Israël prêtera main forte à l’Égypte dans sa lutte contre l’État islamique
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Israël prêtera main forte à l’Égypte dans sa lutte contre l’État islamique

Jérusalem a déjà autorisé le déploiement de forces supplémentaires égyptiennes dans le Sinaï, et, selon des rapports étrangers, y a mené des frappes contre des terroristes avec des drones

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), avec le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, (à droite), à New York, le 18 septembre 2017. (Crédit : Avi Ohayun/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), avec le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, (à droite), à New York, le 18 septembre 2017. (Crédit : Avi Ohayun/GPO)

Israël a aidé l’Égypte dans sa lutte contre l’insurrection de l’État islamique dans la péninsule du Sinaï, selon des rapports étrangers, notamment en partageant des informations et aurait même réalisé des frappes visant des terroristes depuis des drones. On parle également d’aide sous forme d’échange significatif d’information.

Mais à la suite de l’attaque terroriste la plus meurtrière perpétrée sur le sol égyptien vendredi, des officiels israéliens sont restés évasifs quant à des actions particulières qui seraient menées par Israël après le massacre dévastateur de la mosquée qui a tué plus de 300 personnes, dont au moins 27 enfants.

« Les autorités israéliennes de Défense ont exprimé leur solidarité et, comme toujours, leur volonté de prêter main forte à chaque pays afin de combattre le terrorisme », a déclaré un officiel de la sécurité israélienne dimanche, sous couvert d’anonymat.

« C’était comme ça par le passé, et ce sera aussi comme ça pour l’avenir » a-t-il ajouté.

A la question de savoir si Israël coopérait avec les Égyptiens, le ministre des Finances, Moshe Kahlon, a déclaré dans une interview à la Treizième chaîne que « ce sujet doit être débattu en conseil des ministres ».

De façon plus officielle, Israël a aussi autorisé depuis 2013 le déploiement de forces égyptiennes supplémentaires dans le Sinaï, au-delà de la limite prévue par les accords de paix de 1979 entre les deux pays. Des armes lourdes, tels que des tanks, de l’artillerie et des hélicoptères, ont été transférées dans la péninsule pour y combattre les islamistes, signe que Jérusalem ne se sent pas menacée par ces armes lourdes.

Selon des articles égyptiens parus dimanche, l’Égypte devrait cependant demander de nouveau à Israël l’autorisation d’apporter encore plus de troupes armées dans cette région sous tension. Un porte-parole militaire égyptien n’a pour le moment pas confirmé cette allégation.

L’État islamique, qui mène des raids mortels dans le Sinaï, n’a pas revendiqué l’attaque, mais il est le suspect numéro un car le groupe terroriste a qualifié les musulmans soufis « d’hérétiques ».

Une déclaration du procureur général égyptien, Nabil Sadeq, indique que l’attaque de vendredi a fait également 128 blessés.

Il a indiqué que les terroristes sont arrivés à la mosquée près de la petite ville de Bir al-Abd dans cinq véhicules tout-terrain, se sont disposés devant l’entrée principale et les 12 fenêtres de l’établissement. Après avoir provoqué une explosion dans la mosquée, ils ont ouvert le feu sur les fidèles fuyant la mosquée.

« C’est une menace sérieuse et un défi. Ces gens des ténèbres qui massacrent indifféremment des enfants, des familles, des adultes et des personnes âgées » a déclaré dimanche un officiel de le Défense.

Le bureau du Premier ministre a condamné samedi la « terrible et ignoble attaque terroriste perpétrée à la mosquée près d’Al-Arish, et envoyé ses condoléances au président (Abdel-Fattah) al-Sissi, à la nation égyptienne, et aux familles des victimes, au nom de tous les citoyens d’Israël ».

Dans la déclaration, le Premier ministre ajoute que « le terrorisme sera vaincu plus vite si toutes les nations œuvrent ensemble contre ce fléau ».

Samedi encore, le président Reuven Rivlin a condamné l’attaque, la qualifiant de « mal à l’état pur ».

En réponse à cette attaque épouvantable, l’armée égyptienne a lancé une campagne de représailles, ses avions détruisant les véhicules utilisés dans l’attaque de la mosquée et visant des lieux de stockage d’armes, selon une déclaration ce vendredi du porte-parole égyptien de l’armée, Tamer el-Refai.

Israël a eu relativement peu de confrontations directes avec les groupes affiliés à l’État islamique dans le Sinaï, bien qu’il ait eu plus de tensions avec ses prédécesseurs, Ansar Bait al-Maqdis.

Les jihadistes avaient alors lancé des roquettes sur Israël à de multiples reprises, le plus récemment en octobre. La plus menaçante a eu lieu en février, lorsque plusieurs missiles avaient été tirés sur la ville d’Eilat, loin des bases du groupe terroriste dans le nord Sinaï.

Selon des analystes, les attaques de roquettes contre Israël sont plus des exercices de propagande que des tentatives sérieuses de déclencher une guerre avec l’État juif.

En juillet, Bloomberg a révélé qu’Israël menait diverses attaques de drones contre les groupes affilés à l’État islamique dans le Sinaï, citant un ancien officiel dont le nom n’a pas été divulgué.

Les raids aériens ont été menés en connaissance et avec la bénédiction de l’Egypte, toujours selon cet officiel, qui a parlé au site d’information américain sous couvert d’anonymat.

Selon les rapports étrangers, Jérusalem et Le Caire coopèrent depuis longtemps en matière de sécurité dans le Sinaï et à Gaza. Cependant, le rapport a jeté une nouvelle lumière sur la coopération sécuritaire secrète des deux pays, qui sont devenus extrêmement proches sur le front politique.

Les islamistes du Sinaï, qui ont prêté allégeance à l’État islamique en 2014, ont lancé une insurrection contre les forces égyptiennes depuis l’éviction du président Hosni Moubarak en 2011.

Les affrontements se sont intensifiés ces dernières années, depuis le coup d’état en 2013 par l’actuel président Abdel-Fattah al-Sissi qui a évincé du pouvoir Mohammed Morsi, le chef des Frères musulmans.

Les deux pays sont en quelque sorte entrés dans l’âge d’or de leurs relations depuis que Sissi assure la présidence de l’Egypte.

« C’est une des meilleures périodes que nous ayons eue » en matière de coopération entre les deux gouvernements, déclarait l’année dernière l’ambassadeur israélien au Caire, Haïm Koren. « Il y a une bonne coopération entre les deux armées, nous avons des accords sur la péninsule du Sinaï, et, en gros, nous partageons le même point de vue sur le développement de la région ».

Après des décennies de guerres suivies d’années de paix précaire, Israël devient de plus en plus un allié connu de Sissi, de même que la puissance saoudienne et les plus petits et riches États du Golfe.

Israël loue souvent Sissi pour sa position ferme sur le terrorisme, et le considère comme un allié-clé dans ce qu’il considère comme une bataille commune contre les extrémistes islamistes.

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