Jared Kushner a présenté ses « idées » pour le Moyen Orient à Bruxelles
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Jared Kushner a présenté ses « idées » pour le Moyen Orient à Bruxelles

Les leaders de l'Union européenne ont déclaré que le plan de paix devait tenir compte à la fois d'Israël et des Palestiniens

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, à gauche, accueille le conseiller et gendre du président américain Donald Trump,  Jared Kushner, à la Commission européenne de Bruxelles, le 4 juin 2019 (Crédit :  Emmanuel Dunand/AFP)
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, à gauche, accueille le conseiller et gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, à la Commission européenne de Bruxelles, le 4 juin 2019 (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)

L’Union européenne a déclaré mardi que le plan de résolution du conflit au Moyen-Orient devait prendre en compte les « aspirations légitimes » d’Israël et des Palestiniens après une rencontre, mardi, entre de hauts-responsables du bloc et le conseiller à la Maison-Blanche Jared Kushner.

Jared Kushner, conseiller et gendre du président américain Donald Trump, a exposé dans la même journée « ses idées » pour le Proche-Orient au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, a annoncé la porte-parole adjointe de l’exécutif bruxellois Mina Andreeva.

L’entretien avait été demandé par Kushner, a-t-elle précisé. Il a été reçu en fin d’après-midi au siège de la Commission à Bruxelles.

« Au cours de la conversation sur le Moyen-Orient, le président Juncker et la Haute Représentante pour la diplomatie de l’UE Federica Mogherini ont écouté les idées de Kushner et souligné l’intérêt fondamental de l’Union européenne pour une paix et une stabilité durables dans la région », a expliqué la porte-parole.

Les deux responsables européens ont insisté sur l’importance d’un « développement économique de l’ensemble de la région » jugé « crucial ». « Il doit s’accompagner de progrès politiques viables qui tiennent compte à la fois des aspirations des Palestiniens et des Israéliens », ont-ils précisé.

Aucune précision n’a été fournie sur les idées présentées par Kushner pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Ce plan suscite des doutes croissants, exprimés en particulier par le chef de la diplomatie Mike Pompeo qui, la semaine dernière lors d’une rencontre privée, a admis qu’il « peut être rejeté », déclarant comprendre « pourquoi les gens pensent qu’il s’agit d’un accord que seuls les Israéliens pourront aimer ».

Washington doit en présenter les 25 et 26 juin à Bahreïn le volet économique lors d’une conférence boycottée par les Palestiniens. L’incertitude demeure sur ses aspects politiques, de loin les plus délicats.

Le plan de paix devrait s’abstenir d’appeler à la création d’un Etat palestinien, rompant avec l’objectif poursuivi par la diplomatie américaine depuis des décennies de mise en oeuvre de la solution à deux Etats.

Mahmoud Abbas, leader de l’Autorité palestinienne, est reçu par Federica Mogherini, chef de la diplomatie étrangère de l’UE, avant d’assister à un sommet européen des Affaires étrangères au Conseil européen de Bruxelles le 22 janvier 2018 (EMMANUEL DUNAND / AFP)

La date de la révélation des aspects du plan n’a pas encore été clairement fixée.

L’Union européenne soutient pour sa part fermement la solution à deux Etats, tandis que l’administration Trump s’est pour sa part abstenu d’appuyer ce positionnement, adopté depuis longtemps par la communauté internationale.

Les Palestiniens ont d’ores et déjà rejeté le plan de paix de Trump et indiqué qu’ils ne se rendraient pas au sommet du Bahreïn, estimant qu’il sera forcément partial en faveur d’Israël.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rompu les liens avec l’administration Trump, fin 2017, après sa reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem la capitale de leur futur Etat.

Israël a fait part de sa présence au sommet du Bahreïn mais, avec les élections qui se profilent au mois de septembre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu pourrait s’inquiéter de donner son aval à un plan susceptible d’être repoussé par ses partisans de droite.

La révélation du plan de l’administration a été reportée de manière répétée et l’effondrement des négociations de coalition, survenu la semaine dernière, et l’initiative visant à organiser un nouveau scrutin devraient encore repousser le déploiement du plan.

Le président américain Donald Trump (à gauche) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans l’aile ouest de la Maison Blanche, le 25 mars 2019. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Pour leur part, les responsables de l’administration Trump tentent de freiner les attentes concernant la sortie du plan de paix. Dans un entretien diffusé dimanche, Kushner a exprimé des doutes sur la capacité des Palestiniens de se gouverner sans implication israélienne.

« L’espoir est qu’avec le temps, ils deviennent capables de se gouverner », a-t-il dit au site d’information Axios.

Lundi, le Washington Post a cité des propos tenus par le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo lors d’une rencontre à huis-clos avec des responsables juifs qui ont fuité dans la presse. Il aurait ainsi déclaré que le plan pourrait ne pas « décoller ».

Interrogé sur le scepticisme affiché par Pompeo, Trump a déclaré aux journalistes aux abords de la Maison-Blanche qu’il pouvait « avoir raison ».

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