Joe Biden accuse Trump d’attiser l’antisémitisme
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Joe Biden accuse Trump d’attiser l’antisémitisme

Le candidat démocrate dit que la rhétorique du président américain liée au massacre de la synagogue de Pittsburgh galvanise les "suprématistes blancs et les néonazis"

Le candidat démocrate à la présidentielle et ancien vice-président Joe Biden durant une rencontre à la mairie, à Fort Dodge, dans l'Iowa, le 31 octobre 2019 (Crédit : AP Photo/Charlie Neibergall)
Le candidat démocrate à la présidentielle et ancien vice-président Joe Biden durant une rencontre à la mairie, à Fort Dodge, dans l'Iowa, le 31 octobre 2019 (Crédit : AP Photo/Charlie Neibergall)

Le concurrent à la présidentielle démocrate Joe Biden a accusé le président américain Donald Trump, jeudi, d’attiser les flammes de l’antisémitisme.

Biden a tenu ces propos dans un post paru sur Medium une semaine après que deux tireurs ont pris pour cible une épicerie casher de Jersey City, dans le New Jersey, tuant Leah Mindel Ferencz, 32 ans, Moshe Deutsch, 24 ans, Douglas Miguel Rodriguez, 49 ans et un policier du nom de Joe Seals, avant qu’ils ne soient abattus au cours d’une fusillade avec la police.

Ils avaient tué un policier avant de se rendre dans le magasin, dans un cimetière avoisinant.

L’ex-vice-président a fustigé la « marée de haine » qui, estime-t-il, a alimenté les fusillades antisémites de masse dans le New Jersey, en Pennsylvanie et en Californie. Il a également condamné le président de n’être pas parvenu à avancer dans la lutte contre l’extrémisme et le racisme.

Citant la réponse largement critiquée de Trump au rassemblement suprématiste blanc de Charlottesville, en Virginie – le président avait dit qu’il y avait des gens biens « de part et d’autre » des affrontements – Biden a écrit qu’en refusant de condamner « une démonstration flagrante de haine, Trump a fait une équivalence morale avec ceux qui ont traversé la nuit en brandissant des torches et en scandant des horreurs antisémites – et les voisins et activistes courageux qui se sont dressés contre eux ».

Une telle rhétorique, a-t-il déclaré, offre « un permis et une sphère de sécurité aux suprématistes blancs, aux néo-nazis et au KKK ».

« Il y a peu de différences entre ces suprématistes blancs de Charlottesville qui scandent ‘les Juifs ne nous remplaceront pas’ au tireur de la synagogue Tree of Life de Pittsburgh, l’année dernière, disant que les Juifs ‘commettent un génocide contre son peuple’, » a dit Biden.

Certains critiques de Trump ont condamné sa rhétorique anti-immigration qui, selon eux, aurait inspiré le tireur de Pittsburgh, Robert Bowers, qui avait diabolisé le groupe d’aide aux réfugiés HIAS dans un post en ligne juste avant l’attaque.

Le président Donald Trump s’exprime lors d’un ralliement de campagne à Battle Creek, dans le Michigan, le 18 décembre 2019 (Crédit : AP Photo/ Evan Vucci)

Disant que le mandat de Trump a été marqué par « une hausse historique de crimes de haine et des incidents dus aux préjugés à l’encontre des personnes de couleur, des immigrants, des Américains LGBTQ et des individus de confession juive », Biden a expliqué qu’à la fin de la première année du mandat de Trump, « les incidents antisémites ont augmenté de presque 60 % – l’augmentation la plus forte en un an depuis que l’ADL (Anti-Defamation League) a commencé à établir des registres à ce sujet, il y a 40 ans ».

Il a également condamné le président pour avoir coupé les financements octroyés aux programmes anti-extrémistes mis en oeuvre pour contrer l’extrême-droite.

« La haine n’a pas commencé avec Donald Trump et elle ne finira pas avec lui. Mais c’est un moment déterminant dans l’histoire de notre nation », a indiqué Biden, qui a ajouté que les Américains étaient dorénavant « dans une bataille pour l’âme de cette nation ».

Trump est un président qui divise la communauté juive, salué par certains pour ses actions sur Israël, notamment pour le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, et son soutien donné à la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan.

Plus récemment, il a entraîné un débat intense entre ses partisans et ses détracteurs au sein de la communauté juive américaine lorsqu’il a émis une ordonnance sur l’antisémitisme qui, selon lui, aidera à combattre la haine sur les camps.

Mais en même temps, ses commentaires impétueux en direction de la communauté juive dans des discours et entretiens variés – dans lesquels il garde le style qui était le sien lorsqu’il était magnat de l’immobilier et star de la télé-réalité – ont amené des critiques à clamer qu’il aidait à propager des tropes antisémites.

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