Justice : 4 condamnations à perpétuité contre le terroriste de Halamish
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Justice : 4 condamnations à perpétuité contre le terroriste de Halamish

Les juges ont évoqué la peine de mort pour Omar al-Abed, mais finalement demandent à ce que le terroriste de 19 ans "ne soit pas libéré dans le cadre d'un éventuel futur accord"

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Omar Al-Abed, menotté, est présenté devant une salle d'audience pour son procès au tribunal militaire d'Ofer à proximité de Ramallah, en Cisjordanie, le 17 août 2017 (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Omar Al-Abed, menotté, est présenté devant une salle d'audience pour son procès au tribunal militaire d'Ofer à proximité de Ramallah, en Cisjordanie, le 17 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le tribunal militaire de Judée a condamné jeudi à quatre condamnations à perpétuité le terroriste qui a massacré Yosef, Chaya et Elad Salomon dans l’implantation de Halamish en juillet dernier.

Omar al-Abed, 19 ans, a été condamné à une peine d’emprisonnement à perpétuité pour chacun des meurtres et à une peine d’emprisonnement à perpétuité supplémentaire pour les tentatives de meurtre de la femme de Yosef, Tova, qui a été gravement blessée, et de sa belle-fille Michal, qui s’est cachée avec ses cinq enfants.

De plus, Abed a été condamné à payer 2 550 000 shekels (724 634 dollars) de dommages-intérêts à la famille dans un délai de trois ans.

Les Salomon réclamaient la peine de mort contre al-Abed, et les juges ont déclaré dans leur décision qu’ils avaient envisagé la peine capitale.

Yosef, Elad et Chaya Salomon, poignardés à mort à Halamish, en Cisjordanie, le 21 juillet 2017. (Crédit : autorisation)

« Nous avons également discuté de la peine maximale – la peine de mort. Les mots ne peuvent pas décrire l’étendue des atrocités commises par l’accusé », ont écrit les juges. Ils ont ensuite demandé qu’Al-Abed « ne soit pas libéré dans un éventuel futur accord. »

Dans l’opinion minoritaire, le juge Dov Gilboa a plaidé en faveur de l’exécution d’Abed, déclarant qu’il « souriait pendant tout le procès ». Les deux autres juges, Menachem Lieberman et Zvi Heilbronn, ont voté contre la peine capitale.

Réagissant à la sentence de jeudi, le ministre de la Défense Avigdor Liberman, qui avait appelé à la peine de mort pour al-Abed, a tweeté que « aucun nombre de condamnations à perpétuité ne suffit à punir cet être humain qui affiche encore un sourire sur le visage. J’ai mal au cœur avec la famille Salomon. »

Après s’être introduit en cachette dans Halamish tard vendredi soir le 21 juillet, Abed « remarqua que la maison à sa droite était sombre et silencieuse, tandis que la maison à sa gauche était éclairée, avec des rires jaillissant de l’intérieur », et décida de s’approcher, indiquait son acte d’accusation du mois d’août.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse, Sara, ont été consoler les membres de la famille des trois victimes de la famille Salomon tués lors d’une attaque terroriste à Halamish le 22 juillet 2017. (Crédit : Amos Ben Gershom / GPO)

Les Salomons fêtaient la naissance d’un nouveau petit-fils et supposaient que leur premier invité venait frapper à la porte. En entrant, Abed a demandé spontanément à Chaya, « Et Al-Aqsa ? », avant de lui enfoncer son couteau dans le ventre.

Dans un message sur Facebook publié avant qu’il parte du village voisin de Kobar, Abed a écrit que les Palestiniens devaient défendre le Mont du Temple.

La veille, de graves affrontements ont éclaté entre les manifestants palestiniens et la police israélienne à Jérusalem et autour de Jérusalem au sujet de nouvelles mesures de sécurité au Mont du Temple, à la suite d’une attaque terroriste meurtrière sur le site, qui est sacrée pour les juifs et les musulmans.

Après avoir tué Chaya, 46 ans, Abed a poignardé Tova, 68 ans, qui a réussi à s’échapper et à monter en courant en criant, « Terroriste ! », a indiqué l’acte d’accusation.

