Israël en guerre - Jour 283

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« Journée de perturbation » jeudi, pour relancer la lutte contre la réforme

Les organisateurs annoncent leur intention de bloquer autoroutes et carrefours dans tout le pays, "on doit maintenir le mouvement", déclare un leader

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Des manifestants affrontent la police à Haïfa lors d'une manifestation contre la refonte judiciaire prévue par le gouvernement, le 23 mars 2023. (Crédit : Shir Torem/Flash90)
Des manifestants affrontent la police à Haïfa lors d'une manifestation contre la refonte judiciaire prévue par le gouvernement, le 23 mars 2023. (Crédit : Shir Torem/Flash90)

Le mouvement de protestation contre la réforme judiciaire du gouvernement à organisé une nouvelle « journée de perturbation » jeudi et entend mener de nombreux actes de désobéissance civile à travers le pays, dans le but de revigorer sa lutte contre le programme de réforme radicale de la coalition.

Bien que le programme législatif de la coalition visant à réformer le système juridique et judiciaire soit actuellement en suspens, le mouvement de protestation tient à éviter un essoufflement de la mobilisation, redoutant que la coalition ne reprenne son programme législatif à tout moment, et cherche donc à intensifier une nouvelle fois ses manifestations antigouvernementales.

Les manifestations auront pour thème « l’égalité » et porteront plus particulièrement sur les projets de la coalition visant à légiférer sur les exemptions générales de service militaire pour les étudiants ultra-orthodoxes des yeshivot, ainsi que sur l’égalité pour les femmes, la communauté LGBTQ, les Arabes, les Druzes et d’autres minorités en Israël.

Les perturbations commenceront dès le matin, avec le blocage par les manifestants des principales autoroutes et intersections du pays, y compris l’autoroute Ayalon qui traverse Tel-Aviv.

Des « marches pour l’égalité » seront organisées dans différentes villes, dont une marche à Tel-Aviv depuis les bureaux du rabbinat jusqu’à un tribunal local, suivie d’un « mariage rose », ainsi que des « défilés de La Servante Ecarlate » devant les bureaux du rabbinat de Tel-Aviv et de Jérusalem.

Des groupes de femmes manifesteront devant les antennes locales des tribunaux rabbiniques de l’État et du rabbinat de l’État pour exiger l’égalité dans les procédures de divorce religieux et contre l’élargissement des pouvoirs des tribunaux rabbiniques que la coalition cherche à promulguer.

Des convois de voitures et de véhicules agricoles partiront de la vallée de Jezréel et d’autres régions du nord, tandis que des rassemblements se tiendront devant la résidence du président à Jérusalem et devant le domicile du ministre de la Justice, Yariv Levin, à Modiin.

Les précédentes « journées de perturbation » ont donné lieu à des affrontements entre les manifestants et la police, au cours desquels cette dernière a déployé des unités montées, des canons à eau et d’autres moyens de dispersion par la force, et a procédé à de nombreuses arrestations.

Moshe Radman, leader de la protestation, est arrêté par la police lors d’une manifestation contre la réforme judiciaire prévue par le gouvernement, le 23 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Au cours des manifestations du 23 mars, plusieurs dirigeants importants avaient été arrêtés. Les partis d’opposition et le mouvement de protestation lui-même ont condamné ces arrestations, estimant qu’elles étaient motivées par des considérations

L’un des leaders arrêtés le 23 mars était Moshe Radman, entrepreneur en haute technologie et conférencier, qui a joué un rôle de premier plan dans les manifestations et les initiatives organisationnelles derrière celles-ci et a été blessé lors de son arrestation.

Bien que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ait suspendu la réforme judiciaire afin de faciliter la tenue de négociations entre la coalition et l’opposition, Radman insiste sur la nécessité de renouveler les actes de désobéissance civile à la lumière des commentaires de hauts fonctionnaires du gouvernement, tels que le ministre de la Justice Yariv Levin, qui ont déclaré que la coalition avait l’intention de faire passer ses réformes d’une manière ou d’une autre.

