Israël envisage de nouvelles restrictions sanitaires, le Trésor fulmine
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Israël envisage de nouvelles restrictions sanitaires, le Trésor fulmine

Le chef du ministère des Finances exhorte les responsables de la santé à éviter une fermeture plus stricte, craignant un préjudice économique "irréversible"

Un homme portant un masque passe à côté de restaurants fermés à Jérusalem, le 15 mars 2020. (Nati Shohat/Flash90)
Un homme portant un masque passe à côté de restaurants fermés à Jérusalem, le 15 mars 2020. (Nati Shohat/Flash90)

Alors que le gouvernement est sur le point de se réunir pour envisager un renforcement de la lutte contre l’épidémie dans un contexte de taux d’infection en hausse, le haut responsable du ministère des Finances israélien a averti mardi qu’un nouvel étouffement de l’économie pourrait causer des dommages « irréversibles ».

Le directeur général adjoint du ministère de la Santé, Itamar Grotto, a déclaré que le ministère de la Santé exigerait, comme condition pour mettre fin au confinement, une baisse du taux d’infection dans les tests nationaux à 7 %. Les tests positifs sont actuellement de l’ordre de 11 à 12 %. Si les tests restent au taux moyen actuel de quelque 50 000 par jour, cela signifierait environ 3 500 cas par jour ou moins.

Lors de sa réunion, le gouvernement devrait examiner les nouvelles restrictions cinq jours seulement après avoir déclaré un confinement de trois semaines qui a entraîné la fermeture d’écoles et de nombreuses entreprises. Craignant que le système de santé ne soit submergé par de nouveaux cas graves dans les jours à venir, les médias hébreux ont rapporté que les nouvelles restrictions à envisager comprennent une limitation supplémentaire de la fréquentation des lieux de travail, la clôture des synagogues et de nouvelles restrictions sur les prières publiques et la fermeture de tous les marchés, y compris ceux qui vendent les quatre espèces de plantes pour la fête de Soukkot.

Dans une lettre adressée à Chezy Levy, directeur général du ministère de la Santé, Keren Terner Eyal, directrice générale du ministère des finances, a averti que de nouvelles restrictions sur le travail auraient « un coût dramatique et douloureux pour l’économie qui atteindra des milliards de shekels à court terme, ainsi que des conséquences économiques et sociales dramatiques à long terme ».

Elle a noté que les chiffres de la mortalité accusent un retard d’environ deux semaines sur les mesures destinées à les contenir, « de sorte que toute décision sur de nouvelles mesures qui nuiraient davantage à l’économie quelques jours seulement après la mise en place des restrictions [existantes], et avant que nous ayons une vision claire des effets sur la santé (et certainement des effets économiques) de la fermeture du commerce, des restaurants et des divertissements, et du système éducatif, est prématurée ».

Keren Terner Eyal a fait valoir que les avantages pour la santé des nouvelles restrictions ne sont pas proportionnels aux dommages économiques qu’elles causeraient, ce qui a un coût à long terme.

La police installée à un checkpoint temporaire aux abords de la Vieille Ville de Jérusalem durant un confinement national dû au coronavirus, le 19 septembre 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« La mesure ayant le plus grand coût économique serait la fermeture des lieux de travail, qui risque de causer des dommages irréversibles à moyen et long terme », a-t-elle écrit, appelant à « éviter un autre coup dur à l’économie avant que le public et les propriétaires d’entreprises n’aient eu la chance de mettre en œuvre les importantes mesures préventives déjà en place ».

L’avertissement du ministère des Finances intervient le lendemain de la mise en garde de M. Levy, qui a déclaré que le système de santé était sur le point d’être surchargé dans certains endroits.

Le centre médical Shaare Zedek de Jérusalem et le centre médical Assuta d’Ashdod ont annoncé lundi qu’ils ne pourraient plus accueillir de nouveaux patients atteints de coronavirus car ils n’avaient plus de place pour eux. Ces annonces ont été faites alors que Chezy Lévy ordonnait aux hôpitaux de suspendre les opérations chirurgicales non urgentes et de consacrer davantage de ressources à la lutte contre la pandémie.

« Nous prévoyons de terminer les 10 prochains jours avec une augmentation de 200 à 300 patients graves, sous respirateur ou en état critique », a écrit lundi M. Levy aux administrateurs des hôpitaux. « Je vous demande de traiter cette situation comme une situation d’urgence pour le système de santé. Les hôpitaux doivent mettre fin aux procédures non urgentes et non essentielles ».

Selon le ministère de la Santé, en plus de Shaare Zedek et Assuta, les services de lutte contre les coronavirus d’un certain nombre de grands hôpitaux du pays ont dépassé leur capacité d’accueil – Hadassah Ein Kerem à Jérusalem (143 %), l’hôpital Laniado de Netanya (111 %), le centre médical Sheba de Ramat Gan (119 %) et le centre médical Kaplan de Rehovot (121 %).

Des employées du centre médical Soroka de Beer Sheva dans l’unité de coronavirus de l’hôpital, le 15 septembre 2020 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

L’argument de la santé semble avoir gagné mardi, les ministres ayant fait savoir aux médias avant la réunion du cabinet que la réduction du taux d’infection était la priorité absolue pour le moment.

« Nous n’aurons pas d’autre choix que de renforcer les restrictions de manière échelonnée, probablement après Yom Kippour », a déclaré mardi matin le ministre de la Justice Avi Nissenkorn.

« Si le confinement ne fonctionne pas », a commenté le ministre de l’Énergie Yuval Steinitz, « alors dans un mois, toutes ces estimations selon lesquelles le nombre de personnes gravement malades atteindra 800 ne seront plus pertinentes – nous aurons dépassé la barre des 1 200 ».

Deux universitaires conseillant le cabinet coronavirus, Yinon Ashkenazi de l’Université hébraïque et Eran Segal de l’Institut Weizmann, ont avancé ce chiffre. Ce week-end même, ont-ils prévenu, Israël semblait prêt à dépasser la barre des 800 – un chiffre souvent cité comme la limite supérieure à laquelle les hôpitaux israéliens pouvaient raisonnablement faire face – et à atteindre les 1 600 à la mi-octobre.

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