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Itzik Saidyan quitte le centre de rééducation et rentre chez lui après deux ans

L'ancien soldat affirme que les réformes promues à la suite de son immolation sont au point mort et exhorte le gouvernement à ne pas oublier les personnes souffrant de TSPT

Itzik Saidyan, au centre, après sa sortie du centre de réhabilitation de l'hôpital de Sheba, à Ramat Gan, le 27 avril 2023 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Itzik Saidyan, au centre, après sa sortie du centre de réhabilitation de l'hôpital de Sheba, à Ramat Gan, le 27 avril 2023 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Itzik Saidyan, vétéran de Tsahal, qui a déclenché une prise de conscience nationale sur le traitement des soldats blessésen s’auto-immolant devant un bureau du ministère de la Défense pour les soldats blessés, a quitté son centre de rééducation jeudi et est rentré chez lui après deux ans de soins.

En avril 2021, pour protester contre la négligence présumée des autorités, Saidyan s’est immolé par le feu devant les bureaux de Petah Tikva du Département de réhabilitation des soldats handicapés, après des années de lutte pour recevoir les soins qu’il avait demandés pour des troubles de stress post-traumatique (TSPT), qui, selon lui, découlait de son service dans l’armée.

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi, Saidyan a déclaré que la situation des anciens combattants cherchant de l’aide avait recommencé à se détériorer après avoir connu une amélioration temporaire.

« Il est important pour moi de dire que la réforme est au point mort. C’est difficile pour moi que cela se soit produit, mais j’entends des amis dire que les comités ont recommencé à rendre les choses aussi difficiles qu’avant », a déclaré Saidyan.

« Je demande au gouvernement de ne pas nous oublier. Il y a des milliers de personnes comme moi. J’ai été coincé chez moi pendant six ans, et chaque jour était une guerre qui ne peut être expliquée par des mots. La solitude peut tuer », a-t-il ajouté.

« Je ne suis pas une célébrité et je ne veux pas l’être. Je veux redevenir l’Itzik d’autrefois. Ce que j’ai fait est la chose la plus horrible qui puisse arriver, et cela ne doit pas se reproduire. J’espère que je pourrai quitter les feux de la rampe », a-t-il déclaré, précisant que sa rééducation serait encore longue et qu’il devait encore subir un certain nombre d’interventions chirurgicales.

Itzik Saidyan, 2e à gauche, après sa sortie du centre de rééducation de l’hôpital de Sheba, à Ramat Gan, le 27 avril 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Saidyan a tenu à remercier non seulement les équipes médicales qui l’ont aidé, mais aussi les agents d’entretien et les travailleurs auxiliaires dans les établissements où il a été traité. « Merci à tous ceux qui ont été à mes côtés au cours de la bataille de ces deux dernières années. »

Saidyan a servi dans la brigade d’infanterie Golani pendant l’Opération Bordure protectrice en 2014. Il a participé aux combats à Shejaiya, un quartier de la ville de Gaza qui a connu certains des affrontements les plus violents du conflit.

Après avoir servi dans l’armée israélienne, Saidyan a souffert de TSPT et a été reconnu comme soldat handicapé, mais il a eu du mal à obtenir de l’aide auprès du Département des services de réadaptation du ministère de la Défense.

Le ministère de la Défense lui a reconnu un taux d’invalidité de 25 % en raison de ses troubles, mais il a demandé à bénéficier d’un taux d’invalidité de 50 %. Le ministère a refusé, affirmant qu’au moins une partie de son état était due à un traumatisme de l’enfance, et non à son service militaire.

Dans un documentaire de la Douzième chaîne diffusé l’année dernière, Saidyan a déclaré qu’il avait choisi le Département de réhabilitation comme lieu de son auto-immolation parce qu’il le considérait comme la source d’une grande partie de ses souffrances.

« Je voulais qu’ils voient et comprennent à quel point je souffrais d’eux, à quel point j’étais prêt à mourir plutôt que de continuer à vivre après ce que j’avais vécu avec eux », a-t-il déclaré.

Saidyan a décrit comment il s’est placé devant une caméra de surveillance « pour qu’ils me voient sous leurs yeux », avant de s’immoler par le feu.

Saidyan est resté dans le coma pendant les cinq mois qui ont suivi son auto-immolation et a subi des dizaines d’interventions chirurgicales. Il a passé un an dans le service des grands brûlés de l’hôpital Sheba, près de Tel Aviv, avant d’être transféré dans l’unité de rééducation.

Des manifestants brandissant des pancartes sur lesquelles on peut lire « Nous sommes tous Itzik Saidyan » devant le Département de réhabilitation du ministère de la Défense, à Petah Tikva, le 14 avril 2021. (Crédit : Flash90)

La prise en charge, par le ministère de la Défense, des anciens combattants blessés, a fait l’objet d’un examen minutieux à la suite de la sinistre protestation de Saidyan.

Les vétérans et leurs défenseurs ont longtemps reproché au ministère de fournir des soins nettement insuffisants et de soumettre les demandeurs à une bureaucratie si alambiquée et tortueuse que nombre d’entre eux ont dû faire appel à des avocats onéreux pour les aider à naviguer dans le système.

Après l’auto-immolation de Saidyan et le tollé qu’elle a suscité, le ministère de la Défense a cherché à mettre en œuvre des réformes qu’il envisageait depuis des années mais qu’il n’avait pas eu la volonté politique de mener à bien.

En début de semaine, à la veille de Yom Hazikaron, un autre vétéran a tenté d’incendier un bureau du ministère de la Défense chargé de la réadaptation des soldats blessés.

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