« Levin de même que [le ministre de la Justice] David Amsalem et d’autres ont affirmé qu’ils avaient l’intention de faire passer leurs réformes s’ils n’obtenaient pas les engagements qu’ils souhaitaient lors des négociations à la résidence du président », a déclaré Radman au Times of Israel mercredi dernier.

Il a ajouté que, dans la mesure où le gouvernement est confronté à de multiples crises internes, et notamment à une rébellion du parti d’extrême droite Otzma Yehudit ainsi qu’à des menaces similaires de la part des partis ultra-orthodoxes, il pourrait décider d’obtenir une victoire rapide en faisant passer les projets de loi sur la réforme, dont une partie pourrait être approuvée très rapidement à la Knesset.

Interrogé sur l’efficacité et la nécessité de bloquer les autoroutes et de perturber la vie des citoyens ordinaires pour rallier les citoyens à leur cause, Radman a répondu que ces actes étaient importants pour faire comprendre que le mouvement de protestation ne permettrait pas que les questions soient ignorés.

Des Israéliens bloquent l’autoroute Ayalon et se heurtent à la police à Tel Aviv lors d’une manifestation contre la réforme judiciaire prévue par le gouvernement, le 23 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

« Ce n’est pas agréable d’être coincé dans les embouteillages, ce n’est pas idéal, mais c’est notre façon d’affirmer que la vie ne peut pas continuer comme si de rien n’était », a déclaré Radman.

« La réforme n’a pas disparu. Personne n’investit en Israël, personne ne lance de nouveaux projets, le pays est tenu en otage et le restera tant que le futur reste incertain. Nous subissons les conséquences de ce retard ».

Radman a déclaré que les protestations actuelles étaient également nécessaires compte tenu des pressions exercées par les partis ultra-orthodoxes pour faire adopter une législation accordant aux jeunes hommes de leur communauté des exemptions générales du service militaire.

Interrogé sur la question de savoir si le mouvement de protestation ne s’engageait pas sur un terrain plus politique en protestant contre des politiques autres que celles prévues par la réforme judiciaire, Radman a expliqué que les exemptions de service militaire étaient liées au projet de refonte.

« Ils veulent accorder aux ultra-orthodoxes une exemption générale de tout service, militaire ou national, ou de toute forme de contribution, abaisser l’âge de l’exemption et changer les règles de la démocratie en même temps, et adopter une loi dérogatoire de la Haute Cour pour s’assurer que les exemptions générales sont acceptées », a expliqué Radman.

En réponse aux différentes annonces sur les activités programmées pour la « Journée de la Perturbation », l’organisation de droite Regavim a annoncé qu’elle avait déposé une requête auprès de la Cour suprême exigeant que le commissaire de police et le procureur général empêchent toute désobéissance civile et enquêtent sur les dirigeants du mouvement de protestation « pour sédition et incitation à commettre des délits ».

Regavim, qui mène régulièrement des campagnes contre les constructions illégales palestiniennes et arabes israéliennes en Cisjordanie et dans le Neguev, a indiqué dans un communiqué de presse qu’il avait déposé sa requête après le manque de réponse du commissaire de police à ses demandes, notant que le blocage prévu de routes et d’intersections, ainsi que les manifestations, se déroulaient sans permis et violaient le droit à la liberté de mouvement et à la liberté d’occupation.

« La publicité pour la ‘Journée de la perturbation’ encourage les gens à se joindre à des actes de protestation… des activités illégales planifiées et délibérées comprenant le blocage de routes et d’intersections et la perturbation de l’ordre public à des dizaines de points à travers Israël, sans permis de manifester », a fait valoir Regavim dans sa pétition.

« Cette activité sauvage et illégale a causé, et causera, un risque pour les voies de transport et les espaces publics, des confrontations avec les passants qui s’opposent à la violation de leur liberté de mouvement, et plus encore. »

Regavim a fait savoir mercredi que la Haute Cour avait tout bonnement rejeté sa requête, sans tenir d’audience ni répondre à ses demandes.

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