Jérusalem : 3 activistes de droite arrêtés avant un rassemblement LGBTQ
Rechercher

Jérusalem : 3 activistes de droite arrêtés avant un rassemblement LGBTQ

Les activistes de Lehava auraient prévu d'infiltrer l'événement, qui devrait se dérouler en présence de plus de 1 200 agents de police chargés d'assurer la sécurité

Les participants à la Gay Pride de Jérusalem, le 2 août 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Les participants à la Gay Pride de Jérusalem, le 2 août 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Trois activistes appartenant au groupe juif extrémiste Lehava ont été arrêtés aux premières heures de la matinée, dimanche, soupçonnés d’avoir prévu de perturber un rassemblement pro-LGBTQ organisé à Jérusalem.

La police n’a pas fait de déclaration officielle concernant ces arrestations.

Les médias en hébreu ont fait savoir que parmi les personnes appréhendées se trouvait Moshe Ben Zikri, qui avait été placé en détention l’année dernière avant le défilé de la Gay Pride, à Jérusalem. Il s’y était illustré les deux années précédentes en se faisant passer pour un membre de la communauté gay avant de monter sur le podium et de dénoncer le défilé.

L’avocat de Ben Zikri, Itamar Ben-Gvir, activiste d’extrême-droite, a comparé dimanche l’arrestation de son client au placement en détention du général (rés.) de l’armée de l’air Amir Haskel, militant anti-corruption.

Benzi Gopstein (avec le microphone), membre d’Otzma Yehudit et chef du groupe anti-métissage Lehava, mène une manifestation contre le défilé de la Gay Pride de Jérusalem, le 6 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Malheureusement, la police de Jérusalem n’a pas compris les principes de la liberté d’expression. Nous demanderons au tribunal de libérer, sans condition, Ben Zikri – comme Amir Haskel a lui-même été libéré. La liberté d’expression n’est pas l’apanage des gauchistes », a dit Ben Gvir.

Le député d’extrême droite Bezalel Smotrich, issu des rangs du parti Yamina – qui, dans le passé, s’était vanté d’être un « homophobe fier de l’être » et qui, en 2006, s’était impliqué dans une contre-manifestation en réponse de la Gay Pride, la « Bêtes Parade » – a également comparé la réponse apportée à l’arrestation de Ben Zikri à l’indignation suscitée par la détention de Haskel.

« Ce que je comprends, c’est que de nombreux politiciens et journalistes se sentent très fatigués après leur combat héroïque pour la liberté d’expression en faveur d’Amir Haskel et qu’ils n’ont plus l’énergie pour protester contre l’arrestation préventive d’un homme ordinaire, qui n’est pas général, et qui a été bâillonné avant même de pouvoir s’exprimer », a écrit Smotrich sur Twitter.

Le ministre des Transports Bezalel Smotrich arrive à un bureau de vote dans l’implantation de Kedumim en Cisjordanie, le 2 mars 2020. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

Selon le site d’informations Walla, environ 1 200 agents de police ont été déployés pour cet événement pro-LGBTQ, qui aura lieu dimanche dans la capitale après l’annulation du défilé annuel pour cause de restrictions entraînées par l’épidémie de coronavirus.

Lehava aurait l’intention de s’infiltrer et de perturber l’événement. Le groupe aurait émis des instructions en direction de ses membres sur la manière de « ne pas se faire remarquer » en se glissant dans le rassemblement, a fait savoir la Douzième chaîne jeudi dans un reportage.

Lehava s’oppose également aux mariages mixtes et à l’assimilation des Juifs, et tente de réprimer toute activité publique organisée par des non-Juifs en Israël. Le groupe, que certains députés ont tenté de désigner comme étant un groupe terroriste, a souvent réclamé un passage à l’action contre les non-Juifs pour « sauver les filles d’Israël ».

Le groupe a publié un guide pour ses membres avec un code vestimentaire à adopter et d’autres instructions sur la manière d’infiltrer la Pride, a noté le reportage, qui a présenté ce qu’il a dit être une copie du pamphlet.

Dans la section comportement, le guide conseille des « mouvements du corps extravertis, comme ‘parler avec les mains’. » Le guide conseille également aux activistes de s’habiller avec des vêtements colorés pour « ne pas se faire remarquer » et inclut une liste de mots appartenant à « l’argot homosexuel », a continué la chaîne.

Des manifestants de Lehava brandissent des pancartes sur lesquelles on peut lire « L’assimilation est une Shoah » en marge d’un mariage juif-musulman près de Tel Aviv, le 17 août 2014. (Flash90)

Les défilés de la Gay Pride de Jérusalem, Tel Aviv, Haïfa et Beer Sheva ont tous été annulés cette année pour cause de coronavirus.

Bien plus modeste que sa grande soeur de Tel Aviv, la Gay Pride de Jérusalem est traditionnellement un moment fort pour la communauté LGBTQ vibrante de la ville, qui se heurte aux tensions politiques et religieuses constantes dans la capitale.

Des milliers de personnes participent à la parade annuelle de la gay Pride à Jérusalem, le 6 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Environ 10 000 à 15 000 personnes avaient défilé lors de la Gay Pride en 2019, avec plus de 2 000 policiers qui avaient assuré la sécurité de cet événement, quatre ans après la mort de Shira Banki, 16 ans, qui avait été mortellement poignardé lors d’une attaque perpétrée contre les participants par un extrémiste juif, qui venait d’être libéré de prison après avoir mené un crime similaire.

La municipalité de Jérusalem a créé un tollé, la semaine dernière, en ôtant une bannière LGBTQ qui était placée sur un mur extérieur d’un bureau de l’ambassade américaine, dans la capitale. Un adjoint au maire d’extrême-droite a fait savoir que la mission américaine n’avait pas demandé la permission d’accrocher le panneau qui exprimait un soutien à la « tolérance et à la diversité ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...