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Israël se porte garant des compagnies qui maintiennent leurs vols vers la Russie

Les garanties financières seront étendues aux transporteurs israéliens car ils ne peuvent pas obtenir d'assurance ordinaire ; la plupart des compagnies occidentales boycottent Moscou

Des ouvriers chargeant des paquets de l'aide humanitaire israélienne pour venir en aide aux personnes prises dans les combats en Ukraine, à l'aéroport Ben Gurion, le 1er mars 2022 (Crédit : Tsafrir Abayov /AP Photo).
Des ouvriers chargeant des paquets de l'aide humanitaire israélienne pour venir en aide aux personnes prises dans les combats en Ukraine, à l'aéroport Ben Gurion, le 1er mars 2022 (Crédit : Tsafrir Abayov /AP Photo).

Israël devrait prolonger mardi sa politique consistant à se porter caution des compagnies aériennes nationales qui continuent à assurer des vols vers la Russie, malgré des sanctions occidentales imposées au secteur aérien russe à la suite de l’invasion de l’Ukraine.

En raison des sanctions, les assurances des transporteurs aériens qui opèrent vers la Russie ne sont actuellement plus valides. Pour continuer d’effectuer leurs liaisons, les compagnies doivent bénéficier de la caution d’un Etat.

La semaine dernière, l’Etat hébreu, qui a adopté une position prudente en soulignant les liens solides qui l’unissent tant à Moscou qu’à Kiev, a décidé d’octroyer deux milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) de caution à ses compagnies aériennes.

Celle-ci expire mercredi et le ministère israélien des Finances travaille mardi à la prolonger, a déclaré à l’AFP une source de cette administration, sous le couvert de l’anonymat.

L’Union européenne, le Canada, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont suspendu leurs vols vers la Russie et fermé leurs espaces aériens aux avions russes. En réaction, la Russie a interdit aux compagnies de ces pays de voler au-dessus de son territoire.

D’autres pays comme la Turquie, le Qatar et les Emirats arabes unis maintiennent des liaisons aériennes vers et depuis la Russie.

Lundi, le transporteur israélien El Al a déclaré dans un communiqué « opérer des vols vers la Russie à la demande du gouvernement israélien ».

« Nous continuerons à fournir des moyens de transport aux Israéliens et aux juifs de Russie aussi longtemps que possible », a-t-il ajouté.

La poursuite des vols israéliens a causé une bisbille diplomatique.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a accusé lundi la compagnie El Al « de se faire de l’argent imprégné de sang ukrainien » en acceptant les paiements effectués via le système de paiement russe Mir.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, prend la parole dans la salle de l’assemblée générale, le 23 février 2022, au siège des Nations Unies. (Crédit : AP Photo/John Minchillo)

Il s’est excusé mardi, alors que le transporteur El Al a dit avoir cessé d’accepter les paiements Mir quatre jours après le début de l’invasion russe de l’Ukraine –le 24 janvier–, et souligné avoir livré de l’aide humanitaire en Ukraine et aidé des milliers de personnes à fuir les combats.

« Je suis reconnaissant envers El Al pour ses importantes opérations humanitaires et lui présente mes excuses », a écrit M. Kuleba sur Twitter.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a rencontré le président russe Vladimir Poutine à Moscou samedi afin de tenter une médiation. Il s’est aussi entretenu au téléphone avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

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