« Israël souffre » : Lapid veut guérir les blessures internes avec sa coalition
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« Israël souffre » : Lapid veut guérir les blessures internes avec sa coalition

Dans son premier discours depuis qu'il a été désigné pour former un gouvernement, le chef de Yesh Atid a déclaré en avoir assez "de la colère et de la haine"

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, durant une conférence de presse à Tel Aviv, le 6 mai 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)
Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, durant une conférence de presse à Tel Aviv, le 6 mai 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

Dans son premier discours prononcé depuis qu’il a été chargé par le président Reuven Rivlin de former un nouveau gouvernement, le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, a présenté jeudi la coalition qu’il espère pouvoir construire comme représentant une chance de guérir les querelles internes dans le pays qui, selon lui, ont été causées par des années d’accords politiques ambigus.

« Je l’ai dit au président : un gouvernement d’unité n’est pas un compromis, c’est un objectif », a déclaré Lapid au cours de son allocution faite en prime-time, se référant à ses efforts visant à rassembler une coalition formée de partis issus de tout le spectre politique.

Rivlin a annoncé mercredi avoir chargé Lapid de former le prochain gouvernement israélien après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a admis, la veille, avoir échoué à réunir une coalition dans les 28 jours impartis pour ce faire.

Tout en reconnaissant les difficultés de réunir une telle majorité d’union, Lapid a noté qu’elle « aura un objectif simple : sortir ce pays de la crise – de la crise du coronavirus, de la crise économique, de la crise politique et, surtout, de cette crise qui nous touche en notre cœur, qui frappe la population d’Israël ».

Le chef du parti Yesh Atid Yair Lapid lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 6 mai 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

Il a indiqué que la prise en charge des défis sécuritaires et l’amélioration de l’économie et du système d’éducation était rendue plus difficile par les « querelles intérieures ».

« Si nous parvenons à former un gouvernement, ce dernier traitera l’opposition de manière différente. Nous n’attaquerons pas, nous ne mépriserons pas. Nous respecterons l’opposition et nous nous attaquerons aux défis rencontrés par ceux qui n’ont pas voté pour nous », a-t-il poursuivi.

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, durant une conférence de presse à Tel Aviv, le 6 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Lapid et le leader de Yamina, Naftali Bennett, se sont entretenus, ces dernières semaines, pour négocier les conditions d’une éventuelle coalition. Ils auraient trouvé de nombreux compromis et le leader de Yesh Atid a déclaré être prêt à laisser Bennett occuper le poste de Premier ministre le premier dans le cadre d’un accord de partage du pouvoir.

Se référant aux discours prononcés par Netanyahu, mercredi et jeudi, dans lesquels il a vivement critiqué ses adversaires politiques, Lapid a expliqué que « c’est très exactement la raison pour laquelle nous voulons le changement.

« Nous en avons assez de la colère et de la haine. Nous avons été suffisamment en conflit. Israël souffre et a besoin de calme, Israël a besoin d’union et a vraiment besoin d’un gouvernement qui fonctionne », a continué Lapid. « La société israélienne se tourne vers ses politiques et s’interroge : quand arrêteront-ils de se disputer et quand commenceront-ils à travailler ? Notre réponse est maintenant. »

S’exprimant lors d’une réunion de faction, dans l’après-midi de jeudi, le Premier ministre a critiqué Bennett, qui réfléchit à rejoindre Lapid.

« Naftali Bennett s’efforce de dissimuler la vérité. Ce sera un gouvernement de gauche, un gouvernement faible qui courbera l’échine devant la pression internationale », a-t-il estimé.

Capture d’écran d’une vidéo du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 5 mai 2021. (Capture d’écran : Kippa)

Notant des propos tenus mercredi par Bennett – ce dernier a affirmé qu’un gouvernement d’unité empêcherait un cinquième scrutin – Lapid a affirmé que cet argument n’expliquait que partiellement la nécessité de parvenir à mettre en place une telle coalition.

« L’objectif principal, le principal défi, c’est de commencer quelque chose de différent – de plus propre, de plus décent et qui fonctionne réellement », a-t-il répété.

Se référant au mélange disparate des partis qui seraient susceptibles d’intégrer un gouvernement d’unité, Lapid a reconnu qu’il y avait « des personnalités différentes, avec différents points de vue – toutefois, le fait d’être en désaccord ne fait pas de nous des ennemis ».

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