Il a ensuite poignardé Yosef, 70 ans, dans l’estomac, provoquant l’effondrement de ce dernier au sol.

La police scientifique israélienne dans la maison dans laquelle un terroriste palestinien a poignardé quatre Israéliens, tuant trois d’entre eux, à Halamish, le 22 juillet 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

Après avoir subi trois coups de couteau, Elad a réussi à arracher le couteau des mains d’Abed. Les deux hommes ont continué à se battre jusqu’à ce que Abed attrape une planche à découper en bois et le frappe au-dessus de la tête d’Elad, ce qui l’a fait s’effondrer. Abed se mit alors à poignarder le père de cinq enfants à douze reprises pendant que les enfants se cachaient à l’étage avec sa femme, Michal.

Puis, constatant que Yosef était encore conscient, Abed a poignardé le grand-père 15 fois de plus
jusqu’à ce qu’il arrête lui aussi de bouger. À ce moment-là, un voisin, un soldat en repos qui avait entendu les cris, a réussi à tirer et à blesser le terroriste par la fenêtre de la cuisine. Lui et son père sécurisèrent la maison et attendirent l’arrivée des forces de sécurité.

En août, les forces israéliennes ont condamné avec du ciment les accès de la maison de Kobar où Abed et sa famille avaient vécu, mais la famille Salomon demande à la Haute Cour d’ordonner la démolition de toute la maison.

Israël affirme que la démolition des maisons des terroristes est un moyen efficace de dissuader les attaques futures, bien que cette pratique ait été critiquée comme une forme de châtiment collectif.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman (au centre) et le chef d’état-major de Tsahal Gadi Eizenkot (4e à gauche) se rendent sur le site de l’attaque terroriste dans l’implantation de Halamish, 22 juillet 2017 (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense via Flash90)

Après la démolition partielle, l’épouse d’Elad, Michal, a déclaré que la mesure était insuffisante et a demandé des peines plus sévères pour les terroristes, y compris la peine de mort.

« Leur maison peut être reconstruite; ma maison a été détruite pour toujours », a-t-elle déclaré dans un communiqué. « Nous avons besoin de la peine de mort pour que ces terroristes ne puissent pas construire une nouvelle maison, et si ce n’est pas la peine de mort, alors nous devons sérieusement durcir leurs conditions de détention et leur refuser tout sauf le minimum, des choses comme la télévision ou la possibilité d’éducation ».

En décembre, lorsque l’avocat général des armées a déclaré qu’il ne demanderait pas la peine de mort à l’encontre d’Abed, la famille Salomon a accusé Liberman et le Premier ministre Benjamin Netanyahu de « se moquer d’eux » en promettant à tort qu’ils feraient avancer la loi sur la peine de mort pour les terroristes.

Malgré la recommandation de l’avocat général des armées de quatre condamnations à perpétuité, le tribunal militaire de Judée aurait quand même pu rendre un verdict de peine capitale, mais a choisi de se ranger du côté de l’avocat général par 2 voix contre 1. L’avocat général, dans sa recommandation, a reconnu que la peine capitale est permise par la loi, mais a écrit que cette mesure était contraire à la politique militaire.

Le parti Yisrael Beytenu de Liberman a fait de la peine de mort une promesse électorale majeure lors des élections de 2015.

Le projet de loi que le parti présente actuellement à la Knesset s’appliquerait aux personnes reconnues coupables d’actes de terrorisme mortels, selon la définition juridique israélienne. A la lumière de la loi existante, un porte-parole de Yisrael Beytenu a confirmé au Times of Israel que la peine de mort s’appliquerait aux Palestiniens reconnus coupables d’avoir tué des soldats de Tsahal ainsi que des civils.

Une seule personne a déjà été condamnée à mort par un tribunal israélien permanent : l’officier nazi Adolf Eichmann, l’un des architectes de l’Holocauste.

Bien qu’elle n’ait été utilisée que dans le cas d’Eichmann en 1962, la peine de mort existe officiellement dans le droit israélien. Elle est techniquement autorisée dans les cas de haute trahison, ainsi que dans certaines circonstances en vertu du droit militaire qui s’applique au sein de l’armée israélienne et en Cisjordanie.

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