Israël se prépare à lancer son premier vaisseau spatial vers la lune
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Israël se prépare à lancer son premier vaisseau spatial vers la lune

Le vaisseau, dont la première mission sera de planter un drapeau israélien sur la lune, pèse 585 kilos et se posera sur la lune le 13 février 2019, si tout se déroule comme prévu

Un dessin du vaisseau spatial lunaire SpaceIL. (Crédit : capture d'écran / Google Lunar XPRIZE)
Un dessin du vaisseau spatial lunaire SpaceIL. (Crédit : capture d'écran / Google Lunar XPRIZE)

SpaceIL, une entreprise privée israélienne, a annoncé mardi qu’elle projetait de lancer pour la première fois un engin spatial israélien vers la lune en décembre.

Ce vaisseau inhabité de 585 kilos se posera sur la lune le 13 février 2019, si tout se déroule comme prévu, ont indiqué les organisateurs lors d’une conférence de presse.

Il sera lancé avec une fusée de la société SpaceX, de l’entrepreneur américain Elon Musk, et sa mission portera notamment sur l’étude des ondes magnétiques lunaires.

Sa première mission sera de planter un drapeau israélien sur la lune, ont ajouté les organisateurs.

Le projet a été lancé dans le cadre du prix « Google Lunar XPtice », qui a investi 30 millions de dollars pour encourager les scientifiques et les entrepreneurs du secteur privé à organiser des missions peu coûteuses autour de la lune.

La société israélienne SpaceIL a alors décidé de prendre part à la compétition et s’est associée à Israel Aerospace Industries (IAI), le plus grand groupe aéronautique public israélien.

Le prix de Google n’a finalement pas été décerné, ce qui n’a pas empêché l’équipe israélienne de poursuivre le projet.

« Cela va permettre de montrer la voie au reste du monde » et prouver qu’il est possible d’envoyer sur la lune un vaisseau spatial sans un coût exorbitant, a indiqué un responsable d’IAI, Ofer Doron.

Trois jeunes scientifiques israéliens – Yariv Bash, Kfir Damari et Yonatan Winetraub – ont décidé de se porter candidats.

« Nous nous sommes rencontrés dans un pub et nous avons commencé à discuter », se rappelle Kfir Damari.

Le trio a constitué SpaceIL et s’est associé à Israel Aerospace Indutries (IAI), le plus grand groupe public israélien, pour concevoir un très petit vaisseau capable de se poser sur la lune en 2013.

« A mesure que nous avancions dans le projet et que des gens se joignaient à nous, nous avons compris sa complexité », a ajouté Kfir Damari.

« Grande idée »

C’est alors qu’un personnage important a croisé la route de SpaceIL : le milliardaire israélien d’origine sud-africaine Morris Kahn.

« J’ai pensé qu’il s’agissait d’une grande idée et je leur ai demandé : ‘Vous avez de l’argent’? », a raconté Morris Khan.

« Ils n’avaient par réellement pensé au coté financier de l’opération ».

Le milliardaire leur a d’abord accordé une aide de 100 000 dollars puis sa contribution n’a cessé de croître au point de financer la majeure partie des 95 millions de dollars du projet.

Morris Khan (Crédit : Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International

Pour Morris Khan, le fait qu’Israël atteigne la lune, comme les Etats-Unis, la Russie et la Chine, constituerait « un succès énorme » qui « nous donnera un sentiment de fierté dont nous avons réellement besoin ».

« Conquérir l’espace n’est pas seulement un moyen de prouver ses capacités technologiques mais aussi un besoin urgent pour la race humaine qui dilapide rapidement les ressources naturelles de la Terre », souligne Yossi Weiss, directeur général d’IAI.

« Nous devons penser à des plans de secours, la Terre rétrécit et l’avenir de l’humanité est dans l’espace », estime-t-il.

« Effet Apollo »

Une fois sur la lune, le vaisseau israélien transmettra des données au centre de contrôle d’IAI pendant deux jours avant que son système cesse de fonctionner.

La mission est censée stimuler la curiosité scientifique des jeunes Israéliens.

« On essaie de reproduire l’effet qu’Apollo a eu aux Etats-Unis », explique Morris Kahn, en référence au célèbre programme américain d’exploration lunaire des années 1960.

« Si nous voulons continuer à être la ‘start-up nation’, nous devons avoir des ingénieurs », dit-il.

« On dit que les enfants sont excités par l’espace, les robots, les dinosaures. Avec notre vaisseau spatial robotisé, nous avons deux thèmes », sourit Kfir Damari. « Quand on parle du projet à des enfants, on voit des étoiles dans leurs yeux ».

Selon lui, ce projet marque un tournant pour l’industrie spatiale israélienne, jusqu’à présent centrée sur des projets liés à la sécurité, notamment des lancements de satellite.

« Depuis que nous avons commencé (à lancer des satellites en 1988), on a vu de plus en plus de start-ups et de projets à caractère civil liés à l’espace » en Israël, se félicite M. Damari.

Le projet israélien, qui n’a pas reçu d’aide publique, pourrait également encourager d’autres initiatives privées à se lancer vers l’espace.

Envoyer un vaisseau spatial sur la lune à un coût raisonnable, « cela va montrer la voie au reste du monde », prédit Ofer Doron, chef de la division Espace d’IAI.

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