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Jean-Michel Aphatie accuse le chanteur Jacques Brel d’antisémitisme

En cause : une chanson qui aurait été inspirée d’un hymne antidreyfusard antisémite, et l’amitié du chanteur avec le milicien collaborationniste Paul Touvier

Jacques Brel, le 21 mars 1962. (Crédit : Jack de Nijs pour Anefo / CC BY-SA 3.0)
Jacques Brel, le 21 mars 1962. (Crédit : Jack de Nijs pour Anefo / CC BY-SA 3.0)

L’éditorialiste Jean-Michel Aphatie a accusé ce mercredi le chanteur et compositeur belge Jacques Brel d’antisémitisme dans une série de messages publiés sur Twitter.

Selon le journaliste, l’artiste aurait en effet « flirté avec l’antisémitisme » en raison d’une chanson, « Les Bourgeois », qui aurait été inspirée d’un texte anti-juif de la fin du 19e siècle – les deux présentent des similitudes « troublantes », dit-il.

Le texte antisémite, chanté à l’époque par des militants antidreyfusards, lisait : « Zola, c’est un gros cochon, plus il devient vieux, plus il devient bête. Zola est un gros cochon, quand on l’attrap’ra, on le flambera. »

Les paroles de la chanson lisent elles : « Les bourgeois, c’est comme les cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient bête. Les bourgeois, c’est comme les cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient con. »

« Peut-on croire que l’imagination de l’artiste l’ait conduite à reproduire malgré lui ces paroles antisémites du siècle précédent ? Ce serait énorme, un tour de cochon de l’esprit en quelque sorte », écrit Jean-Michel Aphatie. « Ou bien Brel, l’immense Brel, a-t-il voulu adresser un clin d’œil aux antisémites du 20e ? Et pour quelles raisons l’aurait-il fait ? »

Peut-être en raison des liens d’amitié entre Jacques Brel et Paul Touvier, chef de la Milice lyonnaise durant l’occupation, seul Français à avoir été condamné à mort pour crime contre l’humanité, écrit le journaliste.

Les deux hommes s’étaient rencontrés au milieu des années 1960 et avaient même produit ensemble un disque 33 tours d’éducation sexuelle pour les jeunes.

« Le chanteur a-t-il voulu faire un signe à son ami en écrivant cette chanson ? », questionne M. Apathie. « Ce serait une immense perversité, et aussi une immense déception. Nous avons donné, nous qui sommes vivants aujourd’hui, des noms de rues, de places, d’avenues à Jacques Brel. Des médiathèques sont baptisées ainsi, et aussi des écoles, beaucoup d’écoles. Et si le génie Brel nous avait trompé ? Mériterait-il, s’il avait joué avec l’horreur antisémite, l’honneur que nous lui faisons d’inscrire son nom dans l’espace public ? Je sais pour avoir mené ce combat à propos d’assassins militaires (Bugeaud, Lamoricière) combien la frilosité collective est grande devant ce genre de questions. Nous préférons mettre la poussière sous le tapis. L’Histoire vraie nous effraie. Mais quand même, il faut insister, Zola a mené le combat pour [Alfred] Dreyfus au péril de sa vie. Il l’a fait pour défendre des valeurs universelles et des principes républicains. Et si vraiment un artiste, aussi doué ait-il été, s’est ensuite moqué de lui et a pactisé aussi peu que ce soit avec l’antisémitisme d’antan, alors, qu’il le paye et que notre mémoire s’allège de cette souillure. En tout cas, les faits sont là. Zola était un ‘cochon’, ‘plus il devient vieux, plus il devient bête’, et la ritournelle de Brel, ami de Touvier, étrenne l’horrible phrase… Entre le hasard et le calcul, chacun se fera son opinion. Pour ma part, j’en suis convaincu, nous devons beaucoup à Zola, et c’est lui que nous devons défendre. »

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