Jérusalem allie sécurité des abribus et accès pour handicapés
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Jérusalem allie sécurité des abribus et accès pour handicapés

La municipalité demande à des experts de les aider à concevoir des barrières pour prévenir les attaques à la voiture bélier

Un arrêt de bus sécurisé à Jérusalem conçu avec la distance nécessaire entre l'abribus et la rue (Crédit : Shekel)
Un arrêt de bus sécurisé à Jérusalem conçu avec la distance nécessaire entre l'abribus et la rue (Crédit : Shekel)

Alors que l’actuelle vague de terrorisme palestinien se poursuit, Israël prend des mesures pour protéger ses citoyens contre le danger.

Les autorités encouragent également les gens à garder leur calme et à continuer à vivre comme à leur habitude. Cela vaut pour tout le monde dans le pays, y compris les personnes handicapées. Les autorités doivent ainsi faire face au problème de trouver un équilibre entre assurer la sécurité de la population et maintenir l’accessibilité aux handicapés.

Le plan visant à protéger les arrêts de bus de Jérusalem des attaques à la voiture bélier est un cas d’espèce pour la municipalité.

Quelques heures après qu’une attaque à la voiture bélier le 14 décembre a blessé 14 Israéliens alors qu’ils attendaient à un abribus situé près de l’entrée principale de Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné l’installation de barrières de sécurité sur près de centaines d’arrêts de bus de la ville.

Le plan consistant à placer des poteaux de protection aux arrêts de bus a été proposé par le maire de Jérusalem, Nir Barkat, et a été rapidement approuvé par le Premier ministre après consultation avec le ministre des Transports, Yisrael Katz, et le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan.

Des ouvriers israéliens et palestiniens qui placent des barrières à un arrêt de bus à Jérusalem le 20 décembre 2015, après une attaque terroriste la semaine dernière (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Des ouvriers israéliens et palestiniens qui placent des barrières à un arrêt de bus à Jérusalem le 20 décembre 2015, après une attaque terroriste la semaine dernière (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Une semaine plus tard, les ouvriers étaient occupés à cimenter les poteaux en acier d’un peu plus d’un mètre de haut sur le trottoir à côté des 300 arrêts de bus déterminés comme étant des endroits à haut risque par la police.

Avec l’accent mis sur la sécurité, ce n’est pas tout le monde qui avait à l’esprit l’accessibilité des bus aux handicapés.

Presque immédiatement, des plaintes ont été déposées auprès de la commission du gouvernement pour l’égalité des droits des personnes handicapées par des résidents de Jérusalem qui ont affirmé que les poteaux de protection avaient été installés d’une manière qui interférait avec l’accessibilité des personnes handicapées.

En réponse, la municipalité de Jérusalem a temporairement arrêté l’installation des barrières et a demandé l’avis d’expert du Dr Avi Ramot, le directeur du Centre israélien pour l’accessibilité au SHEKEL, une ONG de Jérusalem à but non lucratif offrant des services communautaires pour les personnes ayant des besoins spéciaux.

Dr Avi Ramot, le directeur du Centre israélien pour l'accessibilité, examinant les plans pour les arrêts de bus sécurisés (Crédit : Shekel)
Dr Avi Ramot, le directeur du Centre israélien pour l’accessibilité, examinant les plans pour les arrêts de bus sécurisés (Crédit : Shekel)

« Le premier ordre du jour après que nous avons reçu l’appel de la municipalité le 29 décembre était de revenir en arrière et de corriger la situation dans les six arrêts de bus devant lesquels les travaux avaient été menés », a déclaré Ramot au Times of Israel.

Selon la loi, il doit y avoir 1,1 mètre d’espace entre l’abribus et la rue. La distance entre le centre d’un pillier à l’autre pilier doit être de 150 cm (pour une distance nette de 130 cm). Enfin, il doit y avoir un espace de 2,5 mètres sans obstacles où un passager en fauteuil roulant peut être relevé ou abaissé lorqu’il monte ou descend d’un bus.

Ramot a reçu la liste des 300 arrêts d’autobus qui devaient être sécurisés. Avec un employé de l’infrastructure des transports de la division du développement de la ville et un entrepreneur, il s’est personnellement déplacé chaque jour pour prendre les mesures à chaque arrêt pour s’assurer que le placement des poteaux soit conforme à la loi.

« J’ai passé environ six à sept heures par jour à faire ce travail, qui inclut la résolution de problèmes sur place », a expliqué Ramot, qui s’est rendu à environ 35 arrêts de bus par jour.

À partir de mercredi, les pylônes de protection auront été installés correctement sur 125 des 300 sites concernés. La fin des travaux sur l’ensemble des 300 arrêts de bus est prévue pour la fin du mois de janvier.

Ramot attribue les problèmes initiaux d’accessibilité, suite à la protection des arrêtes de bus, à l’urgence avec laquelle le Premier ministre et le maire ont agi pour sauver des vies.

Un arrêt de bus protégé à Jérusalem accessible aux personnes en fauteuil roulant (Crédit : Shekel)
Un arrêt de bus protégé à Jérusalem accessible aux personnes en fauteuil roulant (Crédit : Shekel)

« Il y a eu un vent de panique. C’est arrivé comme un coup de foudre, donc des erreurs ont été faites par inadvertance. La ville est généralement très consciente des problèmes d’accessibilité en matière de transport », a noté Ramot.

Interrogé par Times of Israel sur la nécessité de concilier la sécurité avec l’accessibilité, la municipalité de Jérusalem a répondu qu’elle accorde une grande importance à la question de l’accessibilité dans les espaces publics.

« Voilà pourquoi la protection des arrêts de bus est faite en collaboration avec un expert en accessibilité et tous les arrêts de bus se conformeront aux exigences d’accessibilité », a déclaré un porte-parole de la ville.

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