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Jérusalem : Affrontements entre policiers et manifestants d’extrême droite

Six personnes ont été arrêtées lors du dernier rassemblement entraîné par la mort d'Ahuvia Sandak, 16 ans, jeune partisan pro-implantation mort l'année dernière en fuyant la police

Des agents de la police israélienne affrontent des manifestants venus dénoncer la mort d'Ahuvia Sandak, l'année dernière, à l'entrée de Jérusalem, le 11 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des agents de la police israélienne affrontent des manifestants venus dénoncer la mort d'Ahuvia Sandak, l'année dernière, à l'entrée de Jérusalem, le 11 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Des dizaines de personnes qui manifestaient suite à la mort d’un adolescent, un jeune partisan du mouvement pro-implantation, l’année dernière, se sont heurtées aux forces de l’ordre, jeudi soir, à l’entrée de Jérusalem. Il d’agit du troisième troisième rassemblement, cette semaine, à dégénérer en violences.

Ahuvia Sandak, 16 ans, a été tué dans un accident de voiture alors qu’il fuyait la police après avoir, semble-t-il, jeté des pierres en direction de Palestiniens. Les manifestations entraînées par le décès de l’adolescent ont été le théâtre de violences et d’arrestations répétées.

Jeudi, les affrontements ont commencé alors que la police tentait de disperser des manifestants d’extrême droite qui s’efforçaient de bloquer l’entrée principale de la capitale. La Route 1 a été brièvement fermée dans ce contexte.

La police a arrêté six suspects pour trouble à l’ordre public. Ils auraient aussi jeté des pierres et des œufs en direction des forces de l’ordre.

Des photos de l’incident montrent la police utiliser des canons à eau pour disperser les manifestants et les obliger à quitter la route, sous le pont des Cordes, ainsi que des agents – en uniforme et en civil – qui écartent par la force des protestataires.

De grandes affiches montrant l’étoile jaune, rappelant celle que les nazis avaient imposé aux Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, avec l’inscription « Jeunes des collines », ont été brandies par certains lors de la manifestation.

Des agents de la police israélienne affrontent des manifestants venus dénoncer la mort d’Ahuvia Sandak, l’année dernière, à l’entrée de Jérusalem, le 11 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Quatre policiers avaient été blessés et 21 personnes avaient été arrêtées, samedi soir, lors d’un mouvement de protestation qui avait eu lieu au même endroit. Et jeudi dernier, au moins dix personnes avaient été appréhendées pour avoir jeté des pierres sur les agents et pour avoir brisé la fenêtre d’une voiture de police.

Des membres du groupe juif d’extrême droite Lehava qui avaient pris part à la manifestation, samedi, avaient menacé physiquement des employés palestiniens dans une station-service avoisinante de Jérusalem. Ces derniers avaient dû se barricader dans la boutique de l’établissement.

Samedi, au cours des violences avec les forces de l’ordre qui tentaient de disperser les protestataires qui bloquaient les rues, un certain nombre de manifestants – portant parfois des tee-shirts au logo de Lehava – s’étaient rendus dans l’une des deux stations-services voisines.

Trois résidents de Jérusalem-Est qui travaillaient dans l’une d’entre elles avaient été obligés de s’enfermer dans la boutique alors que les membres de Lehava frappaient avec violence sur les vitres, insultant les trois hommes, et faisant clairement part de leur intention de s’en prendre à eux.

La police était finalement arrivée, faisant partir les manifestants, des jeunes. Toutefois, une heure plus tard, les mêmes étaient retournés menacer les trois employés de la station service, selon la Treizième chaîne.

Des agents de la police israélienne affrontent des manifestants venus dénoncer la mort d’Ahuvia Sandak, l’année dernière, à l’entrée de Jérusalem, le 11 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Au total, 21 personnes avaient été appréhendées pendant les heurts avec la police lors de ce principal mouvement de protestation survenu sur le pont des Cordes, à l’entrée de Jérusalem. Parmi elles, une jeune femme aperçue en train de frapper à la fenêtre de la station-service avec une bombe de gaz lacrymogène à la main, avait précisé la chaîne.

Les jets de bouteille et de pierres des protestataires avaient fait quatre blessés du côté des forces de l’ordre, avait déclaré la police israélienne. Deux véhicules lui appartenant avaient aussi été endommagés.

La mort de Sandak a entraîné de vifs affrontements entre policiers et manifestants d’extrême-droite au cours de l’année passée, les protestataires attribuant aux forces de l’ordre la responsabilité du décès de l’adolescent et réclamant que justice soit faite.

Sandak, résident de l’implantation de Bat Ayin, fuyait la police des frontières dans une voiture aux côtés de trois autres jeunes en date du 21 décembre 2020 lorsque son véhicule était sorti de la route et s’était renversé, entraînant sa mort. Selon les agents, le groupe de Sandak avait perdu le contrôle de son véhicule.

Pour les soutiens du jeune homme, l’adolescent a été victime de violences policières ; ils affirment que la voiture de police est entrée en collision par l’arrière avec le véhicule des jeunes, entraînant la sortie de route fatale.

Ahuvia Sandak, tué dans un accident de voiture alors qu’il était poursuivi par la police en Cisjordanie, le 21 décembre 2020. (Autorisation)

L’organisation Honenu d’extrême-droite, qui offre une aide juridique et qui représente les personnes mises en détention dans le cadre de cette dernière manifestation, a prétendu que la police avait utilisé une force excessive lors de ces rassemblements divers, notamment en utilisant un camion à eau pour repousser une petite fille qui manifestait dans la rue, vendredi dernier.

L’organisation Lehava, raciste et homophobe, et son leader, Benzi Gopstein, figurent sur la liste noire des entités interdites par Facebook sur la plateforme de ce géant des réseaux sociaux.

Lehava s’oppose aux mariages mixtes entre Juifs et non-Juifs ainsi qu’aux droits des communautés LGBT et tente de réprimer toutes les activités publiques impliquant des non-Juifs en Israël, et notamment les événements prônant la coexistence. Il y a eu un certain nombre d’initiatives prises en Israël qui ont visé à classer Lehava comme organisation terroriste, ce qui mettrait de-facto le groupe hors-la-loi.

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