurait servi dans l’une des unités du groupe des drones.

Le communiqué de presse de lundi du ministère des Affaires étrangères iranien ne faisait mention d’aucuns morts.

Cela correspondait à la deuxième fois que l’Iran a reconnu avoie subi des pertes humaines en Syrie. La première fois était en 2015 quand un général du CGRI avait été tué dans une frappe ciblant un chef du Hezbollah Jihad Mughniyeh, qui a aussi été attribuée à Israël.

A cette occasion, le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran, avait riposté 10 jours plus tard avec une ambuscade, tirant des missiles anti-tanks contre deux jeeps de l’armée israélienne, tuant deux soldats et en blessant sept autres.

Tehran, aux côtés de Moscou, est l’allié principal du président syrien Bachar Assad, et a joué un rôle important dans les récentes victoires.

Le régime syrien et Moscou ont accusé Israël d’avoir mené la frappe de lundi, déclarant plus tard ce matin là que deux avions de chasse F-15 israéliens ont tiré huit missiles sur la base, dont certains ont été abattus en vol.

L’Observatoire syrien pour les Droits de l’Homme, qui surveille le conflit dans le pays, a déclaré que 14 personnes avaient été tuées, y compris des officiers de l’armée syrienne et du personnel iranien. Le régime syrien n’a pas confirmé le nombre de victimes, mais a dit qu’il « y a des martyrs et des blessés ».
Plus tard, des officiels américains ont confirmé à NBC News qu’Israël avait mené la frappe et qu’ils avaient été prévenus à l’avance.

Israël aurait mené de nombreuses frappes à l’intérieur de la Syrie depuis 2013, ciblant le régime et son pire ennemi libanais du Hezbollah, qui est soutenu par l’Iran.

L’Iran a déployé des milliers de combattants en Syrie, présentés comme des volontaires d’Afghanistan et du Pakistan et entraînés localement par les « conseillers militaires » iraniens. L’Iran nie avoir une présence militaire dans le pays ravagé par la guerre.

L’Iran ne reconnaît pas l’existence d’Israël, appelle et prédit régulièrement sa disparition.
Israël perçoit Téhéran, sous le régime des ayatollahs, comme une menace existentielle qui cherche à obtenir des armes nucléaires et finance des groupes terroristes armés, notamment le Hezbollah, groupe terroriste libanais à la frontière nord d’Israël.

Israël a régulièrement exprimé sa préoccupation concernant la présence iranienne en Syrie, craigant l’implantation à long terme des forces hostiles dans le pays voisin.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi qu’Israël frapperait quiconque ayant l’intention de nuire au pays, donnant l’impression de faire une référence indirecte à la frappe de missile.

« Nous avons une règle claire et simple, et nous cherchons à l’exprimer constamment : si quelqu’un essaie de t’attaquer, lève-toi et attaque-le », a dit Netanyahu.

Israël a conduit une frappe aérienne contre la base T-4, aussi connue sous le nom de Tiyas, le 10 février, après qu’un opérateur iranien qui y travaillait a fait voler un drone iranien dans le territoire israélien, selon l’armée. Cette incursion a engendré une série d’affrontements aériens qui ont conduit à la destruction du drone iranien, au crash d’un F-16 israélien abattu par un tir syrien anti-aérien et à la destruction d’un pourcentage significatif de défenses aériennes de Syrie.

« L’Iran et la Force Quds [de l’unité spéciale du CGRI] opèrent depuis un certain temps sur la base aérienne T-4 en Syrie à proximité de Palmyre, avec le soutien de l’armée syrienne et avec la permission du régime syrien », avait déclaré Tsahal dans un communiqué de l’époque.

Yoav Galant, ministre du Logement et de la Construction, prend la parole lors de la conférence internationale annuelle de l’Institut d’études sur la sécurité nationale à Tel Aviv, le 31 janvier 2018 (Flash90)

Le ministre de la Construction et du Logement Yoav Galant, un ancien général de l’armée israélienne et membre du cabinet de sécurité d’Israël, n’a pas voulu commenter directement l’attaque, mais a rappelé mardi les « lignes rouges » que Jérusalem considère être des motifs pour lancer des frappes.

« En Syrie, de nombreuses forces, de différents corps et coalitions, opèrent. Chacun dit ce qu’il dit et nie ce qu’il nie, a-t-il déclaré à la radio publique.

« Nous avons des intérêts clairs en Syrie et nous avons mis des lignes rouges. Nous ne permettrons pas que des armes passent de la Syrie au Liban, et nous ne permettrons pas la création d’une base iranienne ».

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