Israël suspend l’immigration de 250 Éthiopiens en raison du coronavirus
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Israël suspend l’immigration de 250 Éthiopiens en raison du coronavirus

Le porte-parole du ministère de l'Immigration affirme que le bureau du Premier ministre a interdit les vols pour des raisons sanitaires

Des Juifs éthiopiens arrivent à l'aéroport Ben Gurion le 16 novembre 2017 pour commencer une nouvelle vie en tant qu'Israéliens (Crédit : The Struggle for the Aliyah of Ethiopian Jewry organization )
Des Juifs éthiopiens arrivent à l'aéroport Ben Gurion le 16 novembre 2017 pour commencer une nouvelle vie en tant qu'Israéliens (Crédit : The Struggle for the Aliyah of Ethiopian Jewry organization )

Le gouvernement israélien a suspendu la naturalisation tant attendue et largement débattue de plus de 250 Juifs éthiopiens prévue ce mois-ci.

Le gouvernement avait précédemment approuvé l’acheminement des futurs citoyens sur trois vols avant la fin du mois. Le premier groupe de 50 immigrants – qui devait arriver le 18 mars après un vol de nuit en provenance d’Éthiopie – est maintenant dans l’incertitude, a fait savoir l’ancien député Avraham Neguise.

« Ils ont tout abandonné », a-t-il déclaré au Times of Israel. « Les gens ont vendu tous leurs biens après qu’on leur a dit qu’ils partiraient mardi 17 mars. Puis soudainement, on leur a dit qu’ils ne partaient pas parce qu’il n’y avait pas d’immigration en provenance d’Éthiopie. Les gens m’ont appelé de Gondar et m’ont informé ».

Trois vols d’Ethiopian Airlines devaient transporter les immigrants les 18, 25 et 31 mars, a indiqué M. Neguise. Le nombre d’immigrants approuvés pour le vol du 18 mars était initialement de 80. Après avoir exclu toute personne de plus de 60 ans, apparemment en raison des inquiétudes concernant le coronavirus, les responsables ont par la suite réduit le nombre de personnes sur le vol à 50. Avec l’annulation de cette semaine, le processus d’immigration est maintenant reporté indéfiniment, rapporte cet ancien parlementaire d’origine éthiopienne qui a été président de la Commission de l’immigration, de l’absorption et des affaires de la diaspora de la Knesset de 2015 à 2019.

« Les gens se sont entendu dire que leur vol était annulé et n’ont pas été informés de la date de leur départ », explique Avraham Neguise, qui a participé à l’installation des Juifs éthiopiens en Israël lors de l’opération Salomon au début des années 1990 et plaide pour une immigration continue depuis . « Leur immigration a été suspendue pendant un nombre de jours inconnu par le gouvernement israélien. Nous ne savons pas quand elle reprendra ».

Le député du Likud Avraham Neguise pendant la cérémonie organisée pour Yom HaAlyah à la Knesset, le 24 octobre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il affirme que l’Agence juive et le ministère de l’Intérieur continuent à autoriser l’immigration venue d’autres pays, avec toutefois une quarantaine de 14 jours pour les nouveaux arrivants.

« Pourquoi l’alyah éthiopienne a-t-elle été choisie ? Si Israël a décidé d’arrêter l’immigration à cause du coronavirus, c’est compréhensible », commente Avraham Neguise. « Mais l’alyah est ouverte à tous les Juifs. Pourquoi seuls les Éthiopiens doivent-ils l’arrêter ? »

Selon un e-mail envoyé au Times of Israel par un porte-parole du ministère de l’Alyah et de l’Intégration, « un groupe de 50 olim [nouveaux immigrants] d’Éthiopie devait arriver en Israël cette semaine ».

Le porte-parole a expliqué que le ministère avait organisé la logistique pour l’intégration et l’isolement du groupe dans le nord d’Israël, mais « après discussion avec le bureau du Premier ministre, leur alyah a été reportée au vu de la recommandation du ministère de la Santé en raison de la crise du coronavirus ».

Selon un tweet du 16 mars en hébreu du journaliste politique israélien Tal Shalev, les autorités auraient annulé le pont aérien au début de la semaine en raison des inquiétudes liées à la pandémie. Mais sur les réseaux sociaux, les observateurs suggèrent que cette annulation soudaine pourrait avoir des implications politiques.

L’Éthiopie a signalé son premier cas de coronavirus le 13 mars, en citant l’arrivée d’un ressortissant japonais de 48 ans. Depuis lors, le nombre est passé à trois, et 117 personnes supplémentaires ayant été en contact avec le premier cas sont maintenant en quarantaine depuis le 18 mars.

Le soutien à l’immigration de ce groupe d’Éthiopiens est devenu un sujet de débat brûlant. Leur processus de naturalisation a souffert d’un manque de budget, tandis que divers ministères ont débattu des départements qui devraient financer leur immigration.

Un porte-parole de l’Agence juive a indiqué au Times of Israel : « L’éligibilité à l’alyah depuis l’Éthiopie est déterminée par l’Autorité de la population et de l’immigration conformément aux décisions prises par le gouvernement d’Israël, et n’est pas déterminée par l’Agence juive ni soumise à la loi du retour. L’Agence Juive avait fait des préparatifs pour accueillir les nouveaux immigrants d’Éthiopie dans les conditions de quarantaine actuellement exigées de tout nouvel immigrant, mais nous avons été informés que le gouvernement avait décidé de reporter leur arrivée ».

Un Éthiopien priant à la synagogue d’Addis-Abeba. (Crédit : Bernard Dichek/ Times of Israel)

Les futurs arrivants sont des parents au premier degré de membres de Beta Israël de Gondar et d’Addis-Abeba déjà installés en Israël, explique Avraham Neguise.

Ils sont membres de la communauté Falash Mura, des Juifs éthiopiens dont les ancêtres se sont convertis au christianisme il y a plusieurs générations, souvent sous des pressions sociales, financières ou politiques. Environ 8 000 Éthiopiens ayant des parents proches en Israël cherchent à immigrer. Le ministère de l’Intérieur ne les considère pas comme juifs, de sorte que leur immigration est exclue en vertu de la loi sur le retour.

Avant les élections du 2 mars en Israël, 400 personnes ont été approuvées par l’Agence juive et le ministère de l’Intérieur après une longue bataille pour immigrer en vertu des lois sur le regroupement familial.

L’immigration de 1 000 Juifs éthiopiens avant la fin de 2019 a été approuvée en octobre 2018. Cependant, seuls 600 d’entre eux ont été admis, et le 9 février, le gouvernement a approuvé la décision de faire venir les 400 restants en vertu de l’accord.

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