Israël met fin au mandat d’observateurs internationaux à Hébron
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Israël met fin au mandat d’observateurs internationaux à Hébron

La mission civile d'observation avait pour principale tâche de recenser et rapporter les violations commises par les Israéliens ou par les Palestiniens

Des observateurs du TIPH, une mission de surveillance internationale, marchent dans une rue de Hébron le 19 novembre 2007 (Nati Shohat/Flash90).
Des observateurs du TIPH, une mission de surveillance internationale, marchent dans une rue de Hébron le 19 novembre 2007 (Nati Shohat/Flash90).

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé lundi qu’Israël mettait fin au mandat d’une mission internationale d’observateurs basée à Hébron, une ville de Cisjordanie où les tensions sont vives entre Palestiniens et Israéliens.

« Nous n’autoriserons pas la poursuite de la présence d’une force internationale qui agit contre nous », a affirmé M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

La mission d’observateurs, baptisée « TIPH » (Présence internationale temporaire), est déployée à Hébron en vertu d’un accord israélo-palestinien, conclu après le massacre en février 1994 par un Israélien de 29 Palestiniens priant dans le Caveau des Patriarches, lieu saint pour les juifs et les musulmans.

Elle comprend une soixantaine d’observateurs de nationalité norvégienne, suédoise, italienne, suisse et turque et son mandat est renouvelé tous les six mois. Le Danemark n’est plus contributeur.

Cette décision survient après que des résidents d’implantations et des policiers se sont plaints que les membres de la TIPH « créaient délibérément des frictions afin de justifier leur importante rémunération ».

Dans un rapport au début du mois, la police a déclaré que les membres de la TIPH perturbaient le travail des soldats aux checkpoints et confrontaient régulièrement les troupes israéliennes.

Les résidents et le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan avaient exhorté Netanyahu à mettre fin à cette mission pour la fin du mois de janvier, et à ne pas la renouveler.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre à la Sécurité intérieure Gilad Erdan arrivent à une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 1er octobre 2017 (Crédit : Amit Shabi/POOL/Flash90)

Hébron est la plus grande ville de Cisjordanie. Elle est la seule où vivent 600 Israéliens protégés par des milliers de soldats, des blocs de béton et des miradors, au milieu de 200 000 habitants palestiniens.

Une vue générale de la ville de Hébron, en Cisjordanie, avec le tombeau des patriarches, le 18 janvier 2017 (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)

La ville est souvent décrite comme une poudrière. Les tensions sont particulièrement vives autour du tombeau des Patriarches – la mosquée d’Ibrahim pour les musulmans -, au cœur de la Vieille Ville, où reposent selon la tradition plusieurs figures bibliques dont Abraham.

La mission civile d’observation a pour principale tâche de recenser et rapporter les violations commises par les Israéliens ou par les Palestiniens. Elle n’est pas autorisée à intervenir directement lors d’éventuels incidents.

Israël a porté plainte contre certains des membres de cette mission ces dernières années, que les Israéliens accusent de partialité.

Gilad Erdan a déclaré, à l’issue de l’annonce, que les membres de la TIPH « avaient perturbé les soldats et la police, créé des frictions avec les résidents, coopéré avec des organisations extrémistes et encouragé la délégitimation d’Israël ».

La vice-ministre des Affaires étrangères et le ministre des Affaires de Jérusalem Zeev Elkin, tous deux membres du Likud, ont salué cette annonce.

Le député Mordechai Yogev (HaBayit HaYehudi) a déclaré que le mandat du TIPH aurait dû prendre fin « dès lors qu’il était composé de [personnes] qui détestent Israël, qui sont biaisées et qui ont porté atteinte à des Juifs et à des biens juifs. Hébron a été, est, et sera à nous. »

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