Amman, Istanbul et Beyrouth manifestent contre les mesures sécuritaires au mont du Temple
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Amman, Istanbul et Beyrouth manifestent contre les mesures sécuritaires au mont du Temple

"Par notre âme et notre sang, nous nous sacrifierons pour toi al-Aqsa", scandent les manifestants en référence à la mosquée

Les Jordaniens portent un portrait du sheikh Raed Salah, le chef de l'aile du nord du Mouvement islamique en Israël, lors d'une manifestation, appelée par le Front d'action islamique, à Amman après les prières du vendredi le 21 juillet , 2017, pour protester contre les nouvelles mesures de sécurité israéliennes mises en œuvre sur le site sacré, qui comprennent des détecteurs de métaux et des caméras, Amman, Jordanie (Crédit : AFP PHOTO / Khalil MAZRAAWI
Les Jordaniens portent un portrait du sheikh Raed Salah, le chef de l'aile du nord du Mouvement islamique en Israël, lors d'une manifestation, appelée par le Front d'action islamique, à Amman après les prières du vendredi le 21 juillet , 2017, pour protester contre les nouvelles mesures de sécurité israéliennes mises en œuvre sur le site sacré, qui comprennent des détecteurs de métaux et des caméras, Amman, Jordanie (Crédit : AFP PHOTO / Khalil MAZRAAWI

Un certain nombre de manifestations anti-Israël ont été organisées dans certaines capitales à travers le Moyen-Orient et en Asie vendredi, pendant les manifestations à Jérusalem protestant contre les mesures de sécurité mises en place aux entrées du mont du Temple après l’attaque terroriste de la semaine dernière sur le site sacré où trois terroristes où deux policiers israéliens ont été tués.

Des milliers de personnes se sont rassemblées à Amman, à Beyrouth, à Istanbul et à Kuala Lumpur vendredi après-midi en solidarité avec les fidèles palestiniens qui ont protesté contre les nouvelles mesures, qui comprennent des détecteurs de métaux et des caméras.

Plus de 8 000 manifestants ont défilé vendredi à Amman et dans d’autres villes de Jordanie pour protester contre les nouvelles mesures sécuritaires israéliennes autour du mont du Temple

Dans la capitale jordanienne, la manifestation, à l’appel de la mouvance islamiste et de partis de gauche, est partie de la Grande mosquée Al-Husseini dans le centre d’Amman, selon un photographe de l’AFP.

« Par notre âme et notre sang, nous nous sacrifierons pour toi al-Aqsa », scandaient les manifestants en référence à la mosquée s’élevant sur l’esplanade, troisième lieu saint de l’islam qui abrite aussi le dôme du Rocher.

« Nous sommes les gardiens d’al-Aqsa », « Nous irons à al-Aqsa en martyrs par millions », répétaient-ils, alors qu’un drapeau israélien était brûlé et piétiné.

Cette manifestation intervient après une semaine de vives tensions autour de l’esplanade des Mosquées, également révéré par les juifs sous le nom de Mont du Temple.

Les Palestiniens dénoncent vigoureusement l’installation de détecteurs de métaux aux entrées de ce site ultra-sensible, décidée après une attaque meurtrière contre deux policiers israéliens le 14 juillet à proximité.

« Oui à la résistance face aux agressions israéliennes », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants à Amman.

« Nous nous tenons aux côtés de nos frères à Jérusalem, le jour de la libération est proche », a déclaré à l’AFP Hammam Saïd, ancien dirigeant des Frères musulmans de Jordanie.

Plusieurs centaines de personnes ont également manifesté dans les villes de Zarka (à l’est d’Amman), Salt (nord-ouest), Irbid (nord), Karak, Toufeila et Maan (sud).

Vendredi, des heurts ont éclaté après la grande prière des musulmans près du Vieux Jérusalem, dont Israël a interdit l’accès aux Palestiniens de moins de 50 ans.

Les ministres jordanien et émirati des Affaires étrangères se sont entretenus par téléphone, appelant les autorités israéliennes à la réouverture « immédiate et totale » de l’accès à la mosquée al-Aqsa, selon une source officielle jordanienne.

Les Jordaniens portent une maquette de la mosquée du Dôme du Rocher lors d'une manifestation, appelée par le Front d'action islamique, à Amman après les prières de vendredi le 21 juillet 2017, pour protester contre les nouvelles mesures de sécurité israéliennes mises en œuvre sur le site sacré, qui comprennent des détecteurs de métaux et des caméras (Crédit : AFP / Khalil MAZRAAWI)
Les Jordaniens portent une maquette de la mosquée du Dôme du Rocher lors d’une manifestation, appelée par le Front d’action islamique, à Amman après les prières de vendredi le 21 juillet 2017, pour protester contre les nouvelles mesures de sécurité israéliennes mises en œuvre sur le site sacré, qui comprennent des détecteurs de métaux et des caméras (Crédit : AFP / Khalil MAZRAAWI)

A Istanbul, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées pour protester contre Israël. Le Premier ministre turc Binali Yıldırım a indiqué à la foule que la décision israélienne de mettre en oeuvre de nouvelles mesures de sécurité était « mauvaise » et qu’une solution devait être immédiatement trouvée.

Des mouvements de protestation de moindre ampleur ont eu lieu à Beyrouth et à Kuala Lumpur vendredi.

Jeudi, les Islamistes turcs ont protesté aux abords d’une synagogue à Istanbul, expliquant dans un communiqué qu’Israël était un « état terroriste » qui cherchait à bloquer la liberté de culte des musulmans.

« Si vous empêchez notre liberté de culte là-bas, alors nous empêcherons votre liberté de culte ici », a déclaré le groupe Alperen Hearths, un groupe de jeunes islamistes ultranationalistes d’extrême-droite, dans un communiqué qui a été lu par son président local Kursat Mican.

Israël avait pris la rare initiative, suite à l’attentat, de fermer temporairement le mont du Temple – connu pour les musulmans sous le nom Haram al-Sharif, un site qui héberge la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher – tout en prenant de nouvelles mesures de précaution après que l’enquête initiale a révélé que les auteurs de l’attaque, des israéliens arabes de la ville d’Umm al-Fahm dans le nord d’Israël, avaient fait entrer et avaient dissimulé leurs armes sur le site avant de lancer l’assaut.

Sur les instructions des chefs musulmans, les fidèles qui souhaitaient prier sur le site ont reçu l’ordre de ne pas passer à travers les détecteurs de métaux posés à l’entrée du mont du Temple et de prier à l’extérieur pour manifester leur désapprobation. Mais des centaines de fidèles ont accédé au site ces derniers jours.

Vendredi, seuls quelques Palestiniens ont accepté les contrôles de sécurité et sont entrés sur le site, des milliers d’autres priant ou manifestant à divers endroits dans la ville.

Des affrontements entre émeutiers palestiniens et policiers israéliens ont également eu lieu quotidiennement à Jérusalem et aux alentours de la ville depuis l’attentat du 14 juillet.

Vendredi, au moins deux Palestiniens auraient été tués lors de confrontations avec les policiers au sein de la capitale et aux environs.

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